• il y a 17 heures
Sonia Mabrouk reçoit les acteurs de l'info du jour, nos experts et nos journalistes dans #MidiNews

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00:00:00Bonjour à tous et bienvenue à vous pour Midi News. C'est un plaisir de vous accompagner.
00:00:06Voici le programme du jour dans la tentaculaire affaire sur l'évasion sanglante de Mohamed Amra.
00:00:12Le coup de filet est très vaste et les auditions de nombreux suspects se poursuivent,
00:00:16mettant à jour une toile d'araignée criminelle d'envergure allant de la France jusqu'au Maroc en passant par l'Espagne.
00:00:23On a appris il y a quelques instants que Mohamed Amra sera remis à la France dans les prochaines heures.
00:00:30Le gouvernement français va-t-il enfin réagir ?
00:00:32Hier, le Premier ministre François Bayrou a affirmé que des décisions seront prises en parlant du régime algérien
00:00:38et de ce qui est inacceptable, insupportable à savoir des ressortissants sous au QTF très dangereux et jamais repris par leur pays.
00:00:46Et puis elle voulait se rendre en Israël mais elle a été refoulée à son arrivée à l'aéroport sur place.
00:00:51L'eurodéputé Rima Hassan, qui je vous le rappelle prône l'effacement d'Israël du Jourdain à la mer,
00:00:56qui appelle au boycott et qui vient d'un parti qui affirme que la masse est un mouvement de résistance.
00:01:01Elle a aussi remis en cause les circonstances de la mort de la famille Bibas.
00:01:05Elle n'a donc pas été entre guillemets accueillie.
00:01:08Que pensez-vous justement de la démocratie israélienne qui montre aussi sa fermeté ?
00:01:13Et puis les Américains sont-ils ou seront-ils les grands gagnants de ce qui se prépare en Ukraine ?
00:01:18C'est l'affirmation ce matin lors de la grande interview de l'ancien ministre et spécialiste des questions internationales Pierre Lelouch.
00:01:24On va évidemment en parler aujourd'hui. Voilà pour le programme chargé.
00:01:27Et tout d'abord le journal. Bonjour à vous cher Somaïa Labidi.
00:01:30Bonjour Sonia, bonjour à tous. Vous en parliez dans vos titres malgré les divergences avec Donald Trump.
00:01:35Emmanuel Macron s'est dit, je cite, convaincu qu'il y avait un chemin pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
00:01:40Toutefois, le président tempère un accord de paix avec des garanties de sécurité, oui, mais pas une capitulation de Kiev.
00:01:49Direction Vannes à présent pour la deuxième journée du procès de Joël Lesquarneck.
00:01:54Procès que vous suivez pour nous, Marie-Victoire Dudonné, et qui débutera à 13h au cœur des débats aujourd'hui.
00:02:00La personnalité de l'ex-chirurgien avec notamment le témoignage très attendu de son ex-épouse.
00:02:08Oui, exactement Somaïa. C'est une déposition qui risque d'être chargée d'émotions pour Joël Lesquarneck,
00:02:13qui, je le rappelle, est déjà incarcéré pour des faits de viol.
00:02:17Une déposition qui sera aussi lourde de sens pour la Cour qui se réunit en ce deuxième jour de procès.
00:02:23Alors, leur objectif aujourd'hui, c'est de comprendre comment est-ce que cet homme a pu en arriver là,
00:02:29et puis qui il est aujourd'hui à l'heure du procès, mais aussi également lors de ces trois dernières décennies où se sont déroulés les faits.
00:02:37Et puis, il s'agira aussi de comprendre si l'ex-femme de Joël Lesquarneck était au courant de la pédocriminalité de son compagnon de l'époque.
00:02:46Alors, elle a toujours affirmé que non, malgré des écrits qui pourraient laisser penser le contraire,
00:02:51et malgré sa condamnation en 2005 pour détention d'images pédopornographiques.
00:02:55Et puis, nos confrères de RTL ont dévoilé ce matin une lettre qui laisse penser, qui laisse apparaître,
00:03:01plutôt qu'elle savait et qu'elle voulait justement que son fils ne soit pas au courant.
00:03:05Alors, toute la question aujourd'hui, c'est va-t-elle changer de posture ?
00:03:08Que va-t-elle dire à la cour d'ici une heure ?
00:03:10Justement, pourront se présenter l'enquêteur de personnalité de Joël Lesquarneck, mais également ses trois enfants.
00:03:17Merci pour toutes ces précisions. Marie-Victoire, merci également à Mickaël Chaillot qui a permis la réalisation de ce duplex.
00:03:23On passe maintenant aux suites de l'attentat de Mulhouse.
00:03:26Les quatre gardes à vue, dont celle de l'assaillante, étaient prolongées de 48 heures.
00:03:31Brahim Ha, principal suspect, est soupçonné d'avoir tué un homme à larmes blanches
00:03:35et d'avoir grièvement blessé deux agents de stationnement samedi sur la place du marché.
00:03:40Un marché qui a rouvert ce matin et les cœurs sont lourds sur place.
00:03:46Il y a une sorte d'appréhension. On revient un petit peu en traînant des pieds,
00:03:50mais on se doit d'être là pour les clients et il faut que la vie reprenne son cours.
00:03:58On est revenu au travail de manière très serein, au niveau sécurité.
00:04:02Le cœur n'y est pas parce que Lino était un client fidèle qui était là tout le temps depuis une trentaine d'années.
00:04:09C'est vraiment très difficile de revenir à l'endroit où s'est passée la tragédie.
00:04:14On est vraiment sous le choc. On va quand même continuer, la vie continue.
00:04:20On va voir ce que ça donne. On est plus fort que ça.
00:04:25Et puis on termine ce journal avec les toutes dernières nouvelles du pape François.
00:04:29Il est toujours dans un état critique, mais s'est bien reposé durant la nuit.
00:04:33C'est ce qu'indique ce matin le Vatican.
00:04:35Je vous rappelle que depuis le 14 février, le Saint-Père est hospitalisé à Rome
00:04:39pour une double pneumonie, hospitalisation qui commence à inquiéter sérieusement les fidèles du monde entier.
00:04:46Voilà ce qu'on pouvait dire de l'actualité à midi, Sonia.
00:04:49Je vous remercie, Somaya. Je vous dis à tout à l'heure.
00:04:52Je présente nos invités. Georges Fenech est avec nous.
00:04:55Bonjour et merci d'être là. Nathan Devers, bonjour à vous.
00:04:58Merci de votre présence, tout comme celle de Naïma M. Fadel.
00:05:01Merci. Bonjour à vous. Philippe David, merci d'être là.
00:05:05Beaucoup d'actualités. On va commencer par la dernière information qui nous parvient
00:05:09puisque Mohamed Amra sera extradé en France et remis à la France dans les prochaines heures.
00:05:15Je vous rappelle que dans cette tentaculaire affaire sur une évasion sanglante,
00:05:20le coup de fil est très vaste, les auditions très nombreuses de suspects.
00:05:24À l'heure actuelle, 22 gardes à vue sont en cours.
00:05:27Et on se rend compte, en fait, combien une telle opération a impliqué de personnes.
00:05:31On va le voir dans quelques instants dans notre sujet.
00:05:33Mais tout d'abord, je voudrais quand même parler de ceux qui ont perdu la vie
00:05:36lors de cette attaque du fourgon.
00:05:39C'est deux agents pénitentiaires.
00:05:41C'est Arnaud Garcia qui était âgé de 35 ans, qui allait bientôt être papa.
00:05:46Sa femme était enceinte de cinq mois.
00:05:48Et Fabrice Moëllo, 52 ans, qui laisse derrière lui une épouse et deux enfants.
00:05:53Ces deux agents avaient simplement pour mission de garder et de sécuriser le transport
00:05:57pour un détenu dont l'administration pénitentiaire, Georges Fenech,
00:06:00peut-être n'avait pas été suffisamment prévenue de la dangerosité de cet individu.
00:06:06Je crois que nous attendons encore les résultats définitifs de ce qui s'est passé.
00:06:13Ce qu'on nous dit, et le porte-parole de la justice le dit,
00:06:16c'est qu'effectivement on tire toutes les conséquences de cet événement dramatique
00:06:20pour faire en sorte qu'il y ait une meilleure circulation de ce type d'informations.
00:06:25Il n'est pas compréhensible que la justice et le parquet qui connaissaient le profil
00:06:30ne l'aient pas transmis, si vous voulez.
00:06:32Pour l'avoir écouté pendant des mois.
00:06:33Oui, la cellule était sonorisée.
00:06:35Donc on savait ce qu'il faisait, on savait quel était son niveau,
00:06:38mais ça n'avait pas été retransmis à la pénitentiaire,
00:06:41qui a organisé un transfert d'un détenu lambda, ordinaire,
00:06:45et pas un détenu particulièrement signalé.
00:06:47Moi, ce que je voudrais saluer, si vous me le permettez,
00:06:50c'est le travail de la justice, pour une fois.
00:06:53C'est pour ça que je voudrais les saluer.
00:06:56L'entraide judiciaire qui a parfaitement fonctionné entre la France et la Roumanie.
00:07:00Je rappelle qu'il y a une institution qui s'appelle Eurojuste,
00:07:03au niveau Alae, qui marche très bien.
00:07:06Et le fait que nous ayons une magistrate de liaison française,
00:07:11qui est basée à Bucarest,
00:07:14qui a donc permis de faire ce lien entre la Roumanie et la France.
00:07:18Ce qui fait qu'aujourd'hui, nous avons aussi un mandat d'arrêt européen,
00:07:21qui fonctionne très bien.
00:07:22Vous voyez, l'Europe fonctionne de certains côtés.
00:07:24Bien sûr, vous avez raison de le rappeler.
00:07:26Le mandat d'arrêt européen qui évite tout le circuit diplomatique,
00:07:29ministère des Affaires étrangères, il n'y a pas de tout ça.
00:07:32C'est relation juge à juge.
00:07:34Oui, le mandat d'arrêt arrive et va être rapatrié en France très rapidement,
00:07:40d'ici quelques heures, d'après ce qu'on nous dit.
00:07:42Donc là, il faut se féliciter de cette excellente collaboration.
00:07:45Vous avez raison de le dire.
00:07:46J'ai aussi rappelé le nom de ces deux agents,
00:07:48parce qu'il est vrai que ce sourire narquois qui s'affiche depuis plusieurs jours,
00:07:51forcément sur nos antennes, puisque c'est le moment de l'arrestation,
00:07:54quand même, c'est un crachat à la mémoire de ces deux hommes.
00:07:59Mohamed Amara qui a refusé son transfert vers la France,
00:08:02qui a fait appel.
00:08:03Cet appel a été rejeté par Bucharest et il va revenir en France.
00:08:08Je voudrais qu'on revienne justement sur les déclarations et les précisions
00:08:11hier de la procureure de Paris.
00:08:13Je salue tout d'abord Sabrina Ben Bouyer.
00:08:16Merci d'être avec nous.
00:08:17Vous allez donner les dernières informations.
00:08:19Apparemment, c'est imminent comme arrivé.
00:08:21Mais tout d'abord, les précisions de la justice et de la procureure avec Inès Alikhan.
00:08:28Deux jours après l'arrestation du narcotrafiquant Mohamed Amara en Roumanie,
00:08:3125 personnes ont été interpellées en France, dont deux mineurs.
00:08:35Parmi ces arrestations, trois gardes à vue ont été levés.
00:08:38La procureure de Paris a qualifié cette opération d'ampleur
00:08:41d'une organisation criminelle déterminée qui gravitait autour de Mohamed Amara.
00:08:46Les investigations ont permis d'établir qu'autour de Mohamed Amara
00:08:50existait le déploiement d'une organisation criminelle déterminée
00:08:55dans sa préparation mais aussi dans son action.
00:09:00Spécialisation des équipes, repérage, équipe de voleurs,
00:09:05équipe de logisticiens, équipe de guetteurs, l'équipe du commando.
00:09:10Si les auditions se poursuivent, la procureure a souligné
00:09:14la mobilisation humaine et technique tout au long de cette enquête.
00:09:17Exploitation de la vidéosurveillance du péage d'un quart-ville,
00:09:21recherche technique sur l'ensemble des véhicules qui ont été retrouvés.
00:09:25Dans ces recherches techniques, il s'agit d'exploiter l'ADN
00:09:31et l'ensemble des objets qui peuvent être retrouvés à l'intérieur de ces véhicules.
00:09:37Mais également, ressources de la téléphonie, techniques spéciales d'enquête.
00:09:43Environ 150 policiers ont été mobilisés avec une coopération internationale
00:09:48pour cette affaire, désormais considérée comme un symbole
00:09:51de l'emprise du narcotrafic en France.
00:09:55Et lorsque Mohamed Amra a refusé son transfert vers la France et a fait appel,
00:10:00son avocate a déclaré ceci, c'est un citoyen qui visite la Roumanie
00:10:04et qui doit être présumé innocent.
00:10:07Voilà pourquoi c'était important de rappeler les vies qui ont été fauchées,
00:10:11parce que quand même, je précise que ces agents pénitentiaires,
00:10:14ils ont été froidement abattus, comme des chiens, avec leur sang gisant sur le...
00:10:19Et il y a trois blessés, je crois, trois blessés qui vont garder des séquelles à vie.
00:10:23C'est sûr que l'avocate a dit ça ? En visite en Roumanie ?
00:10:26Oui, non, mais quelle honte.
00:10:28Alors là, pardon, ça c'est une...
00:10:30Mais on nous prend pour... Je ne veux pas dire le mot, mais c'est terrible.
00:10:33C'est un fugitif, ce n'était pas un touriste.
00:10:35À ce niveau d'indécence, il n'y a plus de limite.
00:10:38On va en parler, mais oui, c'est fait.
00:10:40Et à l'instant, Gérald Darmanin qui exige que Mohamed Amra soit placé
00:10:45dans un quartier d'isolement, bon, je vais dire, ça paraît être évident.
00:10:50Alors qu'est-ce qui s'est passé ? Parce que là, tout s'accélère ces dernières heures.
00:10:54Tout s'accélère. Alors ce qui est intéressant dans cette affaire,
00:10:56c'est qu'on voit comme ça peut aller vite en fonction des moyens utilisés.
00:11:01On a compris que l'avocate avait fait un appel à la décision de l'extradition de Mohamed Amra.
00:11:08Et ce qui est intéressant là-dedans, c'est de voir que la procédure est différente,
00:11:11je crois que vous venez d'en parler, comme elle est dans le cadre d'un mandat d'arrêt européen.
00:11:15Donc la mesure... C'est un outil qui simplifie la procédure.
00:11:19La procédure permet donc qu'il y ait une discussion entre le procureur roumain et le procureur français.
00:11:25Dans ce cadre, l'extradition est rendue possible parce que la décision rendue est définitive
00:11:31et exécutoire, donc plus rapide. Et c'est pour ça qu'on a ce délai beaucoup plus court.
00:11:37Et ça explique pourquoi il devrait arriver dans quelques heures.
00:11:40On apprend aussi, donc vous l'avez dit, que l'avocate d'Amra fait appel de son placement
00:11:43en détention provisoire et porte plainte contre la perquisition qui a eu lieu à son domicile.
00:11:48Elle dit qu'il est un citoyen, comme un autre, en visite en Roumanie.
00:11:52Ça, ce sont ses mots. Il faut bien comprendre que ce qui est intéressant,
00:11:56c'est que cette volte-face montre cet aspect très ambigu du personnage,
00:12:00cette peut-être volonté de provoquer. Mais ce matin, la procureure de la République de Paris,
00:12:04Laure Becquiaux, a été ferme. Elle a dit en effet que cette extradition était définitive
00:12:11et qu'ils ne tiendront compte que des éléments qui arriveront en France.
00:12:15Ce qui a été dit avant ne sera pas dans ce dossier.
00:12:18C'est très important. Hier, nous avons eu un débat ici même.
00:12:21Pourquoi cette image ? Elle dit quand même beaucoup de choses.
00:12:25Parce qu'il a commencé son parcours délinquant à l'âge de 11 ans avec des faits de vol,
00:12:29de violence, pour arriver aujourd'hui à devenir l'un des plus gros narcotrafiquants.
00:12:33Et hier, j'ai fait cette remarque. Elle a suscité quelques réactions.
00:12:36C'est vrai qu'on s'attendait à un gros bonnet. Et on a l'image d'une petite frappe.
00:12:41Mais c'est ça aujourd'hui aussi le narcotrafique. C'est un individu très dangereux.
00:12:46Je ne sais pas comment vous avez réagi vous-même en voyant ce sourire.
00:12:50Et ce qu'a dit l'avocate, c'est repris mot pour mot, Georges.
00:12:53Je trouve que ce sourire en effet, c'est le sourire du visage de la mafia.
00:13:02C'est-à-dire que le parcours de Mohamed Hamra est passionnant.
00:13:06Vous avez tout un parcours de délinquance et de criminalité
00:13:10qui commence extrêmement tôt, avec une aggravation perpétuelle
00:13:15jusqu'à commettre ou faire commettre ou participer à une opération
00:13:19dans laquelle des actes absolument abominables d'une barbarie,
00:13:23vous avez dit comme des chiens, ces agents ont été abattus,
00:13:26dont en effet l'un, l'un d'eux, Arnaud, qui s'apprêtait à devenir père
00:13:30et qui le matin même était parti de chez lui en disant à sa femme et à son père,
00:13:35je ne sens pas trop cette journée. J'ai vu ça dans le témoignage du père.
00:13:39Je ne sais pas trop, j'ai des mauvaises ondes de ce qui va se passer, etc.
00:13:42Donc on a ce visage-là. Pourquoi j'insiste sur l'homomafia ?
00:13:46Parce qu'on n'a pas encore toutes les informations sur ce raid qu'il y a eu,
00:13:50mais ce qu'on sait, c'est que un, il y a eu une organisation professionnelle,
00:13:54militaire, méticuleuse. Deux, dans l'immoralité la plus totale.
00:13:58Trois, une cavale de cette nature, même si heureusement elle s'est arrêtée
00:14:03grâce au travail de la justice et de la police française et européenne,
00:14:07ça demande des moyens, ça demande une organisation qui n'a pas peur de l'État,
00:14:11qui rivalise avec l'État.
00:14:12Et même la cavale après, de s'être planquée.
00:14:14La cavale, ça demande énormément d'argent.
00:14:16Oui, c'est pour ça que ce n'est pas un petit...
00:14:18C'est ça ce qu'il faut bien voir, c'est que l'organisation de ces mafias,
00:14:22c'est un contrat faustien. On recrute des gens à 13-14 ans,
00:14:25souvent leur demandant de faire le chou pour 3 000 euros,
00:14:28donc on se dit que ce n'est pas la grande criminalité.
00:14:30Et vous avez des petites frappes, comme vous avez justement dit,
00:14:33qui ensuite règlent leur contrat faustien, soit en devenant des monstres par le sang,
00:14:37soit en allant en prison, soit en se faisant liquider.
00:14:39Mais en tout cas, ce sont des mafias qui sèment la mort de partout.
00:14:42Saviano a beaucoup écrit sur la mafia, et je crois qu'on devrait vraiment réfléchir
00:14:45à la manière dont cette criminalité organisée détruit le pacte social à la racine.
00:14:51Alors, entre le ministre de l'Intérieur et le garde des Sceaux,
00:14:53tous, ils décrivent la dangerosité d'un narco-État.
00:14:56C'est ce qu'avait dit Bruno Retailleau.
00:14:59Je suis vraiment... Expliquez-nous, Georges, parce que là, c'est un réseau tentaculaire.
00:15:03C'est Maroc, Espagne, Pays-Bas, France, avec un nombre de personnes
00:15:08qui, peu ou prou, étaient quand même mêlées à cette attaque sanglante.
00:15:11On découvre, alors qu'on y était sur écoute, pas sur écoute.
00:15:15On l'écoutait dans sa cellule.
00:15:17Et là aussi, il faut féliciter les services d'enquêteurs,
00:15:20c'est-à-dire de police, qui ont identifié, comme ça, dans plusieurs pays européens,
00:15:23cette nébuleuse qui tournait autour de ce groupe à caractère mafieux.
00:15:27Il a tout à fait raison.
00:15:29Ce n'est pas du petit trafic, là, c'est vraiment...
00:15:31Moi, ce sourire qu'on en vous parlait, c'est quelque chose qui me choque terriblement.
00:15:35Ça vient d'un type qui a des sangs sur les mains.
00:15:38Vous savez, dans le passé, il y a eu des grands voyous
00:15:41pour lesquels on pouvait avoir un peu d'admiration.
00:15:45C'est pas le terme.
00:15:46Certains disent qu'il y avait une forme de code.
00:15:48Il n'y en a qu'un.
00:15:49Je ne dis pas honneur, parce que je ne la connais pas.
00:15:51Il n'y en a qu'un.
00:15:52Un seul fugitif qui n'a jamais été repris.
00:15:54Parce que tous les fugitifs ont tous été repris à un moment ou à un autre.
00:15:57C'était Albert Spadgiari.
00:15:59Je ne sais pas si vous vous souvenez, les égouts du paradis.
00:16:01Ils n'avaient pas de sang sur les mains.
00:16:03Sans armes et sans violence.
00:16:04Oui, et il a disparu.
00:16:05On l'a retrouvé une fois qu'il était mort devant le domicile de sa mère.
00:16:08Mais ça, c'était des voyous à l'ancienne, je dirais.
00:16:11Là, ce sont des gens qui brûlent, qui tuent, qui torturent,
00:16:15qui n'hésitent pas à assassiner des fonctionnaires de police.
00:16:18Ça n'a rien à voir.
00:16:19D'où, vraiment, on doit se rassurer, se féliciter
00:16:23qu'il ait pu être interpellé.
00:16:25Moi, je vois dans ce sourire, vous m'avez eu,
00:16:27mais vous allez voir ce que vous allez voir.
00:16:29C'est ça, ce qui...
00:16:30On pense déjà à sa prochaine...
00:16:31Et de la provocation, évidemment.
00:16:33Je voudrais rebondir sur Scaldinathan et sur l'étudié de Georges.
00:16:36Moi, je suis souscrit complètement à Scaldinathan
00:16:38par rapport à aujourd'hui où on est face à une mafia.
00:16:40Parce qu'effectivement, l'organisation, comme elle s'est mise en place,
00:16:44c'est une organisation mafieuse.
00:16:46C'est un écosystème qui s'est mis.
00:16:48On est face aussi à de la pression, à l'omerta.
00:16:51À la corruption.
00:16:52Aux aides financières, aux aides pour les familles, etc.
00:16:56Complètement.
00:16:57Et ce qu'a dit aussi Georges, et extrêmement important,
00:16:59c'est qu'auparavant, on ne commençait pas sa carrière à 11 ans,
00:17:02à 11-12 ans.
00:17:03C'est ça, le drame.
00:17:05C'est que depuis 40 ans, on n'a pas vu venir, en fait.
00:17:08C'est que la carrière d'un délinquant, elle commence à 11-12 ans.
00:17:11Aujourd'hui, on a des gamins de 11 ans qui font le chauffement.
00:17:13On a même des gamins de 6-7 ans,
00:17:15et vous l'avez vu, les policiers nous le disent,
00:17:17qui crient quand ils voient la police qui arrive.
00:17:20Donc c'est ça, le drame de notre pays.
00:17:22Mais on a encore, une fois, des cris d'orfraie,
00:17:25quand on dit qu'il faut réagir, qu'il faut empêcher
00:17:27que ces jeunes-là s'installent dans la délinquance.
00:17:30Tous ceux qu'on a vus, souvent, ils commencent à 11-12-13 ans.
00:17:34Naël, 19 mentions.
00:17:36Lui, je ne sais plus combien il a de mentions.
00:17:39Donc le problème, c'est que c'est les conséquences
00:17:41de notre laxisme.
00:17:43Les conséquences de cette espèce d'omerta
00:17:46autour de nommer la réalité.
00:17:48Deux morts seraient les conséquences.
00:17:50Oui, et c'est ça que je voulais aussi dire, Sonia,
00:17:52parce que ça me fait vraiment beaucoup de peine
00:17:55par rapport à, aussi, ce qu'on a dit,
00:17:57cette absence de transmission en ce qui concerne
00:18:00la dangerosité de ce délinquant.
00:18:02C'est-à-dire qu'on a sacrifié des vies humaines.
00:18:05C'est ça, la réalité.
00:18:07Juste, pardonnez-moi, parce que là, Gérald Darmanin
00:18:10parle d'un quartier d'isolement.
00:18:12Évidemment, ça paraît évident, mais auparavant,
00:18:14il faut bien le dire que parfois, les zones de non-droit,
00:18:17où on sait que l'expression ne bulle pas,
00:18:19ce sont nos prisons.
00:18:21Ce qui est terrifiant, c'est qu'il a pu, depuis sa cellule,
00:18:25organiser ses trafics, organiser son évasion,
00:18:29gérer des contrats.
00:18:32Oui, une activité criminelle.
00:18:34Une activité criminelle en toute tranquillité.
00:18:36Finalement, on se dit que la prison version Mohamed Amra,
00:18:40c'était un peu le télétravail à l'époque du Covid.
00:18:42On faisait tout à distance, mais on ne pouvait pas sortir.
00:18:45Une heure par jour, c'était dans la cour de la prison.
00:18:47Nous, c'était après avoir rempli une AQDF,
00:18:50une autorisation d'homicide familial.
00:18:53Et comment est-ce que ça a pu se passer ?
00:18:57Je veux bien croire Darmanin qui va être mis au mitard,
00:19:00ou quelque chose comme ça, mais c'est fou.
00:19:02Mais pour rebondir sur ce qui a été dit,
00:19:0511 ans, il a commencé à faire pique-pendre.
00:19:08Évidemment, comme c'est un mineur, jamais la moindre sanction.
00:19:11Et quand on ne vous sanctionne pas, c'est open bar.
00:19:13Regardez, vous parlez de ce sourire narquois.
00:19:15Je crois que j'ai déjà raconté cette anecdote au micro de CNews.
00:19:19Il y a 30 ans, à peu près, j'ai été formateur en milieu carcéral
00:19:22pendant une période de chômage.
00:19:23Et j'avais un gars fiché au grand banditisme,
00:19:26c'était à la maison d'arrêt Saint-Michel à Toulouse,
00:19:28qui m'avait dit, tu vois les mecs en face ?
00:19:30Alors moi, je le vouvoyais, lui, il me tutoyait,
00:19:32mais bon, il était fiché au grand banditisme,
00:19:34donc je ne la ramenais pas.
00:19:35On ne va pas jouer l'héros.
00:19:37Mais qui était très sympa.
00:19:38Il m'a dit, nous, on a un code.
00:19:40Les schmitts, ils ont des gamins.
00:19:42On ne va pas leur tirer dessus.
00:19:43Il dit, eux, ils prennent des kalachnikovs,
00:19:45et ils rafalent, et tu vas voir ce qu'on va dire.
00:19:47Je dois dire qu'il n'était pas criminologue,
00:19:50mais il avait vu juste.
00:19:51Juste une question quand même, c'est vrai,
00:19:53pour ceux qui nous regardent, ce n'est pas possible.
00:19:55Sa cellule était sur écoute,
00:19:58et on aurait laissé passer tout ça, Sabrina ?
00:20:00Ce qui est intéressant, c'est que dans ce milieu pénitentiaire,
00:20:04les surveillants, les gardiens, les agents pénitentiaires
00:20:07avaient remarqué sa dangerosité.
00:20:09Ça avait été signalé dans plusieurs rapports.
00:20:12Donc la menace qu'il représentait a été sous-évaluée à ce moment-là.
00:20:16Lorsqu'il doit faire ce transfert et passer par ce péage,
00:20:20une semaine avant, une demande avait été faite par la prison
00:20:24pour être escortée par des policiers.
00:20:27Et la veille, c'est annulé.
00:20:29La veille, tout aurait été différent.
00:20:32Là, ce n'est pas qu'on doit retenir les leçons de ce qui s'est passé.
00:20:35C'est très important que ce soit inscrit dans le marbre,
00:20:37que les agents pénitentiaires soient au fait de qui ils transportent.
00:20:40Ce qu'a dit d'ailleurs M. Retailleau à juste titre,
00:20:43c'est qu'avec la création prochaine du parquet national
00:20:46anti-grandes criminalités, anti-drogues,
00:20:49il va y avoir une coordination totale de ces réseaux.
00:20:53Donc il y aura une autorité judiciaire qui aura toute l'information.
00:20:57Ce que je voudrais ajouter, c'est que finalement ce profil,
00:21:00ce qui s'est passé, c'est lointain une conséquence
00:21:04d'un certain angélisme de la gauche.
00:21:07En 1981, Robert Badinter supprime d'un trait de plume les QHS.
00:21:13Les Quartiers d'Ordre de Sécurité.
00:21:16Et c'était vraiment le combat de grands bandits
00:21:19comme Roger Nobel-Pils qui avait écrit des livres.
00:21:22Je ne sais pas si vous vous souvenez de tout cela.
00:21:24Et donc, je l'ai connu moi personnellement,
00:21:27une fois qu'il s'était rangé des voitures.
00:21:30Et donc on s'est dit, oui après.
00:21:33Oui, et je me souviens on l'avait invité à l'école nationale,
00:21:39ce n'est pas moi, on l'avait invité à l'école nationale d'administrature
00:21:42pour nous faire des conférences futurs magistrats
00:21:45sur la condition pénitentiaire.
00:21:47Vous voyez un peu l'idéologie.
00:21:49Et cette idéologie arrive au pouvoir en 1981.
00:21:51En 1981, boum, on supprime les QHS.
00:21:53Donc il n'y a plus ces Hauts de Sécurité,
00:21:56ces Quartiers de Hauts de Sécurité qui étaient contraires à la dignité,
00:21:59qui touchaient à la sensibilité, l'âme si vous voulez.
00:22:03Mais imaginez tout ce qui a été détricoté, remis en place, détricoté.
00:22:0940 ans après, on va y revenir.
00:22:11On parle souvent de souveraineté ici, à raison,
00:22:13mais en parlant de nos frontières.
00:22:15Mais en fait, on perd notre souveraineté par rapport à la mafia.
00:22:18Quand la mafia impose sa loi dans certains quartiers, en prison, etc.
00:22:22C'est une perte de souveraineté quand on a des agents qui sont corrompus.
00:22:28Un procureur quand même s'est fait menacer dans notre pays.
00:22:31Vous avez raison.
00:22:33Ces mafias-là, chaque fois qu'il y a une goutte de sang qui coule du fait de ces mafias,
00:22:39il faut toujours quand même remonter la piste de l'argent.
00:22:42Les armes qui ont été utilisées pour tuer comme des chiens ces deux agents,
00:22:48ce sont des armes qui ont été achetées par des consommateurs de drogue,
00:22:53très probablement, j'imagine.
00:22:55En tout cas, pas forcément. Dans ce cas-là, soyons prudents sur les informations qu'on aura.
00:22:59Mais en tout cas, à chaque fois qu'il y a des règlements de comptes,
00:23:01qu'il y a des gens qui se font tuer, des policiers qui se font tuer, etc.
00:23:04par ces mafias-là, c'est la consommation.
00:23:06Autrement dit, ces mafias fonctionnent comme des réseaux internationaux,
00:23:10comme des grandes entreprises internationales
00:23:12qui ne sont absolument pas intimidées par l'autorité de l'État
00:23:16et par l'autorité politique.
00:23:18Quand on prend des mesures politiques contre elles, elles s'adaptent.
00:23:21On le répète tout le temps.
00:23:22C'est le propre de ces organisations criminelles.
00:23:24Vous avez raison.
00:23:25Avec un temps d'avance, comme les islamistes, d'ailleurs.
00:23:28Exactement.
00:23:29Ils ont un temps d'avance.
00:23:30Et même, elles peuvent se subériser en faisant de la vente...
00:23:33On marque la pause, s'il vous plaît.
00:23:35On marque la pause et on va y revenir.
00:23:37Parce que, Sabrina, évidemment, vous nous tenez informés
00:23:39si vous avez de nouvelles informations.
00:23:41Donc, apparemment, extradition imminente.
00:23:43Et on en parle d'abord parce que c'est un narcotrafiquant d'envergure.
00:23:48Je parle de petite envergure, mais d'envergure du trafic et de l'activité criminelle.
00:23:52Parce qu'il y a quand même deux morts.
00:23:53Vous l'avez rappelé aussi, des blessés.
00:23:55Et que c'est très important qu'ils soient sur notre sol
00:23:57et qu'ils soient incarcérés le plus longtemps possible.
00:24:00Et politiquement aussi.
00:24:02On va voir s'il y aura des leçons retenues de ce qui s'est passé.
00:24:05Alors, politiquement, sur un tout autre sujet,
00:24:07je voulais vous poser la question.
00:24:08Est-ce que vous y croyez ?
00:24:10À quoi ? En parlant ?
00:24:13Joker !
00:24:15Est-ce que le gouvernement, cette fois-ci, va agir ?
00:24:17Quand François Bayrou a dit « on va prendre des décisions ».
00:24:19Non, je n'y crois pas.
00:24:20Ah bon ?
00:24:21Dans le régime algérien, vous pensez vraiment que là...
00:24:23Non, je n'y crois pas parce qu'on a trop été baladé.
00:24:26Ah bon ?
00:24:27On va voir ce qu'on raconte.
00:24:28On va marquer une pause.
00:24:29On verra.
00:24:30A tout de suite.
00:24:31On va voir.
00:24:32On va en débattre.
00:24:35Merci d'être avec nous, Mindy News.
00:24:37La suite avec cette question.
00:24:38Le gouvernement français va-t-il réagir ?
00:24:40Hier, le Premier ministre François Bayrou a affirmé
00:24:42que des décisions seront prises en parlant du régime algérien.
00:24:45Mais quels actes ?
00:24:47On verra tout ça dans quelques instants,
00:24:48après le rappel des titres de Somaya Labidi.
00:24:51On l'a appris il y a quelques minutes, Sonia.
00:24:53Malgré sa décision de faire appel,
00:24:55le narcotrafiquant Mohamed Amra va être remis à la France
00:24:58dans les prochaines heures par la Roumanie.
00:25:00Et selon l'entourage de Gérald Darmanin,
00:25:02le garde des Sceaux a d'ores et déjà demandé son placement
00:25:05à l'isolement dans une prison de haute sécurité.
00:25:09Deux personnes majeures interpellées et placées en garde à vue
00:25:12après le jet d'engin explosifié hier
00:25:14contre le consulat général de Russie à Marseille.
00:25:17Un acte qui avait été aussitôt qualifié d'attaque terroriste par Moscou,
00:25:21jour du troisième anniversaire du début du conflit en Ukraine.
00:25:26Et puis, onze ans après peut-être bientôt la fin du mystère,
00:25:29reprise des recherches de l'avion MH370 de la Malaysia Airlines.
00:25:34Recherche lancée par le gouvernement malaisien
00:25:37pour tenter de retrouver des débris du Boeing 777,
00:25:41disparu des radars le 8 mars 2014,
00:25:44avec, je vous le rappelle, 239 personnes à son bord, dont 153 Chinois.
00:25:50Incroyable la reprise des recherches.
00:25:52Moi je pense souvent à ceux, à tous ceux qui ont perdu des proches,
00:25:56mais souvent nous recevions ici même un père de famille
00:25:59qui avait perdu sa fille, un ami à sa fille, sa femme, etc.
00:26:04et qui évidemment cherche la vérité et la cherchera toujours.
00:26:08Donc évidemment on espère qu'un jour ça puisse aboutir.
00:26:11Pour l'heure, notre sujet, ce sont des décisions qui seront annoncées,
00:26:15nous a dit le Premier ministre, sur des sanctions, d'éventuelles sanctions,
00:26:19ou en tous les cas des réactions après toutes ces affaires,
00:26:23cette litanie d'affaires autour d'individus sous OQTF
00:26:26qui ne peuvent pas être renvoyés chez eux.
00:26:28Et à vrai dire ce ne sont pas des décisions qu'on attend,
00:26:30en réalité c'est qu'une page se tourne réellement
00:26:32pour que le régime cesse de nous ridiculiser en jouant sur la martyrologie.
00:26:36Mais pour l'heure, restons sur l'émotion et la colère également
00:26:40des habitants de Mulhouse, après ce qui s'est passé samedi, cet attentat islamiste.
00:26:45Ecoutons tout d'abord une cliente qui est revenue sur le marché de Mulhouse ce matin.
00:26:50L'Alsace, c'est comme le reste de la France, on est blasé.
00:26:54Ça veut dire qu'on en a marre d'entendre toujours ça, la même chose et rien n'est fait.
00:26:58C'est tout, autrement elle n'est pas choquée, Mulhouse ce n'est pas pire qu'ailleurs,
00:27:02c'est exactement la même chose dans tout le pays, alors on n'est pas surpris.
00:27:07Je pense que vraiment, à la tout résumée, on n'est pas surpris.
00:27:10Hélas, chacun le sait, ce nouvel attentat à Georges Fenech était écrit.
00:27:13Et au signe symbole de notre impuissance organisée, au QTF, FSPRT,
00:27:18il faut ajouter la responsabilité du régime algérien,
00:27:21qui a refusé par dix fois de reprendre cet individu, cet Algérien qui a déjà été condamné.
00:27:30Quelle décision on peut attendre encore aujourd'hui ?
00:27:32Est-ce que vous croyez véritablement qu'il peut y avoir un sursaut de notre part ?
00:27:36Écoutez, c'est ce qui est annoncé en tout cas.
00:27:38On va bien voir quelles seraient les mesures qui permettraient d'engager un vrai rapport de force,
00:27:44un vrai bras de fer, c'est ainsi qu'il faut l'appeler, avec l'Algérie,
00:27:48de façon à ce que l'Algérie respecte le droit international,
00:27:50qu'un pays doit reprendre ses ressortissants.
00:27:54Après, on ne peut pas s'en remettre non plus comme ça,
00:27:57ad vitam aeternam, au bon vouloir d'un autre pays.
00:28:00Il faut que nos autorités, nos dirigeants assurent la sécurité des Français.
00:28:05Sans attendre que l'Algérie veuille bien reprendre des gens dangereux.
00:28:09On les a sur notre sol, on les connaît.
00:28:11Ils sont identifiés, fichés, condamnés, surveillés.
00:28:15On les a, donc on doit vivre avec en réalité.
00:28:17D'accord ? Donc ce qu'il faut, c'est maintenant les mettre hors d'état de nuire.
00:28:21Et ça, ça appartient évidemment au gouvernement.
00:28:24Il y a la décision.
00:28:25Alors, il y a eu des décisions qui ont été prises.
00:28:28Les débats sur la rétention de sûreté.
00:28:30Sur la rétention de sûreté, qui a eu lieu à nouveau en 2023,
00:28:34où le texte prévoyait effectivement des mesures très contraignantes,
00:28:38notamment le bracelet électronique, etc.
00:28:40Et ça a été invalidé par le Conseil constitutionnel.
00:28:44Je peux vous poser une question ?
00:28:45Moi, j'aurais essayé de traumatiser.
00:28:47Quand on dit mesures contraignantes, le bracelet électronique,
00:28:49me vient en tête ce qui est arrivé au Père Hamel avec cet individu qui avait le bracelet.
00:28:53Vous n'avez pas raison.
00:28:54Moi, c'est pour ça que j'ai fait voter en 2008 une rétention de sûreté
00:28:57et une privation de liberté en réalité.
00:28:59C'est-à-dire, soit on y va, soit on se dit...
00:29:01Moi, je pense qu'il faut y aller.
00:29:03Mais si vous regardez bien la décision du Conseil constitutionnel,
00:29:06elle ne l'a pas invalidée totalement.
00:29:08Elle a dit que le texte était mal rédigé en fait,
00:29:11qu'il aurait fallu prévoir que pendant la détention,
00:29:14déjà, tout un travail de réinsertion...
00:29:17Alors, on attendait la nouvelle réécriture.
00:29:20Je vous l'accorde, c'est bizarre.
00:29:22Moi, j'ai du respect pour les sages.
00:29:23Je vous sens réagir mieux.
00:29:25Vous avez autant de paravents, parfois incapacitants,
00:29:28par rapport à une urgence.
00:29:30Voilà, parce qu'on en arrive là.
00:29:31Après, c'est des morts dans les rues, ces décisions.
00:29:33Je rappelle quand même, on sort du week-end où on a été occupé
00:29:36à se demander si on devait marier ou pas un individu sous OQTF
00:29:40en situation irrégulière.
00:29:42Il y a eu un débat sur ce sujet.
00:29:44Excusez-moi, mais à en croire certains,
00:29:46lui, il aurait fallu le marier samedi dernier
00:29:48avant même qu'il commette son intervention.
00:29:50À en croire surtout le Conseil constitutionnel et la jurisprudence.
00:29:53Il y a un texte qui est parti du Sénat,
00:29:56qui a été modifié selon les voeux du Conseil constitutionnel
00:30:00et qui attend d'être fixé à l'Assemblée nationale.
00:30:03Mais on va attendre combien de temps comme ça ?
00:30:05Ça fait déjà plus d'un an, je crois,
00:30:07deux ans même que c'est en attente.
00:30:09Il va bien falloir que ce texte aboutisse à l'Assemblée nationale,
00:30:12qu'il y ait un vote conforme et qu'on prévoie des mesures
00:30:14beaucoup plus contraignantes.
00:30:16L'immobilisme, je le précise, c'est le mot qui est maintenant
00:30:18utilisé par Bruno Rotailleau, qui met en scène.
00:30:21C'est quand même quelque chose d'assez inédit dans notre pays,
00:30:23un ministre de l'Intérieur qui a la parole vraie,
00:30:26mais qui met en scène une incapacité à agir.
00:30:29Je me demande jusqu'où ça peut durer la déploration.
00:30:33Le drame, c'est que nous nous sommes paralysés nous-mêmes
00:30:37par déjà tous les traités internationaux, la CEDH, etc.
00:30:41Donc il ne faut pas crier, mais c'est désastreux,
00:30:45on ne peut rien faire.
00:30:46On a tout fait pour ne plus rien pouvoir faire.
00:30:49Donc on est arrivé à ce qu'on cherchait.
00:30:52Maintenant, il ne faut pas pleurer.
00:30:53Et permettez-moi de dire une chose, ce n'est pas avec ceux
00:30:56qui nous ont amenés dans le mur de cette manière
00:30:58qu'on va solutionner les problèmes.
00:30:59– Mais c'est important ce que vous dites, c'est-à-dire
00:31:01avant que l'Algérie ne nous récupère, c'est vrai,
00:31:03il faudrait quand même qu'on puisse, puisqu'on dit individus
00:31:06très dangereux, dangereux, qu'on ait quand même un moyen,
00:31:09une fois sorti de prison, c'est-à-dire, c'est ça.
00:31:13– Oui, c'est ça, c'est la loi de 2008 qui existe.
00:31:16– Combien aujourd'hui d'individus qui étaient sur le terrain
00:31:20irako-syriens sont sortis de prison, ont purgé leur panée ?
00:31:23– Plusieurs centaines.
00:31:25– Est-ce qu'une fois qu'ils sont sortis de prison,
00:31:27l'idéologie est effacée ?
00:31:29– Je ne pense pas, non.
00:31:30– Ils sont très surveillés par Luc Klatt, mais on ne peut pas
00:31:34mettre une surveillance de 24 heures sur 24.
00:31:36– Permettez-moi de vous dire, comme vous l'avez dit,
00:31:38il y a une responsabilité.
00:31:41La France, dans cette histoire, a suivi une procédure
00:31:45où, sur le plan, comme l'avait dit Pascal Praud hier,
00:31:48tout a fonctionné, si vous voulez, au sens où cet individu
00:31:51a été repéré, sa menace sécuritaire a été identifiée,
00:31:54des mesures ont été prises.
00:31:56– Mais bis repetita, comme pour l'affaire Philippine,
00:31:58on m'a dit tout a été…
00:32:00Le juge des libertés, je vais vous laisser terminer,
00:32:03de la rétention, qui avait écrit, je ne peux plus rien faire,
00:32:05je ne peux pas le retenir davantage en ce sens de rétention.
00:32:07– Oui, mais là, c'est l'Algérie qui, comme vous l'avez dit,
00:32:09a 10 reprises, a refusé de reprendre cet individu.
00:32:12Vous avez un régime, on le répète tout le temps,
00:32:14mais c'est quand même le cœur du sujet,
00:32:16vous avez un régime aujourd'hui qui fonctionne
00:32:18comme une caste oligarchique, autoritaire,
00:32:21refusant les principes de la démocratie,
00:32:23qui s'en prend systématiquement à la France
00:32:25pour pouvoir justement se justifier par rapport à sa population
00:32:28et justifier son tournant répressif,
00:32:30et la France qui aurait plein de levées d'action,
00:32:33pas forcément, pas du tout en s'en prenant à la population algérienne,
00:32:37mais en s'en prenant à ce régime.
00:32:39– Mais on a tétanisé par les injonctions à la culpabilité.
00:32:44– Il y a bien quelque chose qui retient la main de la fermeté.
00:32:47– Mais quand le Kremlin a commencé la guerre en Ukraine,
00:32:49la France a bien pris des sanctions contre la Russie.
00:32:51– Ah oui, efficaces.
00:32:52– On a bien empêché un certain nombre d'oligarques
00:32:54de continuer à pouvoir aller dans leur maison
00:32:56dans le sud de la France,
00:32:57d'utiliser leur yacht dans le sud de la France.
00:32:58– Mais donc, pourquoi on ne les prend pas vis-à-vis de l'Algérie ?
00:33:00– C'est la question qu'il faut se poser.
00:33:01– Je vous réponds, par rapport à la culpabilité,
00:33:03à la martyrologie qui est utilisée, à la rente mémoriale.
00:33:05– Je pense que c'est par rapport à la peur
00:33:07de ce que ce régime pourrait faire en retour, parce qu'on voit bien…
00:33:09– Pas ça, c'est de la politique.
00:33:11– Vous voyez bien qu'ils ont pris en otage un écrivain français,
00:33:13vous voyez bien qu'ils sont prêts un peu à tout.
00:33:15– Mais si on pense, vous avez raison,
00:33:16mais si on pense qu'on essentialise tous les Algériens qui sont en France
00:33:19et qu'on pense que le régime d'un claquement de doigts
00:33:21peut créer des tensions communautaires…
00:33:22– Ah non, je ne parlais pas de ça, je parlais du régime.
00:33:24Prendre en otage un écrivain, ce n'était pas les Algériens,
00:33:26c'est le régime algérien qui a pris en otage un écrivain.
00:33:28– Mais qu'est-ce qu'on risque ?
00:33:30– Quand il y a des gens qui font un bras de fer avec nous,
00:33:33il faut le faire, il faut le gagner.
00:33:35– Mais ce n'est pas le bras de fer.
00:33:36C'est le fait qu'on a une population algérienne importante en France
00:33:40et qu'on traite ces affaires extérieures avec un regard intérieur.
00:33:44C'est toute la difficulté.
00:33:46– Mais pardonnez-moi, on l'a fait aussi par rapport à Israël,
00:33:49et on continue à le faire.
00:33:50– Oui.
00:33:51– Je vous rappelle les positions du président français.
00:33:53– Pourquoi ne vient-il pas à la manifestation ?
00:33:55– Mais parce qu'il y a un fantasme qui s'appelle la rue arabe,
00:33:59alors qu'il y a des rues arabes, et on se dit qu'elles peuvent être partout.
00:34:02Mais par contre, moi je lui apporte une nuance,
00:34:04et ça peut choquer, mais j'aurais été algérienne,
00:34:08mais j'aurais été plutôt en solidarité de mon gouvernement,
00:34:11même si je ne suis pas pour le régime algérien.
00:34:13– Moi je pense qu'il y a…
00:34:14– S'il veut que son pays récupère des assassins,
00:34:17des tueurs, des criminels, des islamistes.
00:34:19– Moi je pense qu'il y a un fantasme autour de cette question.
00:34:22– Mais un droit international quand même.
00:34:23– Mais je vais vous dire, moi, citoyenne algérienne,
00:34:26je suis assez contente que mon gouvernement
00:34:28dit à la France, débrouillez-vous.
00:34:30– Mais c'est à nous d'être fermes.
00:34:32– Mais attendez, quand on est citoyen de n'importe quel pays,
00:34:35si son gouvernement retient en otage des écrivains
00:34:38pour les punir de leur liberté d'expression,
00:34:40personne ne peut s'offrir à cela.
00:34:42– Sauf que ce n'est pas dit comme ça.
00:34:43– Si vous avez un gouvernement qui refuse de respecter toutes les règles
00:34:46d'une relation internationale qui devrait être fondée sur…
00:34:48– Mais Nathan, allez le dire au ministre des Affaires étrangères, pas à moi.
00:34:51– Mais bien sûr, je suis totalement d'accord avec vous.
00:34:53Mais s'il y avait un tournant de main de la France,
00:34:55de dire maintenant, on va durcir nos positions,
00:34:57non pas vis-à-vis de l'Algérie, non pas vis-à-vis du peuple algérien,
00:34:59mais vis-à-vis de ce régime, franchement, ce serait salutaire.
00:35:02– Nous sommes d'accord.
00:35:03– Et si c'est le cas…
00:35:04– Et puis on n'a pas à réagir, un gouvernement, un vrai État de droit,
00:35:08comment dirais-je, un gouvernement fort, souverain,
00:35:11ne réagit pas en fonction d'une supposée rue arabe.
00:35:17Vous vous rendez compte, c'est terrifiant, c'est-à-dire qu'à un moment,
00:35:21la France va réagir en fonction, entre guillemets,
00:35:24de telle ou telle communauté de crainte, de tension communautaire.
00:35:27Alors que moi, je me souviens, alors je retire le fait qu'il y ait des votes,
00:35:31effectivement, et les filles, mais regardez, il y a eu le 7 octobre,
00:35:34il y a eu la réaction, le lendemain, juste, je termine ça, d'Israël,
00:35:40est-ce qu'il y a eu un soulèvement, un embrasement des quartiers ?
00:35:44Absolument pas, donc il faut arrêter, et je dirais même plus,
00:35:47c'est-à-dire qu'un État souverain, il peut se dire,
00:35:49je décide telle ou telle politique, effectivement,
00:35:52pour tordre le cou à ce qui se passe aujourd'hui par rapport au régime algérien,
00:35:56mais si jamais vous avez, dans notre pays, des personnes qui réagissent contre la France,
00:36:01c'est de la haute trahison, c'est la raison d'État qui prie,
00:36:04et dans ce cas-là, le gouvernement réagit en disant, vous ne pouvez pas être là et là,
00:36:10vous devez être respectueux aussi de la France, vous voyez ?
00:36:14Mais le calcul des autorités françaises, je ne crois pas du tout
00:36:17que ce soit la crainte de, entre guillemets, la rue arabe.
00:36:20Il y a deux éléments, je vais vous donner trois arguments.
00:36:23Le premier, quand il y avait eu le Hirak, il y avait eu beaucoup de franco-algériens
00:36:26ou de Français d'origine algérienne en France qui avaient manifesté pour ce mouvement,
00:36:29et au contraire, s'ils reprochaient quelque chose au gouvernement, c'était de ne pas aider ce mouvement,
00:36:32premièrement. Deuxièmement, la crainte qui existe par rapport au régime,
00:36:36encore une fois, je reviens, c'est sur les actions du régime,
00:36:38prendre en otage un écrivain, dans le passé, on ne va pas citer l'assassinat des moines de Tiberine,
00:36:42mais c'est des actions naturelles qui sont faites par le gouvernement.
00:36:44Il y a quelque chose que vous, pardonnez-moi, vous ne saisissez pas,
00:36:47je ne dis pas que je le comprends, mais venant de l'autre côté de la Méditerranée,
00:36:50je le connais parce que c'est aussi des pays dans lesquels je suis née,
00:36:53quand je vous dis qu'il y a un soutien quand ils voient que le gouvernement est fort,
00:36:58nous-mêmes ici, si la France réagissait de manière ferme, on serait fiers aussi de notre pays.
00:37:04On est fiers quand un gouvernement, personne ne veut avoir des terroristes,
00:37:09même s'ils sont algériens, comprenez aussi que de l'autre côté de la Méditerranée,
00:37:13même si ça nous paraît aberrant, ils ne veulent pas reprendre,
00:37:16ils peuvent se dire qu'ils se sont radicalisés en France, on ne veut pas les reprendre.
00:37:20– Ils ont le devoir de reprendre leurs ressortissants.
00:37:24– Ça c'est les mots que vous vous dites.
00:37:25– Ce n'est pas le devoir, ils ont l'obligation.
00:37:26– Ils ont l'obligation, c'est ça ?
00:37:27– Eh bien on le voit.
00:37:28– Mais qu'est-ce qui les oblige en fait ?
00:37:30– Ils ne respectent pas leurs obligations.
00:37:31– Allez-y s'il vous plaît.
00:37:32– Parce que nous avons depuis des années des dirigeants faibles et un État faible,
00:37:36pas tout à fait, extrêmement fort avec les faibles, mais extrêmement faible avec les forts.
00:37:42C'est ça la différence.
00:37:44C'est que les Algériens, vous avez vu le discours de Jay Devance,
00:37:47Jean-Noël Barraud est sorti de sa boîte un peu comme Zébulon,
00:37:50en criant au scandale, etc.
00:37:52Pour les humiliations que nous fait subir l'Algérie,
00:37:55le silence de Jean-Noël Barraud est vraiment cataclysmique.
00:37:59– Assourdissant.
00:38:00– Assourdissant, on n'entend rien.
00:38:02C'est-à-dire qu'on aime bien rouler des mécaniques, mais ça s'arrête là.
00:38:07Et je vous le dis, je le répète, en France depuis 40 ans,
00:38:10on est d'une faiblesse ainsi indigne avec les forts
00:38:13et d'une force cruelle avec les faibles.
00:38:16C'est ça le drame.
00:38:17– Alors c'est intéressant de voir, et là je voudrais vous entendre,
00:38:19parce que là, il y a aussi une fermeté qui a été affichée
00:38:23en renvoyant l'eurodéputé Rima Hassan.
00:38:27Et j'ai entendu deux sons de cloches différents.
00:38:29Certains qui ont dit, mais c'est tout à fait normal,
00:38:31que quelqu'un qui appelle d'abord au boycott,
00:38:34qui affirme qu'il prône l'effacement d'Israël du Jordan jusqu'à la mer,
00:38:38qui a remis en cause la manière avec laquelle la famille Bibas a été massacrée,
00:38:44n'a rien à faire sur le sol et ne pouvait pas entrer.
00:38:48Et d'autres qui ont dit, non, il aurait fallu la laisser entrer
00:38:51pour voir comment la démocratie israélienne se comporte,
00:38:55qu'elle voit d'elle-même.
00:38:57– Le pays est tellement martyrisé qu'il va la laisser rentrer ?
00:39:01– Je vais vous écouter.
00:39:02Écoutons la réaction ce matin de l'ancien ministre Pierre Lelouch
00:39:04et puis vous nous direz ce que vous en pensez.
00:39:07– Elle est dans la provoque du matin au soir, cette jeune femme.
00:39:11Moi je suis horrifié de voir qu'elle représente la France au Parlement européen
00:39:16avec un maillot marqué Palestine.
00:39:18Il faut choisir, soit c'est palestinien, les Syro-palestiniennes, soit les françaises.
00:39:23Mais ça commence à bien faire.
00:39:24Les provocations au Parlement européen et en Israël,
00:39:27l'Israélien a eu raison de lui dire de retourner au Parlement européen ou à Boussel.
00:39:32Ils ont une forme d'humour, ce n'est pas très méchant,
00:39:35mais elle allait dans la provocation.
00:39:37C'est ce qu'elle fait, c'est son métier, elle est là pour ça.
00:39:40– Bien, alors, qu'en pensez-vous ?
00:39:44– Les Israéliens ont eu raison parce qu'on ne sait pas exactement ce qu'elle allait faire.
00:39:48On ne sait pas exactement qui est Rima Hassan, qui la soutient,
00:39:52quels sont ses buts, parce que c'est quelqu'un d'extrêmement intelligent,
00:39:57qui sait ce qu'elle fait et qui a manifestement,
00:40:00qui a eu, qui a peut-être encore des accords…
00:40:03– Pour vous, c'est les intentions qui justifient cela.
00:40:05– Oui, parce que cette fameuse visite qu'elle voulait faire en Cisjordanie,
00:40:09bon, qui elle voulait rencontrer ?
00:40:11Vous voyez, il y a même un enjeu sécuritaire qui est évident,
00:40:13vous ne faites pas rentrer des potentiels agents sur un territoire.
00:40:16Maintenant, moi, Rima Hassan, je le dis souvent, j'adorerais débattre avec elle,
00:40:19parce que je crois que face à ces provocations,
00:40:21ce n'est pas tellement l'indignation, ce n'est pas pousser des cris d'empreinte.
00:40:24– J'ai une question, est-ce que vous pensez, moi aussi, j'aime les débats
00:40:28et je ne suis jamais plus heureuse que quand il y a quelqu'un
00:40:30qui pense à l'inverse véritablement sur ce sujet, des sujets,
00:40:33que de la voir face à moi.
00:40:35Mais est-ce que vous pensez que face à des personnalités,
00:40:37là, qui affirment que le Hamas est un mouvement de résistance,
00:40:40qui remettent en cause des faits sur la mort de la famille Bibas,
00:40:44là, on n'est plus dans un débat, vous voyez, à armes ajoutes égales.
00:40:49Comment allez-vous convaincre quelqu'un qui vous dit,
00:40:51non, mais le rapport médico-légal est faux ?
00:40:54– Justement, moi, je trouve que face à ce genre de comportement,
00:40:57l'indignation, on peut en avoir tout le temps,
00:40:59mais il y a plein d'arguments rationnels à lui donner.
00:41:01Moi, j'aimerais beaucoup entendre Mme Rima Assad,
00:41:03sur pourquoi elle est restée si anxieuse sur ce qu'a fait Bachar el-Assad.
00:41:07Elle qui s'intéresse au sort des civils au Moyen-Orient,
00:41:10elle qui s'intéresse au sort, notamment, des Palestiniens.
00:41:13Pourquoi n'a-t-elle jamais parlé des massacres sur des réfugiés palestiniens,
00:41:17ordonnés par M. Bachar el-Assad ?
00:41:20Pourquoi est-elle allée en Syrie au moment où Bachar el-Assad
00:41:23était encore dictateur ?
00:41:24– Je vais me mettre dans sa peau, si je puis dire, je n'aime pas le faire,
00:41:27mais elle va vous dire, et pourquoi vous, à longueur de journée,
00:41:29on ne vous a pas entendu ?
00:41:30Vous allez dire que si, sur les enfants palestiniens…
00:41:32– Ah ben si, moi, on m'a entendu à longueur de journée, ça ne marche pas.
00:41:34– Mais non, mais elle va dire que sur la chaîne…
00:41:36Il y a des arguments, c'est le propre, finalement,
00:41:38de leur sphère contre-commerce, voyez-vous.
00:41:40– Nathan, Nathan…
00:41:41– Mais je reconnais votre appétent au débat.
00:41:43– Nathan Dever ne veut pas voir une chose, ou sous-estime en tout cas,
00:41:46c'est que quand on est face à une personnalité radicalisée, fanatisée,
00:41:53tous vos beaux arguments n'ont aucune valeur.
00:41:57Vous ne me ferez jamais changer d'avis,
00:41:59quelqu'un qui a une vision aussi dogmatique de ce qu'elle dit.
00:42:03Ce n'est pas possible.
00:42:04Vous pourrez apporter tous les arguments valables,
00:42:07elle ne changera pas d'avis, voyez-vous.
00:42:09Je crois qu'en réalité, Israël a eu raison, mais là, on est d'accord.
00:42:14Je salue également cet esprit d'ouverture, de débat qui caractérise Nathan,
00:42:19mais il n'aura pas d'objectif atteint parce qu'elle n'écoutera pas.
00:42:23Elle sera emmurée dans sa vision
00:42:26qu'Israël occupe illégalement cette partie du monde
00:42:29et qu'il va falloir en finir.
00:42:31Et là-dessus, vous pouvez…
00:42:32Tous les arguments, elle ne les écoutera pas.
00:42:34Par contre, Israël a quand même le droit, ce pays a le droit
00:42:37de refuser son territoire à quelqu'un qui les traite de génocidaires,
00:42:41des personnages non gratins.
00:42:43Je pense que personne, tout le monde va le comprendre.
00:42:45– Juste une petite chose, je ne me suis pas exprimé clairement
00:42:47sur pourquoi je pensais que c'était important de débattre.
00:42:49Évidemment que Rima Hassan ne changera jamais d'avis.
00:42:52Mais pourquoi Rima Hassan est dangereuse ?
00:42:54Parce qu'avec énormément d'intelligence, et j'insiste là-dessus,
00:42:57elle mène un combat qui est profondément trompeur.
00:42:59Elle fait croire à son public, notamment des jeunes,
00:43:02notamment des jeunes de gauche,
00:43:03qu'elle mène une lutte décoloniale, anticolonialiste
00:43:06pour la libération et l'émancipation des peuples.
00:43:08Quand vous êtes jeune, de gauche, un peu naïf,
00:43:10vous ne pouvez que signer.
00:43:11– Vous y adhérez.
00:43:12– En fait, elle mène un combat qui est identitaire, qui est extrémiste.
00:43:16Vous savez, la première phrase qu'elle avait rendue célèbre
00:43:19dans une émission, elle avait dit
00:43:20« Au nom de quoi ne puis-je pas retourner sur le village de mes grands-parents ? »
00:43:23Imaginez si, par exemple, quelqu'un comme moi, un juif d'Algérie,
00:43:26disait la même chose.
00:43:27Si des centaines de milliers de descendants de juifs d'Algérie disaient
00:43:29« On veut récupérer nos immeubles en Algérie. »
00:43:31On leur dirait « Mais vous êtes en train de détruire l'indépendance algérienne.
00:43:34Vous n'avez pas le droit de faire ça. »
00:43:35Et elle le sait très bien, et elle le sait très bien.
00:43:37Et donc, l'enjeu de débattre avec elle, ce n'est pas de la convaincre,
00:43:40c'est de montrer aux gens qui tombent dans son piège
00:43:42l'arnaque et l'imposture qu'elle incarne.
00:43:44– Moi, je pose une question.
00:43:51– Ça dépend qui vous êtes.
00:43:53Si c'est le parquet national financier et que vous n'êtes pas du bon côté,
00:43:57ça va très vite.
00:43:58Là, c'est un peu plus lent.
00:43:59Vous voyez ce que je veux dire.
00:44:01Mais il y a quand même de terrifiants.
00:44:03Comme le disait Pierre Lelouch, Rima Hassan,
00:44:05elle est députée européenne française au Parlement européen.
00:44:08Regardez son compte Twitter, je crois que je n'ai jamais vu un drapeau français.
00:44:11Je vois que des drapeaux palestiniens, depuis le début.
00:44:14Elle représente qui ?
00:44:15La Palestine, c'est un pays membre de l'Union européenne ?
00:44:18Aux dernières nouvelles, je n'en ai pas entendu parler.
00:44:20Moi, je comprends tout à fait le gouvernement israélien.
00:44:24Parce que vous voyez, Israël, contrairement à la France,
00:44:26ce n'est pas un paillasson.
00:44:27En France, les dignitaires algériens qui nous crachent dessus,
00:44:30on les accueille à bras ouverts pour les soigner gratuitement
00:44:32et que l'État ne paie pas les factures.
00:44:34Eux au moins, ils ont des hommes courageux au pouvoir depuis des années.
00:44:37Tout le contraire de nous.
00:44:38– Anne, un mot et la pause.
00:44:40– Oui, mais Philippe, ce que vous venez de dire est extrêmement important.
00:44:42Mais rappelez-vous, elle a fait la campagne électorale,
00:44:45la campagne des européennes, sur le thème de la Palestine.
00:44:48Elle s'est toujours présentée comme palestine.
00:44:50En fait, elle n'a jamais, je veux dire…
00:44:52– Elle n'a pas caché son jeu, c'est ce que vous voulez dire.
00:44:54– Elle n'a absolument pas caché son jeu.
00:44:55Et on a élu quelqu'un qui se revendique avant tout comme une palestinienne.
00:44:59Et à aucun moment, elle n'a parlé des soucis des franco-tunisiens.
00:45:03– Mais je vais vous dire, Naïma, le problème n'est pas
00:45:05qu'elle se revendique comme palestinienne.
00:45:08Moi, vous me posez la question, je suis franco-tunisienne.
00:45:11La question, c'est que là, ces propos génocidaires,
00:45:15c'est une forme de négation.
00:45:18– Comme une française, vous l'abordez votre travail.
00:45:20Elle aborde la cause palestinienne.
00:45:23Et d'ailleurs, quand elle prend la parole…
00:45:25– Ne donnons pas l'impression que parce qu'elle est palestinienne, c'est pas ça.
00:45:28– Non, c'est pas ça, vous avez bien compris ce que je veux dire.
00:45:30– Moi, j'ai compris, mais je ne veux pas que ce soit…
00:45:32– Mais il faut s'interroger sur les raisons de son succès politique.
00:45:34– On va le faire, on va le faire.
00:45:36On marque une pause, on va s'interroger sur le succès de Reema Hassan,
00:45:39sur la fermeture de C8.
00:45:41D'ailleurs, peut-être qu'il y a un lien entre ces deux grands événements.
00:45:45Nous parlerons également, évidemment, de ce qui s'est passé hier dans le bureau Oval.
00:45:48Parce que là, vous avez deux versions.
00:45:50Il y a ceux qui ont vu, vraiment, un Emmanuel Macron ayant réussi, entre guillemets, son coup.
00:45:55Je n'aime pas dire ça, parce qu'il y a quand même beaucoup de morts en Ukraine.
00:45:58Il faut respecter cette initiative.
00:46:00Et d'autres qui se sont dit, mais c'est une catastrophe.
00:46:03C'est de la poudre de Parlinpinpin, c'est de la communication.
00:46:06– Il n'y aura pas de désaccord, je pense.
00:46:08– Ah, mais c'est le propre du débat.
00:46:10Mais vous, vous vous écoutez, tout de suite.
00:46:12– Il m'écoute, quand même.
00:46:14– Merci d'être avec nous.
00:46:18La seconde partie de Mini-News est un programme très chargé.
00:46:21Nous allons parler de l'arrêt de C8.
00:46:23Alors, il y a une réaction qui a beaucoup…
00:46:25qui a suscité une avalanche de réactions hier.
00:46:27L'éditorialiste France, Olivier Gisbert, qui a parlé de décision politique.
00:46:31Et puis, ce matin, vous écouterez l'ancien ministre Pierre Lelouch.
00:46:34D'autres sujets également, mais d'abord, il est 13h.
00:46:37Place au journal. Rebonjour, chère Somaya Labidi.
00:46:39– Bonjour Sonia, bonjour à tous.
00:46:41C'est l'une des principales informations de cette mi-journée.
00:46:44Malgré sa décision de faire appel, le narcotrafiquant Mohamed Amra
00:46:48va être remis à la France dans les toutes prochaines heures par la Roumanie.
00:46:52Et selon l'entourage de Gérald Darmanin,
00:46:54le garde des Sceaux a d'ores et déjà demandé son placement à l'isolement
00:46:58dans une prison de haute sécurité.
00:47:00On passe à présent aux dernières avancées de l'enquête
00:47:04sur l'attentat de Mulhouse.
00:47:06Les quatre gardes à vue, dont celle de l'assaillante,
00:47:08étaient prolongées de 48 heures.
00:47:10Brahim A, le principal suspect, est soupçonné d'avoir tué un homme
00:47:14à l'arme blanche et d'avoir grièvement blessé deux agents du stationnement
00:47:18et cinq policiers municipaux ce samedi.
00:47:21Et puis, direction l'Italie.
00:47:23Pour terminer, le pape François est toujours dans un état critique,
00:47:26mais s'est bien reposé durant la nuit.
00:47:28C'est ce qu'indique ce matin le Vatican.
00:47:31Depuis son hospitalisation le 14 février, pour une double pneumonia,
00:47:35les fidèles sont de plus en plus inquiets.
00:47:38Que vous disent-ils ? Place Saint-Pierre-à-Rome, Régine Delfour.
00:47:43Oui, bonjour Somaya.
00:47:44Eh bien, vous l'avez dit, les fidèles sont très inquiets,
00:47:48même si les nouvelles peuvent parfois être un petit peu plus rassurantes.
00:47:51Ce matin, le Vatican a dit que le pape s'était bien reposé toute la nuit.
00:47:55Hier, le Vatican soulignait qu'il y avait une amélioration
00:47:59dans son état de santé, qu'il était toujours sous oxygène,
00:48:02mais avec un débit réduit, que son insuffisance rénale
00:48:07n'était pas une sorte de préoccupation.
00:48:10Il y avait même des examens médicaux qui étaient meilleurs.
00:48:13Mais, Somaya, il faut quand même que vous sachiez que l'équipe médicale
00:48:17qui entoure le pape François préfère ne pas se prononcer pour le moment,
00:48:22ne pas émettre un diagnostic puisqu'il parle d'un tableau clinique très complexe.
00:48:26Donc, le pape reste toujours dans un état critique.
00:48:29Ici, les pèlerins, les fidèles, veulent y croire.
00:48:33Hier, il y avait une prière sur cette place Saint-Pierre,
00:48:36la prière du rosaire, qui a réuni énormément, des centaines de fidèles.
00:48:41Merci, Régine, pour toutes ces précisions.
00:48:43Merci également à Mathilde Ibenez qui vous accompagne.
00:48:46Voilà ce qu'on pouvait dire de l'actualité à 13h, Sonia.
00:48:49Merci, Somaya. Je vous disais tout à l'heure, pour le rappel des faits,
00:48:52nous sommes toujours avec Naïma M. Fadel, avec Philippe David, avec Georges Fenech,
00:48:57avec Nathan Devers et on accueille avec plaisir Sophie Auduger.
00:49:00Merci d'être là. Bonjour à vous, chère Sophie.
00:49:02Bonjour.
00:49:03Spécialiste des questions d'éducation.
00:49:05Et là, on va aller sur le sujet qui nous occupe et qui ne devrait pas seulement nous occuper,
00:49:11celui de la liberté d'expression.
00:49:13Vous savez qu'à l'approche de la fermeture de C8,
00:49:16les animateurs, les présentateurs et d'ailleurs tous les employés de la chaîne
00:49:19partagent avec les téléspectateurs, avec vous.
00:49:21De nombreuses vidéos pour dire leurs émotions à l'approche de cette échéance.
00:49:26Hier, l'éditorialiste François-Louis Gisbert dénonçait une décision politique.
00:49:31Vous le savez, le président Emmanuel Macron réfute la nature de cette décision.
00:49:36Et ce matin, Pierre Lelouch en a parlé également. Écoutons-le.
00:49:40Et là-dessus, Vins, il a mis le doigt sur quelque chose d'essentiel.
00:49:44C'est que cette structure, l'ARCOM, qui est l'héritière de quelque chose
00:49:48que François Mitterrand avait créé en 82, qui s'appelait la Haute Autorité,
00:49:52la CA, confie à un petit nombre de gens le droit de savoir
00:49:56ce qu'on a le droit de penser ou pas penser.
00:49:58Et si vous n'êtes pas d'accord, on vous met une amende et ensuite
00:50:01on confie au Conseil d'État, qui est le tribunal de l'État,
00:50:05le soin de vous interdire.
00:50:06Vous dites aussi que c'est le fauné du pouvoir ?
00:50:08Bien sûr. Le Conseil d'État est là pour protéger l'État contre le public.
00:50:13C'est à ça que ça sert. C'est Napoléon qui l'a créé pour ça.
00:50:16D'ailleurs, on a un système unique au monde puisque personne n'a deux juridictions.
00:50:21Nous, on a une juridiction spéciale pour protéger l'action de l'État.
00:50:25Et c'est ce qu'il fait. Il protège l'ARCOM, qui est lui-même composé
00:50:29de gens qui sont nommés par le pouvoir politique, dont le président,
00:50:33j'ai connu jadis au cabinet de Jacques Chirac, l'obscur fonctionnaire,
00:50:37qui se permet aujourd'hui de supprimer les chaînes de télé
00:50:40et de mettre 400 personnes au chômage. Mais c'est insensé.
00:50:43Si ça s'était produit en Hongrie, ou je ne sais où, ou en Russie,
00:50:47on aurait dit scandale, censure, on interdit les chaînes de télé.
00:50:52Vous voulez réagir à ça et faire aussi une comparaison avec ce que vous connaissez bien,
00:50:58puisque vous avez été déléguée générale de SOS Éducation.
00:51:01D'abord, que vous inspire cette situation, Sophie ?
00:51:04En fait, si vous voulez, moi je suis vraiment en compassion et en empathie totale
00:51:09avec les équipes de C8, parce que la petite équipe de SOS Éducation
00:51:13dont je faisais partie a vécu exactement la même chose.
00:51:16Très récemment, j'étais licenciée d'SOS Éducation fin décembre,
00:51:21j'étais la dernière salariée à être licenciée, puisque SOS Éducation
00:51:25était victime d'une mise à mort organisée, orchestrée,
00:51:29parce qu'elle défendait une vision de l'école, des valeurs de l'école
00:51:34qui n'étaient pas alignées sur ce qu'il est possible de dire aujourd'hui.
00:51:37Alors, le processus, c'est exactement le même, on n'est pas les seuls,
00:51:41il y a d'autres associations auxquelles c'est arrivé,
00:51:43et c'est très peu connu parce que les médias n'en parlent pas.
00:51:46Et je pense que c'est le moment d'en parler, le moment de dire qu'aujourd'hui
00:51:50il est possible en France de cibler une association qui présente des travaux sérieux,
00:51:55qui a un public qui la suit parce que justement ses travaux sont sérieux,
00:52:00et que sous prétexte qu'elle a été pionnière pour dénoncer la baisse du niveau
00:52:05des élèves et des professeurs, l'augmentation de la violence en milieu scolaire,
00:52:09l'infiltration des idéologies, et que cet ensemble-là a gangréné le système scolaire
00:52:13et l'école française pour la mettre au plus bas niveau où elle est aujourd'hui,
00:52:16que cette association pionnière a été attaquée.
00:52:19Et cette attaque a été orchestrée au départ par une tentative d'infiltration en 2019,
00:52:25par des personnalités politiques en lien avec des autres administrations.
00:52:29Ils ont tenté d'infiltrer l'association pour prendre le pouvoir
00:52:32dans une association qui était indépendante et la mettre proche de la position de l'État.
00:52:38Leur tentative a été avortée, ils n'ont pas réussi.
00:52:41Et la conséquence a été que l'une de ces personnalités est allée faire une dénonciation
00:52:46calomnieuse au président de la Cour des Comptes,
00:52:48président de la Cour des Comptes qui à l'époque est M. Migaud.
00:52:51Et il s'avère que cette personne qui a tenté d'infiltrer connaissait M. Migaud,
00:52:55puisqu'ils avaient été sur les blancs de l'Assemblée ensemble.
00:52:59Il va y avoir quelles conséquences ?
00:53:02L'association va se voir sous un contrôle de la Cour des Comptes,
00:53:09alors que c'est une association indépendante qui n'a jamais touché un euro d'argent public
00:53:14et qui, quand ils arrivent, a à peine 6 salariés et loue des bureaux à Paris.
00:53:20La Cour des Comptes va faire un contrôle d'une ampleur
00:53:24et d'un mécanisme de procédure de contrôle inédit.
00:53:28Moi, à ce moment-là, j'arrive.
00:53:30La période qui est contrôlée n'est pas celle où je suis déléguée générale.
00:53:33Donc je suis très tranquille.
00:53:35Et au contraire, cette analyse rigoureuse d'une instance aussi importante que la Cour des Comptes
00:53:40pour quelqu'un qui arrive en déléguée générale est très rassurante.
00:53:44C'est un tampon de sécurité, d'honnêteté.
00:53:46Sauf que, et je le redis, si je n'avais pas vécu personnellement ce contrôle,
00:53:53j'aurais du mal à croire la manière dont il s'est organisé.
00:53:57Et vous pensez qu'aujourd'hui, ça procède, pardonnez-moi, des mêmes méthodes
00:54:01pour une chaîne de télévision, pour une association en France ?
00:54:04Absolument. Alors, SOS Éducation a un contrôle de la Cour des Comptes.
00:54:07Un contrôle à charge.
00:54:09On explique, on argumente, on efface un mur.
00:54:12Il n'y a pas de dialogue possible.
00:54:14Ensuite, ils envoient l'administration fiscale, pas celle dont dépend l'association,
00:54:18une brigade dédiée de la Direction nationale des enquêtes fiscales, celle du grand banditisme.
00:54:22Ils ne ressortent rien.
00:54:24Et ils envoient la CNIL.
00:54:26Ces trois ans de contrôle, des milliers d'heures de réponses à des questions
00:54:31toutes plus loufoques les unes que les autres, pour arriver à un bilan qui fait
00:54:35qu'il n'y a rien de sérieux à reprocher à l'association.
00:54:38Qu'est-ce qu'on va faire donc pour continuer à la détruire,
00:54:42c'est-à-dire l'empêcher de continuer à exercer son activité ?
00:54:45Eh bien, on va avoir deux actions coordonnées, une amende exorbitante,
00:54:50exactement comme ces huit, dont les fondements juridiques peuvent être contestés,
00:54:55et c'est le cas, puisqu'on est devant les tribunaux pour la contester,
00:54:58et une interdiction d'émettre.
00:55:00Alors, pour ces huit, c'est une interdiction d'émettre sur la TNT,
00:55:03pour SOS Éducation, c'était une interdiction d'émettre des reçus fiscaux,
00:55:07parce qu'on a dit à SOS Éducation, vous n'avez pas une action dans le domaine éducatif.
00:55:12Pour ces huit, c'est un non-renouvellement de fréquences.
00:55:14Tout à fait, vous avez raison de le préciser, mais ça n'empêche qu'ils ne pourront plus émettre,
00:55:19et donc ils sont obligés de fermer.
00:55:21Et donc, face à ça, si vous voulez, vous essayez d'expliquer, d'argumenter,
00:55:26mais vous êtes face à un mur, et on vous dit, allez devant les tribunaux.
00:55:29Et les tribunaux, eh bien, c'est 10 ans.
00:55:31Donc, ça veut dire que vous contraignez, en tous les cas, ça a été le cas pour SOS Éducation,
00:55:35à licencier les salariés, de manière à laisser le temps à la justice de restaurer la vérité.
00:55:41Mais la vérité sera restaurée d'ici 5 ans, 10 ans, etc.
00:55:45Et par rapport à ça, évidemment, une amende importante, ça a un effet médiatique.
00:55:50C'est-à-dire que ça décrédibilise la structure, comme ça décrédibilise C8.
00:55:54Les gens se disent, oui, si quand même on fait une amende aussi importante,
00:55:57c'est qu'ils ont fait quelque chose qu'ils n'avaient pas le droit.
00:55:59Et là, les salariés, si vous voulez, ils sont victimes d'un processus en bonne et due forme de destruction massive,
00:56:08alors qu'ils ont fait leur travail.
00:56:11Ils l'ont bien fait parce qu'il y a beaucoup d'auditeurs.
00:56:14Les audiences le prouvent.
00:56:16Et en fait, ils sont au cœur d'une querelle, d'un combat, je dirais même d'un bras de fer,
00:56:22non pas entre Cyril Hanouna et l'État, mais entre Vincent Bolloré et l'État,
00:56:27par rapport à la place que Vincent Bolloré a prise dans l'espace médiatique.
00:56:30Et en fait, Vincent Bolloré a gardé ses news, mais il a perdu C8.
00:56:36Un partout balancentre. 400 salariés sur le carreau.
00:56:39400 salariés sur le carreau et 2 millions de téléspectateurs qui suivent leur divertissement préféré.
00:56:46Mais moi, j'ai souvent dit, et vraiment je le dis très honnêtement,
00:56:49si Mediapart avait une chaîne de télévision et si elle était menacée de fermeture après des sanctions,
00:56:55alors quand il y a des sanctions, il y a eu, il est vrai, des amendes,
00:57:00elles ont été payées, voilà.
00:57:03Si Mediapart avait eu le même processus pour d'autres raisons, moi j'aurais soutenu.
00:57:07Vraiment, j'aurais soutenu, je vous assure.
00:57:10Et je ne le dis pas pour me mettre en avant.
00:57:12Je trouve que c'est...
00:57:14Genre, pourquoi les gens ne se rendent pas compte que les censeurs d'aujourd'hui seront les censurés de demain ?
00:57:19Pourquoi ?
00:57:20Vous savez, Pierre Lelouch, que vous avez interviewé ce matin, a dit très clairement,
00:57:25l'ARCOM est là pour nous dire ce qu'on doit penser ou pas penser.
00:57:29En réalité, ce n'est pas ça.
00:57:30Sur le papier, que me pardonne, je comprends bien ce qu'il veut dire,
00:57:34sur le papier, c'est que l'ARCOM doit faire respecter un cahier des charges.
00:57:40Et dans le cahier des charges, il y a le pluralisme.
00:57:43Et le pluralisme, ça a été dit par l'ARCOM, souvenez-vous, politique,
00:57:48c'est à la minute près, ici, on respecte ces news.
00:57:51Alors, je ne sais pas comment ils ont fait leur calcul sur ces huit,
00:57:53mais je crois que ça ne posait pas non plus de problème.
00:57:55Voyez-vous ?
00:57:56Donc, ce que veut dire Pierre, et c'est là que je le rejoins,
00:57:59c'est qu'en arrière-pensée, il y a une volonté politique de faire arrêter.
00:58:05Et moi, j'attends, c'est jeudi, je crois que c'était l'année dernière,
00:58:09ça va être un traumatisme.
00:58:10On va assister à une exécution, je pèse mes mots,
00:58:14ça va être la peine de mort, on va le voir sous nos yeux.
00:58:16Moi, je me souviens de la 5, je ne sais pas si vous vous souvenez,
00:58:19de Berlusconi, qui a terminé en 92, et on voyait l'écran qui se tourna,
00:58:25ça s'est éteint.
00:58:27Et là, vous réalisez qu'on vous prive d'une liberté véritablement.
00:58:31Et je pense que les spectateurs, au moment où l'écran va s'éteindre,
00:58:35je ne sais pas comment ils ont prévu la soirée,
00:58:37mais ça va être d'une intensité, d'une émotion.
00:58:40Donc, on se souvient tous, Rima, Abdulmalak qui commençait déjà à dire
00:58:44attention, au moment du renouvellement, vous allez voir ce qui peut se passer.
00:58:48Ensuite, il y a eu Christophe Deloire pour RSF, Reporters sans frontières.
00:58:51Ensuite, il y a eu les commissions d'enquête à laquelle vous avez été vous-même invité, Sonia.
00:58:55On voyait bien comment c'était orienté, notamment les questions de député Saint-Aoul.
00:59:00C'était des commissaires politiques.
00:59:03Il y avait une ambiance autour de C8, autour de CNews aussi.
00:59:08Je pense qu'à l'époque, on s'inquiétait.
00:59:10Et je pense qu'il faut rester vigilant pour l'avenir.
00:59:13Mais on voit bien qu'il y a eu une volonté politique de faire disparaître C8.
00:59:16Mais ça ne date pas d'aujourd'hui. C8, c'est la victime d'aujourd'hui.
00:59:20Mais rappelons-nous quand même les implications du politique.
00:59:24Vous n'allez pas nous faire revenir à l'ORTF.
00:59:27À l'époque, on le savait et c'était même affiché.
00:59:31Mais là, quand même.
00:59:33Dans le discours de J.Livens, il y avait quand même des vérités.
00:59:35Rappelez-vous, et même pas sur les chaînes de télé, au moment de l'épidémie de Covid.
00:59:41Il y avait des opinions, vous les mettiez sur YouTube, etc.
00:59:45Vous étiez censurés immédiatement.
00:59:47Alors qu'il y avait des choses qui n'étaient pas fondamentalement ineptes
00:59:51et que le débat doit avoir lieu.
00:59:53Mais vous savez, pour voir l'implication du politique,
00:59:56vous le disiez, l'art comme son ancêtre, c'était la haute autorité de l'audiovisuel.
00:59:59Créée sous François Mitterrand.
01:00:01Avec Michel Cotta comme président.
01:00:03Absolument. Pour conclure, je vous citerai Jean Hédernalier.
01:00:05Je salue.
01:00:06Je salue.
01:00:07Je citerai Jean Hédernalier.
01:00:08Ce grand écrivain persécuté à coups de contrôle fiscaux,
01:00:11comme nos amis de SOS Éducation, sous François Mitterrand.
01:00:14Il avait écrit un livre fabuleux, où il y avait des barres partout,
01:00:17parce qu'il censurait, censurait, censurait.
01:00:19Ce livre s'appelait L'honneur perdu de François Mitterrand.
01:00:22Et il avait fait une citation fabuleuse aux USA.
01:00:25Ce livre aurait fait sauter le président en France.
01:00:28C'est la maison d'édition qui a sauté.
01:00:30Les gens qui ont pris la décision de faire fermer ces vitres,
01:00:35moi je ne suis pas dans leur tête,
01:00:37mais ils ont eu deux réflexes qui sont extrêmement graves.
01:00:40Le premier réflexe, c'est celui que vous avez dit, vous parliez de Mediapart,
01:00:43mais c'est d'estimer que quand il y a un média, ou des gens,
01:00:49ou une association, dont les idées nous paraissent dangereuses,
01:00:54où on est en complète opposition avec ces idées,
01:00:57eh bien qu'on va faire couper le sifflet de l'adversaire.
01:01:00Et ça, en effet, quand on est démocrate, ce n'est pas possible.
01:01:03Et ce que vous avez dit sur Mediapart,
01:01:06même ce que je disais tout à l'heure, je ne compare pas,
01:01:09mais quand on parlait de Rima Hassan, et que je disais,
01:01:11quand on est démocrate, qu'il y a un sujet, quelque part,
01:01:14on débat, j'ai débattu avec Mediapart il n'y a pas longtemps,
01:01:17j'ai débattu avec Mediapart sur France Culture.
01:01:20Mais tout à fait, et fort heureusement, et ça devrait être la normalité.
01:01:24Le deuxième sujet, et à mon avis, c'est le deuxième réflexe,
01:01:27qui est aussi grave, voire plus, c'est d'estimer que quand il y a un problème,
01:01:30dans un pays, dans une société, on casse le thermomètre, et c'est réglé.
01:01:33Si un médecin faisait ça, tout le monde décèderait en cinq minutes.
01:01:37Nos sociétés sont aujourd'hui plus divisées que jamais sur le plan des idées.
01:01:42Il y a des Frances qui ne se parlent plus, qui ne s'écoutent plus,
01:01:44qui sont dans des bulles, qui ne peuvent parfois pas se supporter.
01:01:48On l'a vu à l'Assemblée Nationale, on le voit tous les jours en ouvrant
01:01:52ses réseaux sociaux.
01:01:54Aux États-Unis, ça va encore plus loin, puisque le taux de mariage
01:01:58entre démocrate et républicain a été divisé, je crois, par trois ou par quatre.
01:02:01C'est très intéressant, parce que ça montre que les gens ne veulent plus
01:02:03vivre dans la même société. Face à ça, la solution consistant à dire
01:02:07qu'il y a toute une partie de la France populaire qui est intéressée
01:02:11par certains sujets, etc. On leur dit, allez vous faire voir,
01:02:15on vous coupe votre truc, et on ne veut plus entendre parler avec vous.
01:02:18C'est catastrophique.
01:02:20– Vous avez tellement raison, et Nathan, c'est exactement parce que
01:02:22G. Davens, pourquoi il y a une surréaction des politiques françaises ?
01:02:27Ils ne le connaissent pas. Par hasard, il y a une quinzaine d'années,
01:02:31j'avais lu son livre qui a été traduit en France, qui est exceptionnel,
01:02:35qui raconte, c'était l'histoire d'une certaine Amérique, des petits Blancs
01:02:39écrasés, dépossédés économiquement, politiquement, culturellement,
01:02:42médiatiquement, quelque part. Aujourd'hui, c'est une forme de dépossession,
01:02:45moi je trouve, que de fermer une chaîne, et qu'il n'avait pas droit au chapitre.
01:02:49Et il raconte qu'en petit à petit, à force, il venait d'une famille très pauvre,
01:02:53en passant par l'armée, il était arrivé, et aujourd'hui, il est vice.
01:02:57– Il était démocrate au début.
01:02:59– Il a eu quelques contorsions avant d'arriver, mais il s'est trouvé, au final.
01:03:03– C'est-à-dire que c'est aussi le mépris des classes, c'est-à-dire que vous avez
01:03:07ceux d'en haut, qui se disent, voilà ce que la France d'en bas doit regarder,
01:03:13et ce qu'elle ne doit pas regarder. Effectivement, C8, c'était un espace
01:03:17où les sans-voix pouvaient venir, alors on peut reprocher la manière, etc.
01:03:23Mais en tout cas, c'était un vrai espace d'expression.
01:03:26– Quand on les appelle les sans-dents, il ne faut pas s'étonner du mépris.
01:03:30– Dix-huit, madame Valérie Tremblay, je ne sais pas si vraiment ça a été…
01:03:34– François Hollande, la France d'en bas, c'était Raffarin qui en parlait,
01:03:39et puis M. Griveaux qui disait, oui…
01:03:42– C'était le film des clopes et qui est Roland Giesel.
01:03:44– Voilà, exactement, donc il y a vraiment un mépris des classes,
01:03:47et un mépris du réel, cette France d'en bas, on est vraiment dans une fracture sociale.
01:03:53– Je voulais vous dire, je voulais vous dire…
01:03:55– Mais laissez-moi terminer, les garçons, j'ai pas compris ce qu'il a parlé.
01:03:57– Non, vous êtes long, vous êtes long, mais c'est pas grave, allez-y.
01:03:59– C'est la liberté d'expression.
01:04:02– Non, je voulais simplement dire, parce que le temps passe,
01:04:04je voulais simplement dire que moi, j'étais un téléspectateur assez assidu de TPMP,
01:04:08vous voyez, ça va peut-être surprendre, mais j'aimais beaucoup ces débats,
01:04:12des vrais débats de société aussi, et que j'étais sur le plateau de Cyril Lola
01:04:16lorsqu'il y a eu l'incident, enfin, vous parlez, sur l'affaire Lola,
01:04:20qui a été l'un des arguments d'ailleurs pour la Com' de retirer l'Afrique.
01:04:25Eh bien, lorsque j'ai entendu Cyril Lola, qui était juste à côté,
01:04:29en train de présenter l'émission, dire en gros, il n'y a pas besoin de procès,
01:04:33pas besoin d'expertise, on sait ce qu'elle a fait,
01:04:35il faut tout de suite la condamner à perpétuité.
01:04:38Eh bien, j'ai dit, attendez M. Adnan, ça ne se passe pas comme ça.
01:04:41– C'est la liberté d'expression.
01:04:42– Je lui ai répondu, et je n'ai pas été choqué, pourquoi je n'ai pas été choqué ?
01:04:46Parce qu'en fait, ce que disait Cyril Hanouna,
01:04:48c'est ce que pensent beaucoup de Français, voyez-vous,
01:04:50et que donc il s'est fait un petit peu le…
01:04:52– Mais, mais, mais, attendez, vous avez été…
01:04:54– C'est la liberté d'expression.
01:04:55– Non, non, attendez, la liberté d'expression avec une modération.
01:04:58– Oui, mais il y a eu une modération.
01:04:59– C'est très important.
01:05:00– Dans notre pays, il y a aussi une justice.
01:05:01– Je l'ai fait, ensuite il y a eu l'intervention de Dupond-Moretti,
01:05:04qui s'est vraiment poussé les cris d'orfraie.
01:05:06Mais non, il faut les écouter, il faut leur répondre.
01:05:09– Allez-y, allez-y.
01:05:10– C'est très important ce que dit Georges.
01:05:11Moi, j'aimerais citer deux autres personnes qui ont eu, à mon avis,
01:05:14le bon comportement face à Cyril Hanouna.
01:05:17Quand Marlène Schiappa était ministre,
01:05:19à un moment, il y avait eu, je ne sais plus, un certain nombre de séquences,
01:05:22elle avait dit, là, il y a un sujet.
01:05:23Elle a convoqué, je crois, Cyril Hanouna au ministère,
01:05:26je crois qu'elle a déjeuné avec lui, ou en tout cas, ils ont fait un rendez-vous,
01:05:29se sont expliqués l'un et l'autre, ils se sont entendus, ils se sont parlés.
01:05:32Et on se souvient tous que l'un et l'autre étaient sortis différents de ce rendez-vous.
01:05:36Ils avaient même fait une émission ensemble.
01:05:37Je vais donner un deuxième exemple.
01:05:39On pourrait vous citer ce que vous avez fait.
01:05:40Mais quand Thomas Guénolé, récemment…
01:05:42– D'accord, mais on n'a pas à être convoqué par un ministre.
01:05:44Moi, un ministre me convoque, je lui dis qu'il déjeune tout seul.
01:05:48– Elle lui avait donné rendez-vous, mais on se souvient qu'à la fin,
01:05:50ils avaient même présenté une émission ensemble.
01:05:52C'est ça être démocrate.
01:05:53Ça veut dire, quand vous estimez que quelqu'un a un problème,
01:05:56vous le convoquez, vous l'invitez, vous discutez avec lui.
01:05:59– On va parler de ce qui se passe aussi à Washington, aux États-Unis.
01:06:02On va marquer une pause.
01:06:03Je voulais quand même…
01:06:04Si, on va quand même en parler, il nous reste une minute,
01:06:06parce que je voudrais évoquer ce sujet avec vous.
01:06:08Pardon Sophie, on va le faire assez rapidement.
01:06:10D'abord, ce qui s'est passé dans le Vaucluse.
01:06:12Hier matin, vers 10h30, un lycéen de 17 ans a poignardé un autre lycéen
01:06:16du même âge, juste devant l'entrée du lycée professionnel de Sorgue.
01:06:20La victime a couru dans l'établissement.
01:06:22Il a été pris en charge rapidement, et ces jours,
01:06:24fort heureusement, ne sont pas en danger.
01:06:26L'agresseur a été présumé être interpellé une heure après,
01:06:29à quelques kilomètres de là.
01:06:30Il était en garde à vue.
01:06:31Un différent aurait opposé ces deux jeunes, mais j'allais dire, peu importe.
01:06:35Là, c'est une attaque au couteau.
01:06:37Et ça s'est passé pendant la pause de 10h30.
01:06:40Ça intervient au moment où, vous le savez, la ministre de l'Éducation
01:06:42a lancé une sorte de plan couteau pour les lycées.
01:06:46On a envie de vous entendre, spécialiste des questions scolaires, éducatives,
01:06:49sur ce sujet, Sophie.
01:06:51Écoutez, moi, je trouve que ce qui se passe actuellement,
01:06:54c'est-à-dire la manière dont la politique éducative en France
01:06:59s'organise en fonction de l'actualité, sans avoir un vrai projet,
01:07:05une vraie direction, est effrayante.
01:07:07C'est-à-dire que l'école, depuis tout temps, depuis Jean Zay,
01:07:10que tout le monde cite souvent à tort et à travers,
01:07:13on nous dit que l'école doit être un sanctuaire
01:07:15où les querelles des hommes n'entrent pas.
01:07:17Je veux dire, à partir du moment où on va fouiller les élèves
01:07:19pour voir s'il y a un couteau, c'est-à-dire qu'on fait rentrer
01:07:21la violence dans l'école et on acte le fait qu'on ne peut pas faire
01:07:23contre la violence.
01:07:25Et moi, je trouve ça excessivement grave.
01:07:27Et une fois encore, si vous voulez, les mesures qui devraient être prises,
01:07:30c'est-à-dire ce qu'explique Maurice Berger,
01:07:34qu'on reprend depuis très longtemps maintenant,
01:07:36c'est-à-dire que la violence est un continuum
01:07:38qui démarre dès la maternelle.
01:07:40Qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça ?
01:07:42On a dit qu'il faut responsabiliser les familles très tôt.
01:07:46Qu'est-ce qu'on fait ?
01:07:47Je veux dire, aujourd'hui, on ne fait rien
01:07:49pour éviter que la violence s'installe chez des enfants
01:07:53alors qu'on les a déjà identifiés violents
01:07:55dès la maternelle, à la primaire, etc.
01:07:58Il est évident qu'on n'a pas un couteau dans son sac,
01:08:01sans raison, avec un profil de bons élèves,
01:08:04on va me le raconter,
01:08:05et qu'on ne va pas utiliser, comme l'a dit Maurice Berger,
01:08:08vous avez un couteau dans votre sac,
01:08:09vous devez être emprisonné dans la seconde,
01:08:11parce que si vous avez un couteau dans votre sac,
01:08:12c'est qu'à un moment ou un autre, psychiquement,
01:08:14vous êtes prêts à vous en servir.
01:08:16Et donc, à ce titre-là, qu'est-ce que font les jeunes ?
01:08:19Et Maurice Berger vous l'a dit sur votre plateau,
01:08:21je veux dire, ils n'ont pas peur
01:08:23parce qu'ils savent qu'ils peuvent le faire en toute impunité.
01:08:25Il n'y aura pas de conséquences,
01:08:26il n'y aura pas de conséquences immédiates,
01:08:28et il n'y aura pas de conséquences après.
01:08:29Je veux dire, est-ce que les parents sont convoqués ?
01:08:31Est-ce que les aides sont interrompues ?
01:08:33Est-ce que les logements sociaux, c'est terminé ?
01:08:34Je veux dire, ne serait-ce que si vous aviez cette peur-là.
01:08:37Et ce que dit Maurice aussi,
01:08:39la seule chose qui fonctionne à ce moment-là,
01:08:41pour ces jeunes-là,
01:08:42c'est la peur qu'il arrive quelque chose à leur mère.
01:08:45Voilà, c'est ça l'enjeu.
01:08:46Alors, socialement, ça ne fait pas plaisir d'en arriver là,
01:08:49mais malheureusement, toutes les semaines,
01:08:53mais voilà, mais toutes les semaines,
01:08:54aujourd'hui, on en est là.
01:08:55Et on apporte assistance, non seulement à l'agresseur,
01:08:59mais aussi à celui qui risque d'agresser,
01:09:02et on rend service aux familles.
01:09:03Mais je ne comprends pas pourquoi il y a autant...
01:09:06Il y a un tabou là-dessus.
01:09:07Oui, il y a un tabou là-dessus.
01:09:08Alors qu'au contraire, on arrête cette...
01:09:11Non, ce n'est pas un tabou, c'est très clair.
01:09:13C'est la culture de l'excuse, c'est redonner une chance,
01:09:15c'est de ne pas vouloir finir...
01:09:16Le tabou de ne pas toucher aux aides, etc.
01:09:18Evidemment, on est bien raisons, c'est un tabou.
01:09:20Dans ce palaissonnier, on accepte de sacrifier des innocents.
01:09:23Mais non.
01:09:24Mais si, puisqu'on a des morts aujourd'hui.
01:09:26Non, mais je dis non, on ne doit pas.
01:09:28Non, c'est la responsabilité.
01:09:30Il est vrai que sur cette délinquance-là et les affaires...
01:09:34Tout à l'heure, j'avais pris juste quelques prénoms
01:09:36pour voir depuis quelques mois.
01:09:38Véritablement, c'est...
01:09:40On ne peut même pas les citer,
01:09:41parce que c'est une quinzaine de prénoms,
01:09:44de jeunes, de 17 ans, de 16 ans.
01:09:46Vous avez raison pour la population, une jeunesse...
01:09:49J'aimerais marquer une pause, s'il vous plaît.
01:09:50Vraiment, je voudrais qu'on parle des Etats-Unis,
01:09:52du voyage d'Emmanuel Macron.
01:09:53Très important.
01:09:54C'est une phrase qu'a dit Pierre Lelouch ce matin,
01:09:56qui a beaucoup fait réagir.
01:09:57Vous nous direz si vous êtes sur la même longueur d'onde.
01:09:59A tout de suite.
01:10:04La suite de Midi News, direction Washington,
01:10:06pour savoir ce qui ressortira de la rencontre
01:10:08entre Emmanuel Macron et Donald Trump.
01:10:10Finalement, qui, j'allais dire, qui a cédé
01:10:13ou qui s'est rapproché des positions de l'autre.
01:10:15Factuellement, quand on voit les choses,
01:10:17et non pas pour tomber à bras raccourcis
01:10:19sur le président français,
01:10:21mais il faut bien dire que ce sont les positions
01:10:23du président américain qui sont confortées.
01:10:25On va en parler après le rappel des titres
01:10:27de Sommeil à la Bide.
01:10:28C'est l'une des principales informations
01:10:30de cette mi-journée, malgré sa décision
01:10:32de faire appel.
01:10:33Le narcotrafiquant Mohamed Hamra
01:10:35va être remis à la France dans les prochaines heures
01:10:37par la Roumanie.
01:10:38Et selon l'entourage de Gérald Darmanin,
01:10:40le garde des Sceaux a d'ores et déjà demandé
01:10:42son placement à l'isolement
01:10:44dans une prison de haute sécurité.
01:10:46Deux personnes majeures interpellées
01:10:48et placées en garde à vue
01:10:50après le jet d'engin explosifière
01:10:52contre le consulat général de Russie
01:10:54à Marseille.
01:10:55Un acte qui avait été aussitôt qualifié
01:10:57d'attaque terroriste par Moscou
01:10:59au jour du troisième anniversaire du début
01:11:01du conflit en Ukraine.
01:11:03Et puis malgré les divergences
01:11:05avec Donald Trump, Emmanuel Macron s'est dit,
01:11:07je cite, convaincu qu'il y avait un chemin
01:11:09pour mettre fin à la guerre en Ukraine.
01:11:11Toutefois, le président tempère
01:11:13un accord de paix avec des garanties de sécurité,
01:11:15oui, mais pas une capitulation
01:11:17de Kiev.
01:11:19Nous allons en parler, Somaya, parce que
01:11:21ce qui est incroyable, c'est que
01:11:23ce voyage, cette rencontre
01:11:25a été appréhendée vraiment parfois
01:11:27de manière très contradictoire.
01:11:29Il y a ceux qui ont salué d'abord l'initiative
01:11:31d'Emmanuel Macron en représentant du vieux continent
01:11:33et ceux qui ont vu une énième
01:11:35agitation, gesticulation
01:11:37du président français.
01:11:39Je crois que la question qui nous importe,
01:11:41c'est en monnaie sonnante et trébuchante,
01:11:43en action concrète, qu'est-ce qu'on a obtenu
01:11:45et qu'a dit le président américain
01:11:47force est de constater
01:11:49qu'à la fin, les gagnants,
01:11:51parce que n'oublions pas qu'il y a,
01:11:53selon les chiffres,
01:11:55un million de morts,
01:11:57les gagnants seraient
01:11:59les Américains d'un point de vue militaire,
01:12:01politique, énergétique, économique.
01:12:03C'est ce qu'a dit Pierre Lelouch. Écoutons-le ce matin.
01:12:07Dans cette histoire, le paradoxe
01:12:09c'est que les Américains sont les grands gagnants.
01:12:11Sur quel plan,
01:12:13dites-nous, Pierre Lelouch ?
01:12:15Ils ont vendu des dizaines de milliards
01:12:17de dollars d'armes.
01:12:19Ils ont remplacé le gaz russe qu'on n'achète plus
01:12:21et vendu gaz liquéfié américain
01:12:23quatre fois plus cher.
01:12:25Ils ont saigné l'armée russe
01:12:27sans perdre un seul soldat
01:12:29en laissant la note du boucher
01:12:31aux Ukrainiens, parce que c'est eux
01:12:33qui ont payé le prix du sang, pas les Américains.
01:12:35Et là, ils montrent
01:12:37qu'ils dominent complètement le jeu,
01:12:39puisque tout le monde est obligé d'agir.
01:12:41Ils sont les faiseurs de paix aujourd'hui.
01:12:43Sur le plan américain, c'est un sans faute.
01:12:45Merci beaucoup d'accueillir Harold Eman, spécialiste
01:12:47des questions internationales, avec nous.
01:12:49Au-delà de savoir si Emmanuel Macron
01:12:51a marqué des points ou pas,
01:12:53il y a eu quand même
01:12:55peu de médias en ont parlé.
01:12:57Hier, il y a eu un vote
01:12:59aux Nations Unies, assez important,
01:13:01où sur le retrait
01:13:03des troupes russes en Ukraine,
01:13:05les Américains ont voté
01:13:07comme les Russes, comme d'autres
01:13:09pays, c'est-à-dire que
01:13:11pour l'instant, en tous les cas, c'est porte ouverte
01:13:13ce que dit Vladimir Poutine.
01:13:17Vous n'êtes pas d'accord ?
01:13:19Le vote a été tel quel.
01:13:21Oui, mais c'était...
01:13:23Les Américains
01:13:25ont convenu avec la Russie
01:13:27sur ce texte.
01:13:29C'est-à-dire qu'il y avait un texte
01:13:31européen avant, qui était
01:13:33trop
01:13:35menaçant pour la Russie,
01:13:37et donc, il a capoté.
01:13:39Et les États-Unis et la Russie
01:13:41ont joué ensemble un texte
01:13:43sur lequel les Européens
01:13:45ont mis des amendements.
01:13:47Les amendements ont été retoqués
01:13:49et le texte est passé.
01:13:51C'est de la cuisine onusienne.
01:13:53Et c'est une indigestion
01:13:55ukrainienne, à la fin.
01:13:57Ils sont au-delà de l'indigestion, je pense.
01:13:59Et européenne.
01:14:01Cependant, sur le tableau plus large,
01:14:03ce qui se passe,
01:14:05c'est que depuis qu'il est arrivé
01:14:07à la Maison Blanche, et même avant,
01:14:09Donald Trump parle
01:14:11à Vladimir Poutine.
01:14:13Il l'a dit là où ils étaient assis
01:14:15pour le briefing, enfin les commentaires
01:14:17liminaires aux photographes,
01:14:19qui s'est transformé en une espèce
01:14:21de levée de rideau
01:14:23vraiment
01:14:25inhabituellement détaillée.
01:14:27Ensuite, deux heures plus tard, ils sont revenus,
01:14:29ils ont encore détaillé.
01:14:31Et on a compris qu'il lui
01:14:33parlait depuis longtemps et qu'il avait déjà posé
01:14:35des tas de questions à Vladimir Poutine,
01:14:37par exemple,
01:14:39accepteriez-vous une force d'interposition
01:14:41européenne ?
01:14:43Et Vladimir est d'accord.
01:14:45Là, vous dites un point essentiel.
01:14:47Expliquons à nos téléspectateurs, qu'est-ce qu'une force d'interposition ?
01:14:49En fait, c'est une force de garantie
01:14:51qui viendrait après l'accord de paix
01:14:53et qui serait là pour sécuriser un pays
01:14:55à terre politiquement,
01:14:57à terre économiquement,
01:14:59et où toutes les armes de guerre circulent.
01:15:01Voilà ce que nos soldats vont faire.
01:15:03Oui,
01:15:05mais encore,
01:15:07la présence de Français,
01:15:09Britanniques et autres,
01:15:11probablement Polonais
01:15:13et peut-être Australiens,
01:15:15serait là,
01:15:17dans le plus pur style
01:15:19onusien,
01:15:21pour s'offrir
01:15:23à l'armée adverse
01:15:25qui n'oserait pas
01:15:27tirer dessus.
01:15:29Mais, bon...
01:15:31Mais c'est une décision qui n'est pas anonyme.
01:15:33On dirait qu'on a arraché un scalpe,
01:15:35mais on va mettre quand même
01:15:37des soldats à nous,
01:15:39sur une terre dévastée,
01:15:41avec toujours un risque de reprise du conflit.
01:15:43Sauf que,
01:15:45si on va vers une trêve,
01:15:47puis on va vers la constitution
01:15:49de cette force,
01:15:51la délimitation des frontières,
01:15:53ça aboutira à un traité.
01:15:55Un traité, c'est le plus haut niveau
01:15:57de documents
01:15:59qui existe,
01:16:01c'est le président,
01:16:03c'est Emmanuel Macron,
01:16:05qui l'a prononcé,
01:16:07sur Fox News.
01:16:09Est-ce que je peux me permettre de rappeler
01:16:11ce que les Européens disent depuis
01:16:13trois ans ?
01:16:15Il y a une phrase qui a été répétée matin, midi
01:16:17et soir, et martelée comme un mantra.
01:16:19Laquelle ?
01:16:21La Russie ne va pas gagner.
01:16:23Oui, mais on définit
01:16:25la victoire.
01:16:27Pendant trois ans, vous avez dit à toutes
01:16:29les opinions publiques, avec
01:16:31une avalanche de milliards.
01:16:33Et d'ailleurs, on peut reconnaître à monsieur Zelensky,
01:16:35il a rétabli les choses,
01:16:37par rapport aux milliards qui lui ont été donnés.
01:16:39On avait dit 500 milliards. Non, il a dit
01:16:41c'est 112 ou 110 milliards.
01:16:43Voilà ce que j'ai eu de la part des Etats-Unis
01:16:45et monsieur Donald Trump, mais pas plus.
01:16:47Mais pendant des mois et des années,
01:16:49on nous a dit que la Russie
01:16:51ne peut pas gagner.
01:16:53Qu'est-ce qu'il y a en train de se passer ?
01:16:55N'oubliez pas qu'il y a le contraire.
01:16:57Elle ne peut pas gagner.
01:16:59Mais c'est encore plus grand.
01:17:01Parce qu'elle a la capacité militaire
01:17:03s'il poussait plus loin.
01:17:05Toute l'approche
01:17:07de Vladimir Poutine,
01:17:09c'était basé sur une erreur
01:17:11d'appréciation. Il pensait
01:17:13qu'il était dans l'Ukraine d'il y a 10 ans.
01:17:15Il y a 10 ans, il aurait encore eu des fans.
01:17:17Maintenant, le parti
01:17:19pro-russe lui-même s'est scindé en deux
01:17:21et la majorité a rallié
01:17:23le gouvernement légal
01:17:25ukrainien. Il n'a plus beaucoup
01:17:27de fans. Dans l'est
01:17:29de l'Ukraine, il a peut-être
01:17:3110 ou 15 % de la population.
01:17:33J'aimerais que vous me disiez
01:17:35ce que vous en pensez. Pierre Lelouch, ce matin,
01:17:37j'ai relu son livre. C'est vrai
01:17:39qu'il y a une approche historique.
01:17:41C'est des pays
01:17:43où il faut comprendre la relation avec la Russie
01:17:45pour pouvoir en parler après.
01:17:47Il dit que la guerre aurait pu être
01:17:49évitée.
01:17:51Je vous laisserai juger.
01:17:53Écoutez ce qu'il dit quand même
01:17:55sur ce qui n'a pas été dit aux opinions publiques
01:17:57et maintenant le rôle
01:17:59qui nous incombe à nous. Écoutons-le.
01:18:01Il y a les apparences
01:18:03et il y a la réalité. Les apparences
01:18:05pour Emmanuel Macron sont très favorables.
01:18:07Il est dans une situation intérieure
01:18:09en France qui est calamiteuse.
01:18:11Sécurité, la dette, le gouvernement
01:18:13faible, etc.
01:18:15Il sait rebondir sur son
01:18:17domaine réservé. Il a montré hier
01:18:19une réunion très propre
01:18:21où il était
01:18:23en forme.
01:18:25En plus, il s'est présenté comme le
01:18:27porte-parole, voire le leader des Européens.
01:18:29Au niveau des apparences,
01:18:31il a fait carton plein.
01:18:33Après, il y a la réalité.
01:18:35La réalité est beaucoup plus complexe
01:18:37parce qu'il n'a fait
01:18:39qu'acquiescer
01:18:41ce que les Américains sont en train
01:18:43d'imposer. Les méchants diront
01:18:45que c'est de la génuflexion.
01:18:47Il ne fait que ratifier
01:18:49ce que Trump a décidé.
01:18:51Est-ce le cas selon vous, Georges ?
01:18:53Je crois qu'au fond, on est en train
01:18:55d'assister sous nos yeux
01:18:57à la fin
01:18:59de toutes les grandes instances
01:19:01internationales.
01:19:03L'ONU, l'OTAN,
01:19:05dont on disait que c'était déjà une mort cérébrale.
01:19:07L'OTAN, l'Union Européenne. Pour moi,
01:19:09l'Union Européenne est en train de se désagréger.
01:19:11Au passage,
01:19:13la Cour pénale internationale
01:19:15a lancé un mandat d'arrêt contre Poutine.
01:19:17Qui en parle encore ?
01:19:19Le crédit de cette institution judiciaire
01:19:21internationale.
01:19:23On est en train d'assister à un nouveau Yalta.
01:19:25Vous avez quelques-uns,
01:19:27Trump, Poutine
01:19:29et le Chinois qui sont en train
01:19:31de se répartir le monde.
01:19:33En plus de tout ça,
01:19:35vous avez des charognards qui viennent piquer
01:19:37les terres rares à l'Ukraine.
01:19:39Tout cela va dans une entente joviale
01:19:41hier avec M. Macron
01:19:43où on ne connaît pas,
01:19:45vous le connaissez, peut-être Harold,
01:19:47qui est un grand spécialiste, mais quelle est la tenue
01:19:49de cet accord ? Le don basse va être restitué
01:19:51à l'Ukraine ? On va délimiter.
01:19:53Mais ça va être problématique.
01:19:55On ne connaît pas le don basse encore.
01:19:57Donc voilà, on est en train d'assister
01:19:59à un bouleversement mondial
01:20:01sous le poids de la force
01:20:03qu'impose Trump aujourd'hui.
01:20:05Mais 80 ans après Yalta,
01:20:07je crois que c'est du 4 au 11 février
01:20:091945, donc on est en février 2025.
01:20:11A l'époque, c'était
01:20:13les soviétiques et les américains
01:20:15qui s'étaient partagé le monde. Churchill était là
01:20:17parce que le Royaume-Uni
01:20:19faisait partie du clan des vainqueurs, mais les vrais décisionnaires,
01:20:21c'était Roosevelt qui était très malade
01:20:23et Staline. Aujourd'hui, c'est la même chose.
01:20:25A une différence très...
01:20:27Est-ce qu'un Yalta, c'est un Munich ?
01:20:29Est-ce qu'aujourd'hui, on a des chambiolons et des
01:20:31Daladiers assis et qui sont en train
01:20:33de, comme la Tchélov...
01:20:35faire de l'Ukraine
01:20:37démembrée ? Écoutez les propos.
01:20:39Il y a quelques jours d'Emmanuel Macron, qui était
01:20:41un social qui disait qu'il ne... Je vais dire
01:20:43à Donald Trump, on peut...
01:20:45Toi, tu ne peux pas être faible face à Coutine,
01:20:47etc. sur TikTok. Et vous avez vu hier ?
01:20:49Qui était le patron ?
01:20:51Who is the boss ?
01:20:53Je pense que Donald Trump...
01:20:55Pardonnez-moi, mais le patron, c'est toujours le patron de la puissance mondiale.
01:20:57Mais bien sûr, mais c'est bien cela
01:20:59où on est. C'est là, pour revenir sur ce que disait
01:21:01Georges avec beaucoup de justesse.
01:21:03Depuis des années, notamment, depuis
01:21:05la chute du mur de Berlin, on pensait que c'était
01:21:07dès lors qu'on faisait du commerce avec les gens,
01:21:09que tout le monde était beau, tout le monde était gentil,
01:21:11on vivait bien ensemble, etc.
01:21:13Les rapports internationaux, ce ne sont que des rapports de force.
01:21:15C'est-à-dire qu'on va mettre nos hommes,
01:21:17enfin, une partie
01:21:19de notre armée, et que ce sont les
01:21:21Etats-Unis qui vont récupérer les minerais,
01:21:23que c'est Poutine qui prendra
01:21:25une partie, on va voir la délimitation,
01:21:27mais qu'est-ce qu'on a à part
01:21:29la défaite ? Je ne dirais pas le déshonneur, mais la défaite
01:21:31et les complications.
01:21:33Pour l'instant, les deux. Si on se remet
01:21:35dans la perspective, alors pas depuis Yalta,
01:21:37mais en tout cas depuis que Poutine est au pouvoir
01:21:39en Russie.
01:21:41Il a testé,
01:21:43terrain de guerre après terrain de guerre,
01:21:45sujet de crise après sujet de crise,
01:21:47il a testé toutes les limites de l'Occident,
01:21:49le postulat de sa pensée politique,
01:21:51et il a une pensée politique, en tout cas,
01:21:53il a des idéologues autour de lui, Dougie n'en fait partie,
01:21:55qu'il faut lire. Il y a une revue en France
01:21:57qui s'appelle Le Grand Continent, qui publie les textes
01:21:59de ces idéologues, qu'il faut vraiment
01:22:01prendre au sérieux, parce qu'ils expliquent pourquoi ils trouvent
01:22:03notre civilisation décadente, ceux qui veulent détruire
01:22:05notre civilisation. Ils le disent très clairement.
01:22:07Ils ont testé... Qui s'auto-détruit parfois
01:22:09d'elle-même. Ils comptent aussi souvent
01:22:11là-dessus, malheureusement. Ils travaillent là-dessus.
01:22:13Le postulat de Poutine, c'est de penser
01:22:15que l'Occident et l'Europe sont
01:22:17faibles, et que donc à partir de là, il peut les faire
01:22:19plier sur tous les sujets.
01:22:21En Syrie, il a gagné,
01:22:23il a eu gain de cause, parce qu'Obama, on s'en souvient,
01:22:25avait reculé. Mais là, je pense que
01:22:27Poutine ne pouvait pas imaginer
01:22:29que le président américain,
01:22:31vous parliez de Munich, plus loin que
01:22:33Munich, puisqu'il a fait une déclaration où il a
01:22:35dit que le dictateur dans l'histoire,
01:22:37c'était Zelensky, que celui qui avait
01:22:39agressé l'autre dans l'histoire, c'était l'Ukraine qui avait agressé
01:22:41la Russie, et donc c'est une situation
01:22:43d'inversion totale du réel.
01:22:45Oui, mais qui va venir aux Etats-Unis ?
01:22:47Avec qui va parler Donald Trump ?
01:22:49Monsieur Zelensky ?
01:22:51Qui d'ailleurs, lui, intelligemment, qu'est-ce qu'il répond
01:22:53quand il lui dit dictateur ? Il répond
01:22:55non, mais voilà, moi j'ai été élue, je ne suis pas un
01:22:57dictateur. Quelqu'un de moins
01:22:59intelligent.
01:23:01Je trouve d'ailleurs le courage de dire non, en effet, à la proposition
01:23:03de Trump. Mais face à cela,
01:23:05que peut faire la France ? D'autres que ce qu'a fait
01:23:07Emmanuel Macron. Et je trouve qu'il y avait quelque chose
01:23:09d'assez fort, d'ailleurs on n'a pas parlé de cette séquence,
01:23:11mais quand Emmanuel Macron a fact-checké Donald Trump,
01:23:13ils étaient assis l'un à côté de l'autre dans le bureau ovale,
01:23:15Donald Trump a menti
01:23:17sur les sommes d'argent
01:23:19qui avaient été payées en disant
01:23:21que c'étaient des prêts, etc., par l'Europe,
01:23:23et Macron l'a corrigé.
01:23:25Ce n'était pas un mensonge, il lui a
01:23:27juste dit, vous avez fait,
01:23:29vous avez prêté, parce que lui,
01:23:31les Etats-Unis, ils considèrent
01:23:33qu'ils ont seulement prêté de l'argent
01:23:35à Zelensky. C'est pour ça qu'ils veulent en contrepartie
01:23:37les terres rares. Je veux dire
01:23:39qu'on est en train de réagir
01:23:41comme si nous, on voudrait qu'ils réagissent comme nous,
01:23:43on le souhaite en tant qu'Européens,
01:23:45alors que nous sommes affaiblis.
01:23:47Harold, vous avez entièrement raison.
01:23:49Harold,
01:23:51j'allais dire, et maintenant,
01:23:53l'histoire s'écrit de manière incroyable
01:23:55avec une accélération conséquente
01:23:57sous nos yeux. Quelles sont les prochaines étapes ?
01:23:59Les prochaines étapes, c'est
01:24:01la délimitation
01:24:03des frontières. Déjà,
01:24:05il faut que
01:24:07Volodymyr Zelensky acquiesce
01:24:09à quelque chose et qu'on entre dans un processus
01:24:11qui va vers une trêve.
01:24:13Donc, une délimitation des frontières,
01:24:15ça, ça va être la partie la plus difficile.
01:24:17Et ensuite,
01:24:19la constitution d'une force
01:24:21multilatérale,
01:24:23et puis,
01:24:25une participation américaine.
01:24:27Je vais vous dire,
01:24:29à l'époque, on disait
01:24:31quand la Chine éternue, le monde
01:24:33tombe malade.
01:24:35Aujourd'hui, c'est quand
01:24:37les Etats-Unis parlent.
01:24:39J'aimerais tempérer ça juste un tout petit peu.
01:24:41Parce que ce que
01:24:43Trump a fait est remarquable dans la vitesse,
01:24:45mais il l'a fait
01:24:47sur le passif
01:24:49des Européens et de Biden.
01:24:51Parce que c'est quand même eux qui ont permis
01:24:53qu'il y ait une Ukraine qui existe
01:24:55encore. Et c'est avec
01:24:57cette Ukraine-là,
01:24:59qui est quand même assez armée,
01:25:01pas du tout au niveau russe.
01:25:03On a vu...
01:25:05Heureusement, parce qu'imaginez, toute l'Europe,
01:25:07tous les Etats-Unis, leur poids,
01:25:09et si l'Ukraine avait été défaite
01:25:11en quelques mois, alors on serait dit,
01:25:13on donne tout, on donne les armes.
01:25:15Si on avait... Mais pardonnez-moi,
01:25:17là, Poutine n'a pas cru que tout de suite,
01:25:19il y aurait une solidarité conséquente
01:25:21à ce niveau-là.
01:25:23Certains, il y a trois ans, disaient qu'en 15 jours,
01:25:25les chars russes seraient à Kiev, ils s'en sont loin.
01:25:27Aujourd'hui, le Sud global, parce que vous oubliez le reste du monde,
01:25:29se dit que, finalement,
01:25:31on n'a pas réussi.
01:25:33L'Europe, l'Occident n'a pas réussi
01:25:35à défaire la Russie.
01:25:37Mais de toute façon, l'Europe n'existe pas militairement.
01:25:39L'Europe n'existe ni diplomatiquement
01:25:41ni militairement. Mais le Sud global non plus.
01:25:43Le Sud global n'existe pas militairement.
01:25:45Il s'est réuni dans un sommet
01:25:47il n'y a pas longtemps avec M. Poutine.
01:25:49Il a montré sa puissance.
01:25:51Rien du tout. L'Inde et la Chine,
01:25:53c'est l'eau et l'huile.
01:25:55Ils ne sont même pas d'accord sur le Cachemire.
01:25:57Heureusement que nous, ce n'est pas l'eau et l'huile.
01:25:59Parce qu'on s'entend dans cette émission et ça fait du bien.
01:26:01Pour conclure.
01:26:03Si je me réfère aux chiffres, je crois, de Pierre Lelouch,
01:26:05il estime que l'Europe a payé
01:26:07750 milliards dans cette affaire.
01:26:09C'est-à-dire nous.
01:26:11Donc, on est allé chercher les terres rares
01:26:13pour dire, nous aussi, on vous a prédit.
01:26:15Je salue le général Bertrand Cavaillé
01:26:17qui nous écoute et qui nous dit
01:26:19la première asymétrie est idéologique
01:26:21et morale et qui rappelle
01:26:23la phrase du général de Gaulle
01:26:25l'épée est l'axe du monde.
01:26:27Je ne vais pas remplacer le rôle
01:26:29de Philippe.
01:26:31Allez-y, allez-y.
01:26:33Là où croient le péril, croient aussi ceux qui sauvent.
01:26:35C'est de qui ça ?
01:26:37Je crois que c'est de l'unatombe de verre.
01:26:39Bonjour.
01:26:41Merci vraiment.
01:26:43C'est un plaisir de vous avoir autour de cette table.
01:26:45Merci à vous tous.
01:26:47C'est Harold, évidemment, Georges Fenech, Nathan Deveur,
01:26:49Naïma Fadel, Philippe David. Vous avez une citation ?
01:26:51Vous me regardez ? Je vois bien que vous me regardez.
01:26:53On nous a dit que la Russie allait perdre.
01:26:55C'est Clémenceau qui disait
01:26:57on ne ment jamais autant qu'avant les élections, pendant la guerre
01:26:59et après la chasse.
01:27:01Et ça résume parfaitement la situation.
01:27:03Merci, à bon entendeur. Merci.
01:27:05A demain, avec grand plaisir.