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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Vadym Omelchenko revient sur les questions qui font l’actualité avec Vadym Omelchenko, ambassadeur d'Ukraine en France.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Vadym Omelchenko revient sur les questions qui font l’actualité avec Vadym Omelchenko, ambassadeur d'Ukraine en France.
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00:00Bonjour M. l'Ambassadeur, merci d'être l'invité des 4V ce matin sur France 2.
00:07Le 24 février 2022, c'est donc il y a 3 ans, vers 4 heures du matin, votre pays était envahi par la Russie, Kiev, Kharkiv notamment, qui était bombardé.
00:17On va voir quelques images de ce jour-là. Est-ce que vous aviez compris, il y a 3 ans, qu'on était parti pour un conflit aussi long, aussi meurtrier ?
00:27Bonjour à toutes et à tous. Bien sûr, on est tous réveillés dans ce matin-là. Moi, je me souviens très clairement de ce moment.
00:44J'ai reçu l'appel de la part de l'ambassade. Je suis allé à l'ambassade. On a rassemblé autour du table et on a commencé à travailler, on a commencé d'agir tout de suite.
01:00Bien sûr, on a commencé de travailler, mais notre pensée, elle était avec nos familles, parce que chaque diplomate ukrainien a des familles en Ukraine.
01:15Et on était inquiétés, on était choqués. Et bien sûr, personne n'a pas compris que cette guerre va durer pendant 3 ans.
01:30Maintenant, l'heure est aux situations politiques de tenter d'en trouver. Emmanuel Macron est à Washington. Tout à l'heure, le président français, pour rencontrer le président Trump.
01:38Qu'est-ce que peut, qu'est-ce que doit obtenir la France ? Qu'est-ce que vous attendez de la France en ce moment ?
01:47On attend beaucoup de choses. Peut-être le président Macron, il va aller comme notre allié, comme notre partenaire stratégique, parce que la France est notre partenaire stratégique principale en Europe.
02:03Et dans ce rôle-là, Emmanuel Macron va aller là pour soutenir le processus de négociation.
02:14Donald Trump est en train de rabattre les cartes dans ce conflit depuis qu'il est revenu à la Maison-Blanche.
02:19Vous avez l'impression que les choses sont en train de bouger, que des retournements d'alliances sont peut-être en train de se faire. C'est une peur, une crainte que vous avez ?
02:29Aucune crainte, aucune peur. On continue à considérer les États-Unis comme notre partenaire stratégique et principal.
02:39On considère le peuple américain comme le peuple ami et comme peuple solidaire. Et on verra.
02:48Mais faut-il reparler à Vladimir Poutine ? Est-ce que ça peut aider pour construire la paix de reparler au président russe ?
02:59La Russie est un pays agresseur. Bien sûr, ça dépend de ce pays aussi. Mais on voit que Poutine ne veut pas la paix, parce que personne qui a la volonté de faire la paix,
03:19il arrête d'attaquer. Il attaque des missiles. Hier, on a eu une nouvelle attaque avec 268 drones de combat. Imaginez-vous.
03:34Est-ce qu'il faut une paix à tout prix, à n'importe quel prix ?
03:38Jamais. Ça ne nous intéresse pas, parce que je vous donne notre avis. La première chose, c'est la garantie de la sécurité pour nous et pour l'Europe aussi.
03:53C'est très important. On voudrait avoir la paix durable et juste. C'est la deuxième chose.
04:03Pour l'Ukraine, c'est quoi une paix juste ?
04:05Il faut rétablir les frontières. Il faut rétablir les droits internationaux. Le coupable doit payer pour toutes les déconstructions qu'il a faites.
04:21Maintenant, il va falloir effectivement préparer la suite. Et Vladimir Zelensky, ce week-end, le président ukrainien, s'est dit prêt éventuellement à quitter la présidence ukrainienne immédiatement,
04:31dit-il, en échange d'une adhésion de l'Ukraine à l'OTAN. C'est une possibilité ? Si l'Ukraine obtient l'OTAN, il pourrait partir comme certains le demandent ?
04:42Mon président est prêt à faire cette offrande, mais je crois que ce n'est pas le cas.
04:49L'Ukraine qui adhère un jour à l'OTAN, vous y croyez encore ? C'est un souhait ?
04:54L'adhésion à l'OTAN, elle reste sur la table. C'est notre volonté, c'est la volonté du peuple ukrainien. Et c'est aussi un moyen de garantir la sécurité moins cher.
05:05Mais Washington semble s'opposer de plus en plus à cette hypothèse.
05:09On verra, parce que c'est le processus.
05:12Une fois la paix signée, justement, un jour, il faudra de toute façon sécuriser la frontière entre la Russie et l'Ukraine, quelle que soit cette frontière.
05:20Vous comptez à ce moment-là sur l'Europe et sur des soldats français notamment ?
05:25Bien sûr, mais on a beaucoup de points de cette formule de garantie de la sécurité.
05:35Si vous permettez, je vous rappelle, c'est la paix juste et durable.
05:41Il ne s'agit pas de cesser des fautes tout de suite parce que ça donne avantage pour notre adversaire.
05:48L'OTAN, comme vous l'avez dit, après la protection du ciel ukrainien, c'est critique parce qu'il faut protéger l'infrastructure critique ukrainienne.
05:59Il faut protéger les villes et les villages ukrainiens de ce bombardement et tout ça.
06:04Et bien sûr, ces troupes terrestres, comme vous l'avez dit, aussi, on en a besoin.
06:09Mais ce n'est pas pour combattre, c'est pour protéger les frontières, les directions, par exemple, des frontières.
06:18Ce n'est pas pour combattre ?
06:20Non, ce n'est pas le cas.
06:23Je vous explique, parce que première chose, ça doit être une alliance des pays.
06:30Il ne s'agit pas que la France va aller là, c'est que l'alliance, y compris les Américains.
06:38Vous comptez également sur les Américains pour un jour sécuriser cette frontière ?
06:42Bien sûr, bien sûr.
06:43Mais il faut protéger deux directions, par exemple, la frontière avec la Biélorussie, la frontière avec le Moldavie.
06:50Et la Biélorussie, j'imagine, au nord aussi.
06:53Un mot pour finir.
06:54Quel est votre espoir ?
06:56On a l'impression que certains Ukrainiens aujourd'hui ne croient plus à la victoire possible, ne croient plus à cette paix juste, comme vous dites, réalisable.
07:04Je tiens à vous montrer cette image.
07:06La Une du Point, on va la montrer un petit peu plus haut avec la Une de Volodymyr Zelensky, debout.
07:10C'est debout.
07:11Voilà, c'est notre espoir.
07:14Et trois mots clés pour nous, c'est résistance, résilience et combattre.
07:19Voilà, je tiens à vous dire que notre adversaire, il a des avantages.
07:26Il a des avantages avec tous les ressources, par exemple, les ressources humaines, les chars, les avions, tout ça.
07:34Mais ils n'ont pas que deux questions, que deux avantages.
07:40C'est notre esprit et c'est les amis comme vous.
07:45Merci, monsieur.
07:46Merci beaucoup, monsieur l'ambassadeur Vasily Molenshenko, ambassadeur d'Ukraine en France, d'avoir été l'invité des quatre V aujourd'hui.