L'animatrice télé Karine Le Marchand et le directeur général du groupe Casino Philippe Palazzi étaient sur France Inter ce jeudi pour évoquer l'aide à apporter aux agriculteurs. L'animatrice a également indiqué qu'elle ne ferait plus obstacle à l'arrivée de Cyril Hanouna dans le groupe M6. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-jeudi-27-fevrier-2025-8553215
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Non pas un, mais deux invités ce matin, une productrice de télévision et un patron de la grande distribution.
00:06Bonjour Karine Lemarchand, animatrice de l'Amour et dans le Pré sur M6 depuis une quinzaine d'années maintenant,
00:12meilleure ambassadrice des agriculteurs. On se souvient de vous l'année dernière sur les blocages d'autoroutes.
00:18Ambassadrice jusqu'à devenir négociatrice aujourd'hui ?
00:21Non, je préfère inspiratrice. Rassembleur.
00:26C'est ce qu'on a constaté hier au Salon de l'Agriculture, image assez inédite.
00:32Cinq patrons de la grande distribution à vos côtés, dont vous faisiez partie.
00:36Bonjour Philippe Palazzi, directeur général de Casino, présent hier avec Carrefour Intermarché au champ coopératif U.
00:44On n'a pas l'habitude de vous voir dans les allées de cette manière-là, en tout cas du Salon de l'Agriculture,
00:49d'autant plus qu'on est dans la dernière ligne droite des négociations commerciales.
00:52C'est plus facile de s'y promener accompagné de Karine Lemarchand ?
00:56Alors, je crois que Karine a réussi le tour de force à nous rassembler tous autour d'une même table
01:00et avec un point commun qui est d'aider l'agriculture française.
01:04Donc, nous sommes tous très fiers et heureux de l'accompagner dans ce projet.
01:07Entre vous, ça a été des discussions ou des négociations ?
01:10Non, pas de négociations.
01:11Ça a été une discussion, c'est-à-dire qui veut m'aider et comment peut-on aider concrètement et réellement ?
01:17À partir de cette question-là, on a tous réfléchi séparément au départ,
01:21parce que c'est un bazar quand même, parce qu'il y a des systèmes d'entente européens.
01:26Vous ne pouvez pas discuter tous ensemble autour de la même table ?
01:29Voilà, c'était compliqué, mais avec la même envie qui venait, qui montait,
01:33avec « moi, je ne peux pas faire ça, mais je pourrais proposer ça », « mais est-ce que vous avez pensé à ça ? ».
01:37Il y avait vraiment de la créativité, c'était ça.
01:40Je n'allais pas leur mettre un pistolet sur la tente, sinon je n'aurais rien obtenu.
01:43L'idée, c'était « qu'est-ce qu'on peut faire vraiment ? ».
01:45Karine Lemarchand, plus forte que la FNSE, quand même ?
01:47Non, je pense que pour les politiques, pour l'Europe et tout ça,
01:53évidemment, je ne me substitue en rien, et ce serait ridicule de ma part d'y penser même.
01:59Mais moi, mon projet, c'est plutôt de partir de la base.
02:03J'ai vraiment la certitude que les consommateurs peuvent tout changer.
02:06Donc, qui dit consommateur, dit grande distribution,
02:08et je laisse la FNSE à gérer les politiques.
02:11Vous avez obtenu trois engagements, Karine Lemarchand.
02:13La création d'abord d'un observatoire des filières d'avenir,
02:17pour anticiper en gros les besoins futurs, aider à la diversification,
02:21en tête le fait que sur les 400 000 exploitations aujourd'hui,
02:24on pourrait en perdre presque la moitié d'ici à la fin de la décennie.
02:28Oui, il faut donner envie aux autres, aux jeunes.
02:31De reprendre le flambeau.
02:33Et puis à plus court terme, il s'agit d'aider les agriculteurs en difficulté,
02:37en acceptant d'écouler leur stock.
02:40Il doit être dans le rouge à quel point l'agriculteur, Philippe Aladzi, quand il vient vous voir ?
02:45Alors, on a défini des critères d'accès des producteurs en difficulté,
02:50donc qu'ils soient à 100 km de l'un de nos magasins.
02:54Proximité.
02:55Proximité, bien évidemment.
02:56Qu'ils n'aient pas plus de deux employés permanents dans leur production.
03:02Et le troisième sujet, le plus important, c'est que nous leur ouvrons leurs portes,
03:06de nos magasins, pour qu'ils puissent mettre leurs produits.
03:09Et surtout, très important, ils choisissent le prix.
03:13Très important.
03:14N'importe quel prix.
03:15Alors après, on va les conseiller, parce que s'ils vendent la salade à 32 euros, ça ne se vendra pas.
03:21Donc c'est pour ça aussi que l'agent d'agriculture nous dit, nous on vous propose de les accompagner,
03:25de les former à la vente et aux conditions sanitaires aussi.
03:28Je tiens à préciser que les agriculteurs concernés se disent en difficulté,
03:32ce qui est très très difficile pour eux.
03:34Donc je peux vous dire qu'ils le sont vraiment quand ils vont ouvrir la porte.
03:37Et qu'ils ne sont pas diffusés en GMS pour l'instant.
03:41Donc ce sont vraiment des petits producteurs en fait.
03:44La troisième action concerne les éventuelles surproductions.
03:47On sait que les agriculteurs sont soumis à des aléas climatiques.
03:50L'idée c'est d'informer le consommateur pour qu'il vienne acheter du melon par exemple.
03:54Mais la question que je me pose, c'est est-ce que vous vous engagez,
03:56Philippe Palladier, la grande distribution au-delà du groupe Casino,
03:59à acheter le trop-plein de melons de Charente ou de Cavaillon en fonction des années ?
04:04Ou est-ce qu'il s'agit d'écouler vos propres stocks ?
04:07Non, l'objectif c'est de maintenir les cours les plus hauts pour les producteurs en cas de surproduction.
04:12Donc c'est toute la chaîne qui se met en mouvement,
04:14c'est-à-dire les producteurs, les distributeurs, mais également les consommateurs.
04:18Donc il va falloir avertir les consommateurs que c'est la période où il faudra manger du melon en entrée, en plat, en dessert.
04:24Et c'est l'objectif, on maintiendra les prix hauts pour que les agriculteurs aient des revenus suffisants.
04:30C'est le consommateur qui a le pouvoir.
04:31Oui mais c'est périssable, ce sera uniquement sur des fruits et légumes,
04:34sur des choses qui sont soumises évidemment aux aléas climatiques.
04:39Et on aura besoin de tous les médias.
04:41D'ailleurs je fais une demande à France Inter.
04:43Si vous pouvez relayer quand il y a une surproduction.
04:45Non mais c'est vrai, c'est des questions du jour.
04:47Le message est passé.
04:48A vous cinq, vous représentez près des deux tiers des parts de marché.
04:51Il manque un acteur essentiel.
04:53Il est où Michel-Édouard Leclerc ?
04:55Je ne sais pas.
04:56Pourquoi il ne s'est pas associé ?
04:57Je ne sais pas, il faut lui demander à lui.
04:59Nous on a lancé l'invitation, après c'est vraiment sur la base du volontariat.
05:03Je ne sais pas comment d'ailleurs Philippe, comment vous avez été au courant ?
05:06C'était la pétition et vous m'avez contacté par les réseaux sociaux je crois.
05:10C'est ça, tout à fait.
05:11C'est tout simple en fait, moi je suis assez contactable.
05:13Mais on manque l'objectif si on n'a pas tout le monde sur la photo.
05:15On manque l'objectif si on veut mettre un coup de pression sur les industriels
05:18qui ne suivent pas la loi Egalim et qui ne sont pas dans la transparence de l'origine France.
05:21Oui.
05:22Pour le reste on se débrouillera sans lui.
05:24Vous n'en avez pas besoin ?
05:25Non.
05:26Sans Michel-Édouard Leclerc c'est 20 000 magasins qui sont concernés en France, avec nous cinq.
05:30Vous avez vu ce qu'il dit ?
05:31Il dit notamment, il salue l'initiative comme beaucoup hier au Salon de l'agriculture.
05:35Tout en disant qu'il y a beaucoup d'initiatives qui existent déjà.
05:38Ces contrats types ultra locaux avec des producteurs pour des prix négociés.
05:43On a entendu dans les allées du Salon aussi que c'était un coup de communication.
05:47Hier de l'affichage au-delà du symbole, qu'est-ce qu'il y a ?
05:50Est-ce que ça va plus loin que les initiatives qui existent déjà ? En quoi c'est différent ?
05:53Déjà tous les magasins ont déjà effectivement des initiatives avec des producteurs locaux.
05:57Ça on n'a pas inventé le système, c'est vrai.
05:59Souvent c'est des contrats tripartites.
06:01Et puis quand on parle de négociations, quand quelqu'un a son lait à écouler,
06:06il est obligé de traire, il est obligé d'écouler.
06:07Donc à un moment donné, il y a des négociations.
06:09Mais les gars sont obligés de céder.
06:11Donc là, il n'y a pas d'intermédiaire, ils fixent leur prix.
06:14Ça n'a rien à voir en fait.
06:16Et puis c'est quelque chose de très pragmatique et d'humain également,
06:19parce que c'est accompagner le producteur en difficulté.
06:22C'est difficile de faire le premier pas quand on est en difficulté.
06:25Non, et puis les centrales d'achat sur les magasins Leclerc,
06:27ce ne sont pas les petits producteurs.
06:29Le gars, il donne je ne sais pas combien de dizaines, de centaines de salades
06:32pour que ce soit écoulé dans différents magasins.
06:34Ça n'a rien à voir.
06:35Vous évoquez les centrales d'achat, c'est vrai que c'est une question essentielle.
06:38Là, il n'y en a pas.
06:39En fait, quand on parle de volume de production qu'il faut écouler,
06:43c'est un grain de sable par rapport à ce qu'il faut
06:46permettre aux agriculteurs de vendre par rapport au revenu,
06:50qui est quand même l'essentiel du débat sur les agriculteurs.
06:53Il leur faut un revenu décent, on est en pleine négociation commerciale.
06:55Il est là l'enjeu, j'ai envie de dire, majeur.
06:58Oui, mais là, vous me parlez à la limite des gros agriculteurs.
07:01Le petit qui fait son lait de chèvre et qui peut transformer,
07:04faire du fromage de chèvre, des yaourts et les vendre.
07:07100 kilomètres, ça lui permet quand même maintenant d'aller dans beaucoup de magasins.
07:10Donc, il va pouvoir écouler sa production.
07:12Et moi, j'ai l'exemple autour de moi, avec les agriculteurs que je suis depuis des années,
07:16que la diversification sauve la vie des gens.
07:19C'est une pression au monde politique aussi.
07:21Ça sert aussi à ça ? A les bousculer ?
07:24A leur dire en tout cas, on n'a pas forcément besoin de vous attendre
07:26pour faire avancer des choses.
07:28Les consommateurs, pour moi, c'est l'arme suprême.
07:30C'est eux qui vont choisir en regardant les étiquetages.
07:32C'est eux qui vont dire, je veux du local,
07:34je veux connaître la personne qui va nourrir mes enfants.
07:38Forcément, plus cher, il faut s'investir.
07:41Manger, ça coûte quand même un peu d'argent.
07:43On sait, Philippe Palazzi, que c'est un enjeu pour la grande distribution que vous êtes
07:47de proposer des prix bas.
07:49En fait, on parle de quelques centimes seulement par produit
07:51quand on est sur des produits locaux.
07:54Je crois que si chaque Français dépensait 5 euros de plus par an,
07:58on pourrait rétribuer les producteurs de lait beaucoup mieux.
08:01Juste 5 centimes par an et par français.
08:04Karine Lemarchand, dernière petite question.
08:06Vous allez continuer à présenter l'amour et dans le pré sur M6.
08:09Alors que vous aviez menacé de quitter le groupe s'il recrutait Cyril Hanouna.
08:13On sait que vos relations sont exécrables depuis des années.
08:16Vous avez dénoncé un harcèlement qu'il vous faisait subir.
08:20Il s'en est excusé à 21 en direct sur son plateau.
08:23Est-ce que ça veut dire que ça lève l'obstacle à son arrivée dans le groupe à vos côtés ?
08:28Écoutez, moi j'entends les excuses.
08:32Je reste vigilante.
08:34Je dis souvent que c'est plus facile d'ouvrir la bouche que de tendre la main.
08:38Maintenant, j'ai échangé avec la direction du groupe qui a su me rassurer.
08:43Je reste vigilante.
08:45Ça veut dire que l'offre est conclue ?
08:47Ce sera bientôt quelqu'un qui fera partie de votre groupe ?
08:52Il ne fera pas partie de M6 en tout cas.
08:54Pas de la chaîne.
08:55Peut-être d'une autre chaîne du groupe W9, pourquoi pas.
08:57En tout cas, vous n'y ferez plus obstacle ?
08:59Non.
09:00Merci beaucoup Karine Lemarchand d'avoir été ce matin l'invité de France Inter.
09:06On vous retrouve sur M6 donc pour l'émission « L'amour est dans le pré ».
09:09Et merci beaucoup à vous Philippe Paladis, directeur général du groupe Casino
09:14pour être venu nous parler de ces initiatives au chevet des agriculteurs en difficulté.
09:18Merci Hélène.
09:19Merci Hélène.
09:20Il est 7h50.