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Il a la capacité de créer une musique particulièrement poignante tout en délivrant un rap nonchalant. Ses textes viennent vous frapper toujours à l’endroit où il faut (en plein cœur) et l’alliance du hip-hop et de l’électro dans laquelle il excelle fait que si on était encore en 2001, on parlerait sûrement de lui comme d’un rappeur alternatif.
Heureusement, on est bien en 2025 et, dans ce nouveau numéro de votre podcast musique préféré, on explore l’univers d’un artiste qui va marquer son époque. Gen vient de sortir BAREFOOT, un EP surprenant aux dizaines de grilles de lecture et aux influences sonores aussi multiples que les couches de la vie. C'est de cette manière qu'il définit sa musique au micro de Processus, en explorant son parcours et tous les rouages qui l'ont amené à être l'une des plus grandes révélations de la scène rap francophone.

Dans Processus, Sandra Gomes, cheffe de la rubrique Musique chez Konbini, invite des artistes pour décortique leur parcours et leur processus créatif.
De leurs premiers pas dans la musique, leurs premiers succès, leur quotidien ou encore leurs inspirations : vous découvrirez les rouages qui ont construit musicalement ces derniers.

Processus est diffusé le mardi toutes les deux semaines sur YouTube et sur votre plateforme de podcasts préférée, abonnez vous pour ne rater aucun épisode :⁠ https://audmns.com/aCDfpTB

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Musique
Transcription
00:00Il faut que ton morceau soit aussi riche que la vie peut l'être.
00:02Pour moi, un bon morceau, il faut qu'il soit drôle, il faut qu'il soit triste,
00:05il faut qu'il soit enivrant, il faut qu'il soit épique.
00:07Il m'a fallu du temps, il m'a fallu plusieurs années en fait pour commencer à sortir de la musique.
00:10J'ai pas fait du son et commencé à drop dans les jours qui suivaient, tu vois.
00:13Je suis quand même dans des relations assez pudiques avec mes parents.
00:16Ma mère, elle l'écoute, mais je pense qu'elle est trop pudique quand même
00:18pour venir me parler de ces trucs-là.
00:19Après, je sais qu'elle est mieux d'une manière ou d'une autre
00:22parce que de temps en temps, elle me glisse un petit truc.
00:24Je me dis « Mais pourquoi t'as dit ça, là ? »
00:31Salut, je suis Sandra Gomes,
00:32chef de la rubrique musique chez Konbini,
00:34passionnée par tous ceux qui font vivre cet art
00:36et en perpétuelle quête du son de demain.
00:39Vous écoutez Processus, votre nouveau podcast musique
00:41qui révèle les rouages qui ont amené les artistes invités jusqu'à moi.
00:45Au sommaire de cet épisode, on va retracer les débuts dans la musique de mon invité,
00:49le moment charnière de sa carrière,
00:51à quoi ressemble le quotidien d'un artiste,
00:53ses inspirations et quelques surprises au milieu.
00:56L'artiste que je reçois aujourd'hui est constamment dans mon top streaming de fin d'année
01:00et j'écoute pourtant beaucoup d'artistes.
01:02Il a la capacité de créer une musique particulièrement poignante
01:05tout en délivrant un rap non-chalant.
01:08Ses textes viennent vous frapper toujours à l'endroit où il faut
01:10et l'alliance du hip-hop et de l'électro dans laquelle il excelle
01:14fait que si on était encore en 2001,
01:16on parlerait sûrement de lui comme d'un rappeur alternatif.
01:19Heureusement, on est bien en 2025
01:20et on va explorer l'univers d'un artiste qui va marquer son époque.
01:24Salut Eugène, comment ça va ?
01:25Salut Sandra, ça va et toi ?
01:27Ça va très bien, je suis très contente de te recevoir.
01:29Moi aussi, bonne année.
01:31Bonne année à toi.
01:32Est-ce que tu es prêt à revenir sur tout le processus qui t'a amené jusqu'ici ?
01:35De ouf.
01:38Eh bien, let's go, on va commencer tout de suite avec ça.
01:51Je vois que ça fait la grimace déjà.
01:53C'est dur, celui-là il est un peu dur.
01:56Moi, c'est ça que je recherche aussi.
01:58Donc pourquoi je te mets ce son ?
01:59Parce que c'est ce qui apparaît comme ton premier son posté sur les plateformes.
02:03C'est Alain Rabatte, je préfère le dire parce que le titre est extraordinaire.
02:06Donc déjà, bravo pour ça, c'est au moins ça.
02:08Merci, à l'époque, on était déjà dans les jeux de mots un peu et tout.
02:10Ça nous a marré d'appeler le morceau comme ça.
02:13En vrai, de vrai, ce n'est pas le premier morceau que j'ai sorti sur les plateformes.
02:15Avant ça, il y a eu un petit freestyle qui s'appelait Visage
02:18et qui a sauté parce que j'ai arrêté de payer
02:22pour des problèmes contractuels.
02:24C'est exactement le truc par lequel je passais à l'époque pour poster du son.
02:29Et ce morceau, alors du coup, pourquoi la grimace ?
02:31Tu as du mal à le réécouter aujourd'hui ?
02:32Ouais, j'ai un peu du mal à le réécouter, mais après,
02:36j'ai conscience aussi que c'est un morceau un peu storytelling.
02:40Et je sais un peu qu'il y a des graines de ce qu'il allait être ma musique plus tard dedans.
02:46Mais bon, la prod, j'ai du mal.
02:49Franchement, il y a une grosse évolution quand on écoute ce que tu fais aujourd'hui.
02:51C'est évident, mais de toute façon, c'est normal, tu dois commencer quelque part.
02:55Et en vrai, moi, je connais les gens qui m'ont fait découvrir ta musique,
02:59ont découvert ta musique avec ce morceau-là, en l'occurrence.
03:02C'est vrai ?
03:02Bien sûr.
03:03Mais non.
03:04Je t'en parlerai peut-être après.
03:06Mais du coup, quand tu sors ce morceau-là,
03:08ça fait combien de temps que tu fais de la musique, justement ?
03:10Je crois que ça sort en quoi ? 2020 ?
03:132020, ouais.
03:142020, ça fait deux ans que je fais du son, je pense.
03:18Ouais, j'ai commencé à peu près mi-2018, donc ça fait un an et demi, deux ans que je fais du son.
03:24Tu commences comment ?
03:26Je commence quand je rentre à la fac et que je re-rencontre Mehdi,
03:32qui était un ami d'enfance, mais avec qui on s'est un peu perdu, tu vois.
03:36Et en fait, par hasard, on va à la même fac de cinéma,
03:40qui est au Paris 3, à la Sorbonne, tu vois.
03:43Et on se re-rencontre avec Mehdi.
03:46Et Mehdi, à ce moment-là, il est en train de monter un petit studio.
03:48Il a déjà des projets un peu artistiques.
03:50Il est en train de monter un studio.
03:58Et du coup, moi, je m'agrège à ça un peu naturellement
04:01parce que moi, il savait que je rappais.
04:02On se connaissait un peu par ça aussi, tu vois.
04:04Et du coup, je me mets à faire du son, à traîner un studio avec eux,
04:08à les suivre un peu partout où ils vont, Mehdi et son équipe de l'époque.
04:12Et à ce moment-là, quand tu sors ce premier morceau,
04:15quelle vision tu as ?
04:15Est-ce que tu as déjà une vision un peu de carrière
04:17ou est-ce qu'il y a un truc très instinctif ?
04:20On fait en balance ou est-ce que tu as déjà un peu une vue
04:22sur ce qui va arriver derrière ?
04:24Je n'ai pas d'optique de carrière,
04:25mais je n'étais pas non plus dans l'optique de on fait en balance.
04:27Je savais qu'en fait, je savais déjà que j'avais besoin de temps.
04:31Et je pense que c'est un truc qui est toujours d'actualité.
04:34J'ai besoin de temps, j'ai besoin de digérer les trucs.
04:36Et donc, je n'ai pas fait du son et commencé à dropper
04:39dans les jours qui suivaient.
04:41Il m'a fallu du temps, il m'a fallu plusieurs années
04:42pour commencer à sortir de la musique.
04:44Et je ne suis pas du tout non plus dans une optique de carrière.
04:48À l'époque, j'ai 19 ans.
04:50Je suis encore à la fac, je n'ai pas fini ma licence.
04:53Donc non, pour l'instant, tu lances ça, tu vois un peu comment ça se passe.
05:00Assez naturellement.
05:01Après, on était déjà dans une optique de bosser sérieusement.
05:04On ne faisait pas les trucs par-dessus la jambe non plus.
05:08Et notamment Mehdi, déjà avait une casquette de producteur
05:13qui commençait à se dessiner.
05:15Il avait plus la vision peut-être à long terme.
05:17Oui, et il savait comment il voulait travailler un peu.
05:21Donc, en fait, très rapidement, on a essayé d'être au maximum.
05:24Mais avec nos épaules d'adolescent,
05:29on a essayé de faire les trucs bien quand même, assez tôt.
05:32Et toi, avant ça, justement, tu me disais deux ans avant, donc en 2018,
05:37dans quel environnement familial tu grandis ?
05:41Est-ce qu'il y a de la musique autour de toi ?
05:42Est-ce que c'était un environnement qui était propice
05:44justement à ce que tu te lances dans la musique ?
05:45Oui, déjà, mes parents, ils sont artistes, les deux.
05:49Ma mère, elle est cinéaste et prof de cinéma.
05:52Mon père, il fait du cinéma aussi.
05:54Et donc, milieu artistique, forcément, tu vois.
05:59Et mon père, il écoutait beaucoup, beaucoup, beaucoup de musique,
06:03notamment beaucoup de musique électronique, du rap aussi.
06:06OK, donc pas trop déconnant que tu te lances là-dedans.
06:08Non, non, c'était assez logique, ça a choqué personne.
06:11Ça a choqué personne, c'est bien.
06:13On va faire un bond dans le temps et passer un moment que,
06:16moi, je considère charnière dans ta carrière.
06:20On s'écoute ça et après, je t'explique.
06:28Donc, c'est le morceau Noir & Bi qui est présent sur l'EP
06:30Dog Day qui sort en juillet 2022.
06:32Oui, tout à fait.
06:33Et c'est un morceau, je vais rentrer dans les chiffres directs.
06:36Là, vraiment, on arrête le côté poétique et romantique,
06:39la vision de la musique sincère.
06:41Mais je vais t'expliquer pourquoi.
06:43C'est un morceau qui a 5 millions d'écoutes.
06:45Et j'adore ce morceau-là.
06:47C'est un morceau qui est très, très bien fait.
06:49C'est un morceau qui est très, très bien fait.
06:51C'est un morceau qui est très, très bien fait.
06:53C'est un morceau qui est très, très bien fait.
06:55C'est un morceau qui est très, très bien fait.
06:57Et j'adore ce morceau, je le trouve vraiment extraordinaire.
07:00Et encore plus, si je puis me permettre, le remix.
07:03Mais ça, c'est une autre question.
07:05Et je comprends totalement qu'il puisse marcher.
07:07Mais on peut dire quand même que c'est pas des chiffres communs
07:10pour toi et encore moins à ce moment-là, tu vois.
07:12Qu'est-ce qui s'est passé ?
07:14Il s'est passé quand en fait...
07:16En fait, c'est une combinaison de plusieurs trucs à l'époque.
07:19C'est quand même... Dog Day, c'est mon premier projet
07:21où il y a un peu de visibilité.
07:23À la sortie, il se passe quelque chose, clairement,
07:25qui ne se passait pas avant.
07:27Tu le ressens comment ? C'est les médias qui parlent de toi ?
07:29Ouais, il commence à y avoir des médias,
07:31il commence à y avoir du public.
07:33À l'époque, je fais une sorte de jeu
07:35un peu pour faire gagner des CD.
07:37Et il y a beaucoup de gens qui répondent,
07:39qui sont chauds.
07:41D'ailleurs, il y en a beaucoup à qui je n'ai pas réussi.
07:43Enfin bref, je me suis enlevé les pinceaux.
07:45Si il y en a ici à qui je n'ai pas envoyé les CD Dog Day,
07:47envoyez-moi un message sur Instagram,
07:49on va régler ça, je suis désolé.
07:51C'est une dinguerie.
07:53Bref, il se passe tout ça
07:55et le projet prend un peu,
07:57et notamment nos R'n'B prend un peu aussi.
07:59À l'époque,
08:01ma distribe nous proposait une sorte de nouveau programme
08:03qui était un truc
08:05réservé au label indé,
08:07qui permettait
08:09de faire
08:15de mettre en avant
08:17certains morceaux.
08:19Pour que les morceaux marchent algorithmiquement,
08:21il fallait qu'ils marchent déjà organiquement.
08:23Et en fait, il s'est passé un R'n'B,
08:25c'est rentré dans une book, je ne sais pas si c'était le morceau parfait,
08:27il faisait les minutes 20.
08:29La rythmique, elle est entraînante.
08:31Exactement, et du coup,
08:33l'algorithme a kiffé,
08:35et pendant deux ans, il y a des gens qui ont mangé le morceau
08:37à chaque fois qu'il passait en aléatoire sur Spotify.
08:39Et plus personne
08:41ne supporte ce morceau.
08:43Et je les comprends bien.
08:45Je rigole, je l'adore.
08:47Justement, parce qu'en vrai, je comprends.
08:49Surtout que si t'es connu
08:51pour un morceau en particulier,
08:53ou si c'est un morceau qui amène beaucoup de gens vers toi,
08:55peut-être que toi, tu peux changer aussi
08:57la vision que t'avais avec ce titre.
08:59Moi, je trouve toujours bien le morceau,
09:01et même deux ans après, je comprends
09:03pourquoi il a fonctionné
09:05à son échelle.
09:07Mais oui.
09:09C'est quand même une petite anomalie
09:11dans le parcours, on va dire.
09:13C'est l'histoire
09:15de ce programme algorithmique
09:17un peu bizarre, en fait,
09:19qui a poussé toute une génération de rap.
09:21On est beaucoup d'artistes à en avoir bénéficié.
09:23Mais ce qui a créé
09:25une sorte de vague de chiffres
09:27que je pourrais dire trompeurs,
09:29de chiffres un peu trompeurs
09:31sur plein de profils comme les miens.
09:33Mais après, c'est aussi intéressant.
09:35C'est la magie, entre guillemets,
09:37de ce qui peut se passer sur les réseaux
09:39et comment la musique peut se diffuser
09:41aujourd'hui. C'est qu'il y a certainement plein de gens
09:43qui t'ont découvert aussi par ce biais-là.
09:45Bien sûr, bien sûr.
09:47C'est aussi considéré comme une chance.
09:49Et après l'EP
09:51Dog Day, il y a un autre virage
09:53clé selon moi, c'est l'EP Jennifer
09:55que tu définis
09:57comme la suite de ce qui est une trilogie.
09:59Tu l'expliques après quand tu sors Fidèle.
10:01Tu l'inclus dans ça.
10:03Et pour moi,
10:05c'est un peu un moment clé parce que
10:07dans Jennifer, tu parles d'amour,
10:09tu dis carrément que c'est un album d'amour.
10:11Et tu développes une écriture
10:13que je trouve encore plus intime que ce qu'elle était déjà.
10:15J'ai l'impression
10:17qu'avant ça, c'était fait avec plus de parcimonie
10:19et que c'était beaucoup plus caché
10:21derrière de l'égotrip.
10:23Et sur Jennifer, c'est sans phare. Il y a un côté
10:25très frontal, presque impudique
10:27un petit peu dans l'écriture qui est voulue,
10:29qui est ressentie. Comment tu l'as pensé ça?
10:33Le projet, il s'est fait assez naturellement.
10:35En vrai de vrai, pour être honnête,
10:37la direction
10:39du projet, le fait de
10:41se concentrer, de surligner le côté
10:43projet un peu romantique,
10:45c'est venu assez tard dans la conception.
10:47D'abord, on a fait nos morceaux
10:49et on a compris que moi,
10:51j'étais dans une relation naissante
10:53dans laquelle je suis toujours d'ailleurs.
10:55Dans une relation naissante et forcément
10:57c'était le sujet de ma vie.
10:59Quand t'as 21 ans...
11:01Et t'étais inspiré par ça en ce moment.
11:03Il n'y avait que ça qui existait pour moi, donc forcément
11:05je pense que ça ramène à ça.
11:07Bref, c'était omniprésent un peu dans ma musique
11:09et on s'en est rendu compte vraiment
11:11à la fin du processus...
11:13Yes, on l'a fait!
11:15À la fin du processus du projet,
11:17on a réalisé que c'était vraiment un projet
11:19d'amour et qu'il fallait
11:21s'entrer là-dessus.
11:23Mais oui, forcément,
11:25moi j'étais dans un moment très romantique
11:27de ma vie.
11:29Je pensais qu'à ça.
11:31Et toi justement, dans cette
11:33écriture, comment ça se passe?
11:35Est-ce que tu sens quand même
11:37qu'il y a une différence avec les projets précédents?
11:39Est-ce que tu te dis là, j'ai envie de plus me lâcher
11:41ou est-ce que c'est quelque chose de beaucoup plus instinctif?
11:43Non, ça s'est fait naturellement.
11:45Je pense que je suis juste devenu meilleur.
11:47Je pense que c'était
11:49mieux. J'ai plus bossé
11:51aussi en vrai de vrai.
11:53Le processus était un peu chaotique
11:55quand même. Je l'ai fait à la fois
11:57très peu de temps et à la fois longtemps.
11:59Et Jennifer,
12:01on a travaillé, on avait
12:03consolidé un peu nos méthodes de travail
12:05avec Mehdi et notre équipe.
12:07Et du coup,
12:09Roméo qui est rentré dans la boucle.
12:11Et je pense qu'il est
12:13mieux produit. J'ai plus travaillé en fait,
12:15tout simplement.
12:17Tu ressens, parce que Doug Day, il y avait quand même
12:19pas mal de bons retours. Tu disais qu'il se passait quelque chose.
12:21Comment tu ressens, Jennifer, c'est aussi
12:23bien accueilli? Ouais, Jennifer c'est hyper
12:25bien accueilli et surtout on sent un peu
12:27un truc d'identification. On sent que
12:29les gens commencent à comprendre une proposition.
12:31Que les gens se prennent
12:33la pochette, ils se prennent le propos.
12:37Et Jennifer, c'est particulier parce que
12:39je pense qu'il y a une sorte de
12:41mouvement
12:43général entre
12:45l'image qu'on avait réussi un peu à bosser,
12:47entre la qualité qui était un peu mieux.
12:49Et en même temps, c'est une musique que je trouve qui est beaucoup
12:51plus ancrée dans son époque, dans ce que
12:53les gens peuvent appeler
12:55la new wave et tout. Je trouve que c'est mon projet
12:57qui est le plus ancré un peu là-dedans.
12:59Tout ça a fait que
13:01il y a une identification un peu qui s'est fait
13:03à ce moment-là. On a
13:05consolidé Dogday un peu. Carrément, carrément.
13:07Mais c'est vrai que sur la musique, on en parlera
13:09un peu plus tard, mais il y a aussi un propos qui
13:11devient plus radical, autant que dans les textes.
13:13Je trouve que tu arrives à façonner encore mieux
13:15la musique que tu fais.
13:17Juste pour revenir à moi, quand je te découvre,
13:19c'est avec le clip de Solaris.
13:21Et en trois secondes, je me dis
13:23je vais aimer
13:25sa musique. Parce que,
13:27je sais pas si tu vas capter la rêve,
13:29je t'explique quand même, j'argumente mon propos.
13:31Je pense tout de suite à
13:33Strip Cheese.
13:35J'ai une histoire là-dessus.
13:37Très bien. Je t'explique d'abord,
13:39pour ceux qui
13:41n'ont pas la rêve, c'est bien malheureux,
13:43mais je l'explique, c'est une émission
13:45télévisée culte des années
13:4790-2000, qui a une esthétique
13:49qui me parle beaucoup, parce que c'est
13:51pour vous expliquer, c'est du docu
13:53sans voix off, où
13:55on te montre, sans commenter,
13:57on est dans l'intimité la plus totale
13:59avec des gens qui sont hyper sincères.
14:01C'est comme ça que je définis
14:03ta musique, et je trouve que
14:05là, ce que tu racontes
14:07dans ta musique, la manière de le faire
14:09et la manière dont tu l'illustres, c'est hyper
14:11cohérent. Et je pense à ça
14:13en plus, donc je me dis, j'arrive à capter
14:15qui est ce mec. Et je pense
14:17que c'est un moment aussi important, tu vois.
14:19Le moment où tu rencontres un public et que le public
14:21capte qui t'est.
14:23Si tu valides cette rêve, ça me fait plaisir.
14:25Je valide totalement. Je me suis beaucoup
14:27mangé les striptease, et ma mère
14:29a réalisé un épisode de striptease.
14:31Mais par contre, il est introuvable,
14:33en fait, elle ne se rappelle plus du titre. C'était
14:35dans les années... C'était en
14:3792, je crois qu'elle m'a dit. Elle était allée
14:39à Molenbeek, à l'époque elle était enceinte de mon grand frère,
14:41je crois. Et elle a réalisé un épisode de striptease
14:43à Molenbeek. Je suis fan d'elle plus
14:45que toi. Je te le dis.
14:47Ok, trop cool.
14:49Mais je crois que c'était pour la
14:51télé, ça n'a jamais été retranscrit sur
14:53Youtube, parce que ça fait partie des
14:55épisodes Lost Media un peu.
14:57Il faut appeler Seldup, il va retrouver ça.
14:59Exactement, faisons ça.
15:01C'est quelque chose qui t'a inspiré
15:03visuellement dans les clips ?
15:05Solaris,
15:07il est co-réalisé par ma mère.
15:09Il y a trop d'infos.
15:11Ma mère, elle était
15:13là sur Solaris.
15:15Et donc
15:17potentiellement qu'il y ait un lien sur
15:1920-25 ans qui s'est fait.
15:21Même dans tous tes clips, j'ai l'impression
15:23qu'il y a un côté très...
15:25Tu veux pas
15:27créer un truc trop surfait,
15:29surjoué. J'ai l'impression qu'il y a
15:31un côté presque documentaire
15:33dans la façon dont tu images le truc.
15:35Nous on a l'impression que c'est la
15:37meilleure manière de suivre la musique pour
15:39pas perdre les gens. Je pense
15:41qu'on fait une musique... Enfin moi si
15:43ma musique c'était du cinéma, ça serait
15:45du documentaire je pense.
15:47Donc voilà.
15:49C'est-à-dire que j'ai bien compris ta musique.
15:51Je suis vraiment très contente. Je fais bien mon travail.
15:53Je te disais dans l'intro, dans Processus,
15:55on a quelques surprises, quelques interventions
15:57externes. Et on a un message
15:59d'un auditeur pour toi.
16:01Que je vais t'inviter à regarder.
16:03Bonjour
16:05Jeanne. Bonjour Sandra.
16:07J'espère que vous allez bien, qu'une interview
16:09se passe bien.
16:11Moi je voulais poser
16:13une question à Jeanne, mais avant tout je voulais
16:15passer un petit sélème
16:17à Hurd. Parce que c'est lui
16:19qui m'a fait découvrir ta musique à l'époque.
16:21Donc grand salut à lui.
16:23N'hésitez pas à aller écouter Hurd.
16:25Moi je voulais
16:27te poser une question. Je voulais
16:29savoir ce que ça faisait
16:31à tes proches
16:33d'avoir un artiste qui parle
16:35de sa vie de manière assez
16:37crue parfois, même si j'imagine que tu choisis
16:39ce que tu révèles ou pas.
16:43Est-ce que ça peut les gêner ?
16:45Est-ce qu'ils ont eu des réserves ?
16:47Ou est-ce qu'ils sont complètement cool avec ça ?
16:49Et puis il n'y a pas de soucis.
16:51Voilà, c'était ma petite question. Encore merci
16:53à Sandra.
16:55On ne me voit quasiment plus, donc je vais vous laisser.
16:57Allez, bonne interview.
17:01Ilies, c'est un de mes meilleurs amis
17:03accessoirement, avec qui je fais beaucoup de choses.
17:05On va le dire tout de suite.
17:07C'est lui qui me fait découvrir
17:09ta musique. Avec un lachabat.
17:11Avec un lachabat que Hurd a partagé.
17:13J'ai une théorie selon laquelle
17:15Hurd est une pierre angulaire
17:17du rap moderne.
17:19Je le prouverai un jour.
17:21Gros bisous à Hurd.
17:23Qui est un monstre.
17:25Je ne l'ai même pas présenté.
17:27Je suis dans mon salon.
17:29C'est un rappeur, c'est un producteur aussi,
17:31beatmaker, qui a composé
17:33pour toi, qui a fait
17:35Céline Salette sur
17:37Jennifer.
17:39Dans nos têtes, il est triple diamant.
17:41C'est Johnny Hallyday pour moi.
17:43Pour répondre à la question sur
17:45ton écriture et le regard que
17:47ta famille peut avoir dessus, ou tes proches.
17:51Je suis quand même dans des relations assez pudiques
17:53avec mes parents.
17:55Ma mère,
17:57elle l'écoute, mais je pense qu'elle est trop
17:59pudique pour venir me parler de ces trucs-là.
18:01Après, je sais que ça
18:03l'émeut d'une manière ou d'une autre.
18:05De temps en temps, elle me glisse un petit truc.
18:07Pourquoi tu as dit ça dans ce son-là ?
18:09Mais non, ça reste assez sain.
18:11Je pense que
18:13ma mère, elle sait très bien que
18:17j'ai mes manières
18:19de mes perceptions, mes manières de retranscrire
18:21ma réalité et tout.
18:23Jamais, je pense qu'elle prendra la mouche
18:25pour un truc dans un texte.
18:27Mais toi, est-ce que c'est un truc auquel tu penses quand t'écris ?
18:29Non, si je fais ça, je fais plus rien.
18:31Il ne faut pas penser
18:33aux gens qu'on peut blesser ou ne pas blesser.
18:35Parce qu'après, c'est la mort.
18:37Oui, ça te bride aussi dans ce que tu délivres.
18:39Oui, oui.
18:41Je pense d'ailleurs, on en parlait, mais la transition aussi
18:43entre Dog Day et Jennifer, c'est peut-être ça aussi.
18:45C'est peut-être le truc d'arrêter de penser
18:47au rapport
18:49à mon entourage, à mes trucs-là,
18:51d'essayer de casser ces trucs-là un peu,
18:53d'être plus que soi-même un peu.
18:55Ça se ressent vraiment dans l'écriture, c'est ce moment-là
18:57où je pense que tu te dis
18:59« je vais le faire à fond,
19:01et peu importe qui m'écoute ».
19:03C'est un gros cap en général
19:05pour les artistes.
19:07Tout à l'heure, on parlait de tes tout-débuts,
19:09et là, tu viens de sortir Barefoot,
19:11du coup, on a posté
19:13cette émission
19:15« C'est Dispo ». C'est ton sixième projet,
19:17si je ne me trompe pas.
19:18Sixième, déjà ?
19:19Ben ouais, si je compte les petits projets,
19:21les trucs et tout.
19:23Attends, je réfléchis.
19:25Tango Fantôme, Dog Day, Jennifer Fidel.
19:27Ouais, c'est mon sixième projet, exactement.
19:29Tu commences à avoir une petite discographie,
19:31en tout cas. Est-ce qu'aujourd'hui, tu considères
19:33pleinement que c'est ton métier
19:35d'être un artiste ?
19:37Ben, factuellement, en tout cas,
19:39cette année, j'ai la chance que ça soit mon métier.
19:41Après, ça se trouve, le temps
19:43me donnera tort.
19:45En tout cas, en ce moment, c'est...
19:47En tout cas, en ce moment, c'est mon métier, ouais.
19:49Et toi, tu le ressens comme ça aussi ?
19:51Moi, ça a toujours été mon métier.
19:53À l'époque où je travaillais,
19:55c'est quand j'allais au travail, je ne pensais pas à mon travail.
19:57Je pensais au son que j'allais faire le soir en rentrant.
19:59Donc...
20:01T'es complètement...
20:03Et comment ça se fait,
20:05cette transition, justement, où
20:07tu te dis
20:09là, maintenant, c'est mon job
20:11d'être un rappeur ?
20:15Comment ça se passe ?
20:17Comment ça s'organise dans ta vie ?
20:19Naturellement, avec le temps, la musique,
20:21ça a pris la place que ça devait prendre, je pense.
20:23Donc, en fait, j'ai pas eu de déclic.
20:25Enfin, si, le déclic en soi, c'est le jour
20:27où j'ai quitté mon travail, tu vois.
20:29Le jour où je suis parti.
20:31Mais en tout cas, ça a toujours occupé une place
20:33importante. En fait, si c'était pas mon métier,
20:35c'était ma passion, mais c'était quand même toute ma vie.
20:37Donc, en fait, métier, pas métier,
20:39dans tous les cas, j'ai que ça dans la tête.
20:41Tu ne te voyais pas faire autre chose, en fait.
20:43Ça n'a pas été un choix, un moment, de dire
20:45est-ce que j'y vais ou j'y vais pas ?
20:47Je ne me suis jamais posé la question,
20:49en fait. A la fois, je ne me suis
20:51jamais dit
20:53c'est sûr, et à la fois, je ne me suis jamais dit...
20:55Juste, je l'ai fait, quoi.
20:57Ça n'a jamais été un enjeu.
20:59Je ne me suis jamais posé, je me suis dit qu'est-ce que je vais faire de ma vie ?
21:01Je faisais déjà des trucs, en fait.
21:03Très naturel.
21:07Comment tu le vis, tout l'envers du décor ?
21:09Justement, ce métier d'artiste
21:11où, moi, je comprends, tout le monde le capte,
21:13qu'il y a la passion, il y a faire de la musique,
21:15mais il y a aussi tous les
21:17à côté, le côté business,
21:19carrière, image, communication,
21:21etc. Toi, tu le vis comment ?
21:23Déjà, j'en suis à un stade où
21:25c'est encore largement jouable et largement
21:27vivable, et je pense que
21:29c'est encore assez
21:31sain, et moi, je suis
21:33encore dans des
21:35milieux assez tranquilles, tu vois.
21:37Mais j'ai la chance d'être très bien entouré.
21:39Je fais un gros bisou à mon équipe,
21:41parce que, grâce à eux,
21:43ma vie, nous sommes toutes
21:45pas trop compliquées non plus.
21:47Non, non, ça va.
21:49On ne va pas aller se plaindre. Franchement,
21:51il faut bosser, quoi.
21:53C'est important, je pense que c'est aussi beaucoup dû à l'entourage.
21:55Si tu te lances
21:57dans le grand bain avec des gens
21:59que tu ne connais pas, et qu'on te colle un chef
22:01de projet, un truc, ce n'est pas
22:03le même chemin, tu vois.
22:05Moi, je suis un imbé, mon producteur,
22:07c'est mon meilleur ami,
22:09et c'est moi-même aussi, d'ailleurs.
22:11La vie, elle est assez tranquille.
22:13C'est moi qui décide à quelle heure je vais au studio,
22:15c'est moi qui décide quel son je sors.
22:17C'est important.
22:19C'est une exposition qui est assez cool. Je pense que très vite,
22:21la manière dont on a monté les structures,
22:23le format de carrière
22:25qu'on a choisi, je pense qu'on ne s'est pas
22:27trompé, je pense que c'était le bon.
22:29Ce qui fait que là, on peut faire de la musique
22:31pleinement, ne laisser pas nourrir
22:33et ne pas penser à trop autre chose.
22:35Justement, tu vois ça pendant un temps,
22:37et c'est pour ça aussi que j'essaye de démystifier
22:39ça dans cette émission avec les artistes que je reçois
22:41parce que tout a l'air cool
22:43pour le public quand on juste écoute la musique
22:45mais après, des fois, tu entends des trucs, tu entends que ça ne se passe
22:47pas très bien dans les labels, etc.
22:49Et en fait, il y a une voie qui est possible
22:51mais qui est un peu
22:53plus complexe mais
22:55qui est une voie à part entière, c'est d'être indépendant
22:57justement et de travailler avec les gens
22:59vraiment en qui on a confiance, etc.
23:01Et je pense que c'est pour ça aussi qu'il y a de plus en plus
23:03de gens, d'artistes qui veulent s'orienter
23:05là-dedans. C'est pour pouvoir être
23:07respecté, pour être dans un entourage
23:09en tout cas qui est
23:11un espèce de cercle vertueux.
23:13Oui, après, il y a des
23:15malus largement aussi à l'indépendance
23:17même quand les cercles sont vertueux.
23:19Moi, en vrai, je ne suis pas du tout
23:21anti-label. Je pense
23:23qu'il y a des
23:25formes de relations
23:27qui sont intéressantes.
23:29On ne s'est jamais
23:31fermé aucune porte, juste la vie a fait
23:33que ça s'est fait comme ça.
23:35Mais voilà.
23:36Oui, ce n'est pas un truc créditoire pour toi.
23:38Je crois en une renaissance. En fait, depuis le Covid
23:40il y a eu l'explosion un peu
23:42des projets indépendants.
23:44Mais j'espère que les labels
23:46seront s'adapter au post-Covid.
23:48C'est clair.
23:50En tout cas, c'est le challenge pour que
23:52ça évolue.
23:54Est-ce que tu as une routine de création ?
23:56Est-ce qu'il y a une manière de travailler qui est précise
23:58chez toi ?
24:00Non, pas vraiment.
24:02Moi, je ne suis pas très
24:04routinier. J'ai du mal
24:06à m'imposer des routines.
24:08Tu n'as aucune journée qui
24:10ressemble à l'autre ? C'est un peu la vibe ?
24:12Non, pas trop.
24:14Mais en fait, ça suit un peu mon...
24:16Moi, je n'ai pas envie de faire
24:18la même chose tous les jours.
24:20En fait, j'ai arrêté mon travail
24:22pour avoir le droit
24:26vraiment
24:28d'avoir des journées différentes
24:30tout au long de la semaine et de pouvoir
24:32m'enrichir tous les jours.
24:34Je fais bien attention à ne pas avoir
24:36des routines. Je fais bien attention
24:38à me lever à des heures différentes tous les jours.
24:42Je me pointe au studio
24:44et puis on voit.
24:46En gros, c'est ça.
24:48Tu arrives quand même à avoir une certaine
24:50productivité qui ne te met pas en retard ?
24:52Si tu te reposes juste sur l'inspiration
24:54qui vient, il peut aussi y avoir des périodes
24:56où il n'y a pas d'inspiration. Est-ce que c'est des moments
24:58que tu connais ?
25:00Je ne crois pas trop à l'inspiration.
25:02Je ne suis pas
25:04particulièrement inspiré.
25:06Pour moi, c'est du travail.
25:08Ton cerveau,
25:10il se muscle si tu décides de lui faire faire des exercices.
25:12Je fais bien attention
25:14à prendre des notes tous les jours,
25:16à écrire un maximum,
25:18à regarder des films,
25:20à écouter beaucoup de musique.
25:22Pour moi, ça remplace
25:24avoir de l'inspiration quand on n'en a pas.
25:26C'est aussi simple que ça en fait.
25:28Je force.
25:30Bien sûr qu'il y a des jours où c'est compliqué de faire de la musique.
25:34Pour moi, il y a vraiment un muscle
25:36à travailler.
25:38Attendre la grâce, si tu fais ça,
25:40tu es mort un peu.
25:42Tu te mets toujours dans une dynamique
25:44sans le vouloir, sans t'imposer un truc.
25:46Tu es toujours en attente de quelque chose.
25:48Il faut provoquer.
25:50Pour moi, ça passe par le fait de travailler.
25:52Il faut bosser
25:54tous les jours.
25:56Est-ce que tu as l'impression de faire de la musique
25:58plus pour toi
26:00ou pour les autres ?
26:02Pour les autres, ce n'est pas pour prouver quelque chose.
26:04Est-ce que
26:06l'envie de partager est plus forte
26:08que l'envie juste de faire de la musique pour toi ?
26:12Les deux, en vrai.
26:14Ça suit les étapes
26:16de création.
26:18Plus ça avance, plus...
26:20Quand je sors mon morceau
26:22dans mon premier jet, je le fais évidemment pour moi.
26:24Mais quand on va le mixer, faire en sorte qu'il devienne intelligible,
26:26faire en sorte qu'il sonne bien, qu'il soit agréable
26:28à écouter, je le fais pour les autres.
26:30Moi, la maquette ne va pas très bien à la base.
26:32Tu étais satisfait de ça à la base.
26:34Ça dépend des étapes de processus.
26:36Il y a des étapes qui sont plus en ma faveur
26:38et d'autres qui sont plus
26:40en la faveur du public
26:42ou de n'importe qui d'autre que moi.
26:44Et la scène, c'est important pour toi ?
26:46L'étape finale, c'est ça ?
26:48C'est le moment où tu rencontres le public en direct ?
26:50Oui, c'est vrai. On peut dire ça.
26:52La scène, c'est important. On a fait notre tournée l'année dernière
26:54qui s'est très bien passée. On est trop heureux.
26:56On a rencontré vraiment beaucoup de monde.
26:58On a partagé
27:00avec beaucoup de gens.
27:02C'était trop bien, la scène.
27:04Je ne sais pas si c'est le plus important non plus.
27:06Ça dépend.
27:08Ça dépend de comment je me sens.
27:10Maintenant, si la scène,
27:12c'est très cool, j'espère qu'on
27:14continuera à en faire.
27:16J'espère
27:18qu'on réussira surtout à trouver des propositions
27:20de scène. Pour l'instant, on a fait des trucs
27:22un peu conventionnels, mais
27:24j'ai envie d'essayer d'inventer des trucs aussi
27:26sur scène.
27:28Je me rappelle quand
27:30tu venais de finir ta boule noire, le lendemain
27:32je crois, tu avais dit
27:34que ça a tout changé.
27:36C'est vrai que j'ai dit ça ?
27:38Ça a tout changé parce que j'avais 200 personnes
27:40devant moi.
27:42Je ne savais même pas que c'était possible quelques mois avant.
27:44Je ne pensais pas qu'on allait pouvoir la faire
27:46cette boule noire de vrai avant qu'on la fasse.
27:50Ça a tout changé parce que
27:52j'avais un interlocuteur.
27:54Je savais à qui je m'adressais.
27:56J'avais vu un peu les yeux des gens. J'avais vu un peu la tête des gens.
27:58Ce cœur de 200 personnes,
28:02il était là.
28:04Il y avait des gens.
28:06Je n'étais plus tout seul.
28:08Ça a tout changé la boule noire.
28:10C'est un truc que tu as en tête encore ?
28:12Tu penses à ça ou le doute revient tout le temps ?
28:14Le doute revient tout le temps.
28:16C'est facile d'oublier ce genre de choses.
28:18Il faut aller provoquer.
28:20Il faut aller provoquer, exactement.
28:22Il faut des nouvelles dates.
28:24Avant l'émission,
28:26je t'ai demandé de choisir
28:28un moment pop culture qui a influencé
28:30ton parcours, en tout cas qui t'a inspiré.
28:32On va regarder ça ensemble et
28:34tu nous expliques juste après.
28:36C'est un court extrait.
28:46C'est un extrait du film
28:48« Anorak » de Shane Baker qui a reçu
28:50la Palme d'Or à Cannes l'année dernière,
28:52il me semble.
28:54Pourquoi ce film t'a marqué particulièrement ?
28:58Parce que
29:00j'ai vu
29:02dans ce film
29:04un peu
29:06mon rapport à la musique.
29:08En fait,
29:10je me souviens d'une interview
29:12de Samir Hamad dont je te parlais
29:14que je n'ai jamais réussi à retrouver.
29:16Ça se trouve qu'on a fantasmé ça avec Mehdi.
29:18Je crois
29:20me souvenir d'une interview
29:22où Samir Hamad racontait
29:24qu'il était vraiment
29:26anti-musique à mood,
29:28anti-musique triste,
29:30anti-musique...
29:34anti-banger,
29:36il n'aimait pas la musique édictable facilement.
29:38Et moi,
29:40j'ai un peu toujours été de cet avis-là
29:42dans le sens où pour moi,
29:44un bon morceau,
29:46il faut qu'il soit drôle, il faut qu'il soit triste,
29:48il faut qu'il soit
29:50enivrant, il faut qu'il soit épique,
29:52il faut qu'il y ait tout.
29:54Pour moi, la forme finale
29:56de la musique, ce n'est pas ton album,
29:58c'est plutôt le morceau et il faut que ton morceau
30:00soit aussi riche que la vie peut l'être.
30:02Et je trouve que c'est
30:04exactement ce que j'ai aimé dans La Nora.
30:06C'est à mourir de rire, pourtant ce n'est pas une comédie.
30:08C'est à pleurer, pourtant ce n'est pas un drame.
30:10Et en même temps, c'est hyper prenant
30:12et pourtant ce n'est pas vraiment un film d'action.
30:14Cette richesse de ton,
30:16c'est vraiment ce que
30:18je souhaite pour ma musique.
30:20C'est tout ce que je recherche.
30:22C'est de la musique,
30:24c'est de l'art vivant.
30:26Il y a plein de couches dans ce film-là.
30:28Exactement, ça multiplie les couches
30:30de lecture et
30:32c'est ce qui fait que pour moi,
30:34une pièce est intemporelle ou pas.
30:36C'est quand
30:38tu es la richesse d'une vie.
30:42Selon le lecteur aussi,
30:44tu vas t'arrêter
30:46sur un truc en particulier.
30:48Il n'y a peut-être pas tout le monde qui va percevoir ce film-là
30:50ou un morceau de la même manière
30:52parce qu'il y a des trucs qui vont plus ou moins te toucher.
30:56Quand tu m'as donné cet extrait-là,
30:58je n'avais pas capté.
31:00Je réfléchissais et je me suis dit que je ne vois pas
31:02le truc en rapport,
31:04même si j'ai adoré ce film.
31:06Mais maintenant, je comprends grave.
31:08C'est vraiment la multiplicité
31:10des prismes de lecture.
31:12C'est le fait d'avoir,
31:14comme tu dis, d'avoir plusieurs couches.
31:16Comme les oignons.
31:18Tu as le drame,
31:20tu as quelque chose de drôle, tu as quelque chose de sociétal aussi.
31:22Je comprends grave.
31:24Et une désinterprétation très forte.
31:26Pour ceux qui n'ont pas vu, on n'a rien spoil, on n'a rien dit.
31:28C'est en vrai, allez le voir.
31:30Je ne parle pas de cinéma.
31:32Quand je l'ai vu, je ne savais même pas que c'était La Palme d'Or.
31:34Je me suis dit que ce serait bien que ce soit La Palme d'Or.
31:36Après, je suis sorti.
31:40Très beau film.
31:42Sans transition, pour revenir à la musique.
31:44J'en parlais dans l'intro.
31:46Tu mélanges plusieurs esthétiques dans ta musique.
31:48Il y a parfois des prods qui sont
31:50très surprenantes,
31:52voire même qui peuvent être complètement clivantes
31:54pour certains.
31:56Je pense aux morceaux Aventurier, par exemple.
31:58Moi, un de mes préférés.
32:00Un de mes morceaux préférés de ta discographie.
32:02Mais aussi parce que je recherche ce truc-là un peu
32:04bizarroïde, spécial, différent.
32:06Ce n'est pas le cas de tout le monde.
32:08En vrai, je comprends.
32:10Je comprends que des gens me disent
32:12que ce n'est pas mon morceau.
32:14Tu as des goûts de merde.
32:16C'est quoi ce truc ?
32:18C'est quoi cette prod de Zinzin ?
32:20Ce n'est pas contre toi du tout.
32:22Je t'ai dit que j'adorais le morceau.
32:24Mais même toi, est-ce que tu es conscient
32:26que ce n'est pas le truc le plus mainstream du monde ?
32:28Ce n'est pas fait pour ça non plus.
32:30Les gens n'ont pas le droit d'aimer.
32:32Ça ne change pas grand-chose à ma vie.
32:34Les gens n'ont pas le droit d'aimer.
32:36C'est une chose, c'est sûr.
32:38Je trouve que c'est presque
32:40un bon signe si des gens
32:42peuvent détester ta musique,
32:44dans le sens où
32:46au moins il y a une proposition.
32:48Je comprends qu'il y a eu une direction.
32:50Je n'ai pas aimé, mais il y a eu une direction.
32:52Moi,
32:54je suis dans une optique
32:56où j'ai vraiment la phobie
32:58de me répéter comme je te disais tout à l'heure.
33:00Je ne veux pas vivre deux fois la même journée.
33:02Je ne veux pas faire deux fois le même morceau.
33:04Si je veux faire de la musique toute ma vie,
33:06il faut que j'aille piocher dans les trucs
33:08un peu compliqués pour certaines personnes.
33:10C'est le jeu.
33:12Je ne suis pas là pour régaler tout le monde.
33:14Je suis là pour me régaler moi.
33:16On parle comme si des gens avaient dit que c'était nul.
33:18Je pense qu'à Aventuré,
33:20il y a des gens qui ont dit que c'était compliqué.
33:22J'ai vu des gens dire que c'était compliqué.
33:24Bien sûr que c'est compliqué.
33:26C'est OK.
33:28C'est largement OK.
33:30Vous n'avez le droit de ne pas aimer.
33:32Personne ne vous en voudra.
33:34C'est la clé aujourd'hui, surtout à notre époque
33:36où il y a beaucoup de choses qui se ressemblent.
33:38Il y a plein d'artistes qui pop de partout.
33:40Si tu arrives à dire, ça je n'ai pas aimé
33:42et tu sais exactement pourquoi ou tu n'accroches pas.
33:44En tout cas, tu vois plus que je n'ai pas aimé
33:46parce que tu n'accroches pas avec une direction
33:48qui est prise.
33:50Je pense que c'est une bonne chose.
33:52Moi-même, en auditeur,
33:54je suis compliqué.
33:56Il y a plein de trucs que je n'aime pas.
33:58Je n'ai aucun mal à dire
34:00des trucs que je n'aime pas, que je ne les aime pas.
34:02Je ne vais pas commencer à reprocher aux gens
34:04de dire qu'ils n'aiment pas certains trucs.
34:06Justement,
34:08comment tu...
34:10La direction que tu as prise,
34:12j'ai l'impression à partir de Jennifer,
34:14mais tu m'arrêtes si je me trompe,
34:16à mélanger davantage la musique,
34:18l'électro,
34:20à des bases plus rap traditionnelles.
34:22Comment ça se passe
34:24ce mélange-là ?
34:26Pourquoi tu prends cette direction à un moment ?
34:28Ça se passe par
34:30le débarquement
34:32d'un nouvel énergumène,
34:34qui s'appelle Sans Juliette,
34:36qui est à la base
34:38un compositeur de musique électronique
34:40et DJ
34:42et qui s'agrège
34:44doucement par le biais de Mehdi,
34:46c'est comme ça que je l'ai rencontré,
34:48à notre processus. Il tombe amoureux
34:50de notre équipe et nous, on tombe amoureux
34:52de sa vision, de sa musique,
34:54de la personne.
34:56Et petit à petit,
34:58à partir de Dog Day,
35:00Every Day, si je ne dis pas de bêtises,
35:02il produit Cobra avec Mehdi à l'époque
35:04et en fait, très naturellement,
35:06il rentre dans l'équipe.
35:08On ne s'est jamais quitté et maintenant,
35:10en vrai, c'est un trio
35:12Jeanne, Sans Juliette,
35:14Mehdi.
35:16Et bien sûr, ça change tout aussi.
35:18Et puis même,
35:20Roméo et Sans Juliette
35:22me permettent de
35:24reconnecter, moi, avec un rapport
35:26que j'avais étant petit, parce que mon père en a
35:28écouté beaucoup, avec une forme de musique électronique
35:30que j'ai
35:32vachement écoutée. En fait, ce lien,
35:34quand il me tombe sous le nez,
35:36il est évident.
35:38Ça fait déjà partie de ton ADN
35:40musical, mais tu ne l'avais pas
35:42exploité jusque-là. Justement,
35:44c'est quoi tes principales
35:46inspirations, peut-être au début, peut-être aujourd'hui
35:48si ça a évolué ?
35:50Moi, l'artiste de musique électronique, je le cite
35:52plein de fois, c'est Affects Twin, c'est ça que j'ai le plus écouté.
35:54Est-ce que
35:56je me suis permis de classer ta musique
35:58entre Affects Twin et PNL ?
36:00Moi, ça tient toujours, ça me va.
36:02Je pense que c'est mes deux
36:04droites et gauches. Franchement, je ne peux pas dire mieux
36:06à quelqu'un qui ne connaît pas, que de donner
36:08ces deux éléments, et après, tu te démerdes.
36:10Tu te démerdes avec ça, si ça te parle, si t'es curieux,
36:12t'as envie d'y aller, t'y vas.
36:14Mais ouais, c'est une belle image.
36:16Affects Twin, vraiment,
36:18c'est beaucoup pour moi.
36:20Ça a tout changé. Mais oui, c'est très important.
36:22Et Roméo m'a permis vraiment de refusionner
36:24avec cette partie de moi qui
36:26était un truc largement enfoui
36:28sous PNL et Booba
36:30et tout le rap que je me suis mangé après, pendant 15 ans.
36:32Parce que c'était de la musique que j'ai
36:34écoutée très jeune, sans même savoir ce que c'était.
36:36Donc vraiment, c'est mon
36:38rapport naturel à la musique.
36:40C'est déjà un peu la musique électronique.
36:42Parce que
36:44c'est ce que mon père écoutait, tout simplement.
36:46Mon père avait beaucoup de phases
36:48de musique.
36:50Et ma période 5-10 ans,
36:52il était vraiment... Ouais, ta porte d'entrée, on va dire,
36:54tes premiers souvenirs musicaux,
36:56c'est de l'électro ? Ouais, c'est de la musique électronique.
36:58Et après, du rap.
37:00Juste après.
37:02Et aujourd'hui, est-ce que t'as des artistes
37:04que tu trouves particulièrement
37:06inspirants ou qui font des choses
37:08qui t'intéressent particulièrement ?
37:10Qui t'inspirent ?
37:12Un truc que t'as écouté,
37:14tu t'es pris une gifle ?
37:16Franchement, ça peut être tout.
37:20J'écoute...
37:22Cette année,
37:24j'ai écouté quasiment que
37:26Rillion Phil et
37:28Gud. Rillion Phil, rappeur
37:30new-yorkais, si je dis pas de bêtises,
37:32qui faisait partie... Peut-être qu'il fait toujours partie,
37:34mais je crois pas. Qui faisait partie du
37:36Surf Gang.
37:38Et il a sorti un projet l'année dernière
37:40qui s'appelle Victory Music, entièrement produit
37:42par Gud. Tu vois, Gud ?
37:44Mais qui est produit tout young lean pendant longtemps.
37:46Ça, j'ai beaucoup écouté cette année.
37:48En France ?
37:50En France... En France,
37:52il y a plein de trucs que je trouve très cool. Okiss, je trouve, c'est incroyable.
37:56URD,
37:58incroyable.
38:00Toute la nébuleuse autour, de toute façon.
38:02Et moi, je suis un
38:04grand adepte de Booba. J'ai du mal à écouter
38:06autre chose que Booba, quand même. À la fin de ma journée,
38:08j'y retourne, quoi.
38:10Personne va t'en vouloir.
38:12C'est quoi ton album préféré de Booba ?
38:16Moi, je suis...
38:18Je sais pas si c'est mon préféré.
38:20Moi, je les aime tous. Là, par exemple, en ce moment, je suis vraiment
38:22dans une période Panthéon à fond.
38:24Panthéon West Side, un peu.
38:26Mais après,
38:28de par ma génération,
38:30le disque que j'ai le plus écouté, parce que c'était le disque
38:32qui était actuel quand j'avais l'âge de l'écouter, c'est
38:34vraiment Nero Nemesis.
38:36Nero Nemesis, c'était...
38:38Une grosse claque. C'était une grosse claque.
38:4015, du coup. Après, je dis pas que c'est mon préféré.
38:42Mais je dis juste que
38:44je l'ai vécu vraiment pleinement. Après, on reste
38:46d'avant aussi. Début CD tout aussi.
38:48Mais... C'était vraiment
38:50un événement, cet album aussi. Il s'est
38:52vraiment passé quelque chose. Toute la sortie,
38:54elle était incroyable. J'étais au lycée.
38:56Ça écoutait que Booba.
38:58On est complètement d'accord. Moi, il y a un rappeur
39:00à qui tu me fais penser.
39:02C'est Isha.
39:04Tu comprends ?
39:06La filiation, elle est...
39:08Logique, moi, j'ai...
39:10Ça fait partie de mes racines aussi un peu.
39:12C'est très important pour moi.
39:14C'est Mehdi qui me montre Isha
39:16en 2014. Soit juste
39:18avant, soit juste après La Vie Augmente 1.
39:20Et ouais, je prends une énorme claque.
39:22Et pour le coup,
39:24je me dis, c'est comme ça que je veux rapper, c'est comme ça que je veux écrire.
39:26Isha...
39:28C'est vraiment
39:30un déclic pour moi.
39:32C'est ce qui me fait me dire que j'ai envie
39:34de travailler l'écriture,
39:36que j'ai envie que ça soit central dans ma musique.
39:40C'est même ça, j'ai envie de me dire
39:42qui me donne envie de rapper.
39:44Moi, j'ai envie de rapper comme Isha au début.
39:46Et voilà.
39:48Et oui, c'est toujours très ancré.
39:50Et pendant longtemps, j'ai eu le prisme de
39:52comment Isha aurait écrit ça ?
39:54Comment il aurait fait ça ?
39:56Je pense que ça m'a donné
39:58une matrice de travail.
40:00Ça m'a donné un objectif.
40:02Je reconnais tout de suite
40:04la filiation.
40:06En fait, ça ne saute pas non plus aux yeux.
40:08Quand tu écoutes Jane, c'est des prods différents aussi.
40:10Ce n'est pas totalement le même univers.
40:12Moi, c'est plus dans l'écriture.
40:14L'écriture, c'est flagrant.
40:16Il y a une simplicité mêlée
40:18à quelque chose de très intime.
40:20Et puis, passer un peu, comme tu disais,
40:22les plusieurs couches.
40:24Passer d'une vanne à un truc super Jeep.
40:26Et un peu perdre le public
40:28là-dessus.
40:30Moi, j'étais fasciné par sa radicalité.
40:32Je trouvais ça ouf.
40:34Même, on en parlait tout à l'heure.
40:36L'impudeur.
40:38Je trouvais ça ouf
40:40d'aller aussi loin dans l'impudeur.
40:42J'étais là, t'en dis trop.
40:44Exactement.
40:46Moi, j'aime bien.
40:48Je voulais faire pareil.
40:50Pour moi, c'était ça être un artiste.
40:52Je comprends ce parti pris.
40:54Justement, il y a un morceau
40:56avec Sylla
40:58sur la lune.
41:00Où il dit, le rap nous a sauvé la vie.
41:02Il mérite d'être au Beaux-Arts.
41:04C'est vrai.
41:06Tu ressens la même chose ?
41:08Oui, bien sûr.
41:10Je pense que pour Isha,
41:12je ne sais pas de quoi il parlait exactement.
41:14Ça a certainement une dimension différente.
41:16Oui, forcément.
41:18Moi, je me la suis projetée cette phrase aussi largement.
41:20Je ne sais pas ce que j'aurais fait si je n'avais pas rappé.
41:24Peut-être pour d'autres raisons qu'Isha.
41:26Mais oui, bien sûr,
41:28il mérite d'être au Beaux-Arts.
41:30Tu sais pourquoi ?
41:32Je n'étais pas sûre que tu aies cette vision-là.
41:34En vrai,
41:36c'est un truc qui est un peu galvaudé aussi.
41:38Le rap nous a sauvé la vie.
41:40Moi, il y a certains rappeurs, je les crois.
41:42Il y en a d'autres, je les crois moyen.
41:44Peut-être qu'il y a le côté lucratif.
41:46Mais il mérite sa place au Beaux-Arts.
41:48C'est aussi la dimension.
41:50Tu as un amour pour cet art.
41:52Je ne dis pas dans le sens
41:54où ça m'a permis de gagner de l'argent.
41:56Il y a certains qui le disent de cette manière aussi.
41:58Ça peut être légitime.
42:00Ça m'a permis
42:02de rencontrer des gens
42:04géniaux,
42:06de passer des moments de ouf.
42:08C'est du bonheur en barre.
42:10Je comprends.
42:12Je pense que c'est une phrase
42:14qui est autant pour les rappeurs
42:16que pour les auditeurs aussi.
42:18Pour les vrais fans de rap,
42:20on peut considérer que ça nous a sauvé la vie d'une manière ou d'une autre.
42:22Parce que, tout simplement,
42:24avoir une passion, c'était Kouchen qui disait ça
42:26à Eric Zemmour dans une émission télé
42:28sur France 2 sur On n'est pas couché.
42:30À l'époque, la gueule de l'idéal.
42:32Mais c'est à l'époque où
42:34les rappeurs venaient encore à la télé
42:36pour je ne sais quelle raison.
42:38C'était une autre époque.
42:40Et Kouchen, il a dit un truc ce soir-là.
42:42J'ai regardé la télé et je me suis dit
42:44je comprends grave et je suis là.
42:46Il a dit qu'il avait la chance, contrairement aux autres, d'avoir une passion.
42:48C'est exactement ça.
42:50Bien sûr.
42:52Et autant, c'est le rap.
42:54Tu vas t'engouffrer dedans,
42:56tu vas prendre part à une culture,
42:58tu vas kiffer tout ce qu'il y a autour de ça.
43:00Comme ça aurait pu être autre chose.
43:02Mais le fait d'avoir une passion, c'est ça le plus important.
43:04C'est vraiment dédier sa vie à quelque chose.
43:06Ça qui te sauve.
43:08On a un autre message pour toi.
43:10Décidément, cette messagerie est pleine.
43:14Un autre petit message pour toi.
43:16Yep, jeune génie.
43:18Bonne année 2025.
43:20J'avais une question à te poser.
43:22Je me suis dit
43:24si tu devais faire
43:26une collaboration avec un artiste francophone
43:28hors rap,
43:30qu'elle ferait-il ?
43:34Big Sal, merci, j'avais su.
43:36C'était pas dans mon bingo 2025.
43:38C'est Samir Hamad qui te laisse un message quand même.
43:40Gros bisous à Samir.
43:42Que des stars ici, franchement.
43:44Que des stars, c'est grave.
43:46C'est les stars de ma jeunesse.
43:48Je te laisse un petit message pour te demander.
43:50C'est une bonne question.
43:52S'il y avait un artiste francophone,
43:54hors rap,
43:56avec qui je ferais un morceau.
43:58Très bonne question.
44:02Je pense à elle
44:04parce qu'elle est d'actualité en ce moment.
44:06Mais ok, je ferais bien un morceau avec elle aussi.
44:10Je suis sûre que ça marcherait très très bien.
44:12Je pense que ça marcherait bien.
44:14Je pense qu'on peut se rejoindre sur certains trucs.
44:16Récemment, j'ai beaucoup aimé aussi
44:18l'album
44:20de Jacques.
44:22Je sais pas si tu as écouté ça.
44:24Il est sorti il y a deux ans, un an et demi.
44:26Il s'appelle L'importance du vide.
44:28Je l'ai trouvé très cool.
44:30Peut-être qu'il y a un morceau à faire avec Jacques.
44:32Laisse-moi réfléchir.
44:34Les invitations sont lancées.
44:36C'est les quelques noms que j'ai en tête.
44:38Ça pourrait être cool.
44:40Si vous passez par là, les gars.
44:42Bonne question de Samir Hamad
44:44qu'on embrasse bien sûr.
44:46Remercie d'avoir participé à ça.
44:48Ça me fait plaisir.
44:50Bonne année à lui aussi d'ailleurs.
44:52Peut-être que cet épisode sera diffusé
44:54dans très longtemps.
44:56On peut dire bonne année
44:58jusqu'en mars je crois.
45:00C'est la nouvelle loi.
45:02On arrive bientôt
45:04à la fin de cette discussion.
45:06Je voulais que tu m'expliques une de tes lyriques sur le dernier projet.
45:08Tu dis
45:10On essaie juste de faire tourner la terre.
45:12Ça veut dire quoi ?
45:14C'est une manière
45:16de dire qu'on fait ce qu'on peut.
45:18On essaie de faire tourner la terre
45:20mais la terre tourne déjà.
45:22On est des artistes, on fait ce qu'on peut
45:24pour servir à rien.
45:26On a beau faire tout ce qu'on veut, la terre tourne déjà.
45:28Elle n'a pas besoin de nous.
45:30C'est une manière de dire
45:34qu'on ne sert à rien.
45:36Comment je peux tourner ça mieux ?
45:38Je réfléchis.
45:40Je ne recherche pas un truc super deep
45:42mais justement
45:44tu peux l'interpréter
45:46de plein de manières différentes.
45:48J'avais besoin de dire
45:50qu'à la fois ce que je fais
45:52dans mon monde
45:54je fais tourner la terre.
45:56Je l'ai capté comme ça de ouf.
45:58Mais en même temps la terre tourne toute seule.
46:00J'ai tout capté.
46:02Très bien.
46:04Ça me va comme réponse.
46:06J'ai une dernière question et je te l'ai demandé avant l'émission.
46:08Quel était ton morceau préféré de ta discographie ?
46:10On va l'écouter et tu nous expliques après.
46:38C'est le morceau « Comme la roue » qui est présent à l'intro.
46:52C'est le premier morceau de ton dernier projet.
46:54Pourquoi ce morceau ?
46:56Parce que
46:58pour moi
47:00c'est un morceau
47:02qui pourrait suffire à lui-même.
47:04J'estime que
47:06c'est un morceau
47:08que je devais faire.
47:10Parce que
47:12c'est une manière de représenter
47:14tout ce que je n'ai jamais représenté
47:16depuis que j'ai commencé la musique.
47:18J'ai l'impression
47:20que c'est le portrait le plus fidèle
47:22à moi-même que j'ai fait.
47:24Je pense que si tu écoutes ce morceau
47:26tu me retraces
47:28le plus facilement.
47:30Et voilà.
47:32Je suis vraiment dans une posture
47:34quand je fais ce morceau
47:36une posture
47:38un peu
47:40un côté divin
47:42j'ai l'impression
47:44un truc un peu prophétique.
47:48Je trouve que c'est exactement
47:50ce dont on parlait
47:52par rapport à Nora tout à l'heure.
47:54J'ai réussi à tout mettre et à mettre plusieurs choses.
47:56C'est mon morceau le plus réussi,
47:58le plus riche, le plus complexe.
48:00Je suis très fier
48:02de la production du morceau.
48:04Ça mélange
48:06des références
48:08que je rêvais d'intégrer à ma musique
48:10et que je n'arrivais pas à faire jusque-là.
48:12Je suis très fier du texte.
48:14C'est un texte aussi dans lequel
48:16tu prends la place
48:18tu parles en tant que rappeur
48:20et tu t'adresses à ton public.
48:22Il y a aussi un autre morceau qui s'appelle
48:24Mon public dans la tape.
48:26Du coup,
48:28t'assumes plus une position.
48:30C'est moi, je m'adresse à vous.
48:32Globalement,
48:34c'est un peu ce que j'ai essayé de faire
48:36sur tout Barefoot.
48:38Le projet, il y a un côté
48:40ramener, rebraquer la caméra sur moi.
48:42J'ai eu tendance
48:44à parler
48:46vachement d'autres gens.
48:48Après, bien sûr que ça parlait de moi
48:50indirectement.
48:52Mais ce projet, je l'ai souhaité
48:54un peu plus égocentré peut-être.
48:56Et comme la roue,
48:58je suis en mode je rappe
49:00pendant 4 minutes, 3 minutes 30.
49:02C'est une bonne point d'entrée
49:04pour les gens qui ne te connaissent pas ?
49:06Je ne sais pas.
49:08C'est pas la même question.
49:10Je n'ai pas réfléchi comme ça.
49:12Pour le coup, c'est un morceau un peu compliqué.
49:14C'est quand même un morceau relativement
49:16long, relativement fleuve.
49:18Après, long pour nos formats
49:20modernes de musique.
49:22C'est un morceau qui
49:24te résume bien en tout cas.
49:26Je pense que c'est
49:28mon meilleur texte.
49:30C'est le texte dont je suis le plus fier.
49:32Trop bien. Contente de l'avoir passé.
49:34De toute façon, tout le projet
49:36est disponible et vous pouvez aller l'écouter.
49:38Écoutez-le absolument même.
49:40Merci Jeanne. Merci Sandra.
49:42Tu seras en concert à la Maroquinerie
49:44le 5 avril, on peut l'annoncer.
49:46C'est déjà annoncé.
49:48Mais moi, je pense que ça va se remplir
49:50très très vite. Arrêtez de stresser les artistes.
49:52Arrêtez de douter. Tu portes l'œil.
49:54Non, pas du tout. J'étais à la boule noire.
49:56En tout cas, je serai évidemment à la Maroquinerie.
49:58Je serai là jusqu'au Bercy.
50:00Si tout se passe comme prévu.
50:02Et quant à moi, j'ai confectionné
50:04une playlist qui regroupe les essentiels
50:06de Jeanne et tous les morceaux dont on a parlé dans cette émission.
50:08Que vous pouvez retrouver dès maintenant
50:10sur toutes les plateformes d'écoute.
50:12Et c'est ce que je ferai pour chaque épisode.
50:14C'était Processus, le nouveau podcast
50:16musique de Combine. Disponible sur
50:18toutes les plateformes d'écoute et sur Youtube.
50:20Merci de soutenir cette émission.
50:22Abonnez-vous, faites vos retours en commentaire
50:24et dites-nous qui on doit absolument inviter.
50:26Je vous écouterai peut-être pas
50:28mais ça nous aidera pour le référencement.
50:30On se retrouve dans deux semaines
50:32pour un nouvel épisode. Bye !
50:34Et ne partez pas tout de suite.
50:36Cet épisode de Processus est maintenant
50:38terminé. J'espère que vous avez passé
50:40un bon moment avec nous. La bonne nouvelle,
50:42c'est qu'on vous livre un nouvel épisode dans deux semaines.
50:44Parce que Processus, c'est tous les 15 jours.
50:46Un mardi sur deux.
50:48Abonnez-vous et mettez des coeurs en commentaire.
50:50Bye !

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