Marie David-Bellouard, avocate de Doualemn, a vivement critiqué Bruno Retailleau pour son attitude concernant l'influenceur algérien. "Le ministre de l'Intérieur a artificiellement gonflé ce qui lui a été reproché", a-t-elle lancé ce lundi lors d'une conférence de presse.
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00:00A la suite de cette vidéo, et avec une réactivité que l'on connaît peu des pouvoirs publics
00:06sur la violence sur les réseaux sociaux, le maire de Montpellier et le préfet de Lérault ont saisi
00:14le procureur de la République pour dénoncer les propos qu'aurait tenus Duhalem.
00:20Donc une enquête a été ouverte, Duhalem a été placé en garde à vue le 5 janvier,
00:27il y est resté jusqu'au 7 janvier pour être présenté devant un procureur, le 7 janvier,
00:32ce procureur lui a remis une convocation à délai différé pour être entendu le 24 février prochain
00:39sur les propos litigeux qui lui sont reprochés, et ce même jour, donc le 7 janvier, Duhalem,
00:47qui est donc un ressortissant algérien qui vit depuis plus de 40 ans sur le territoire,
00:52qui a deux enfants français, qui a deux petits-enfants français,
00:57qui est paxé avec une ressortissante française, qui est CPE dans un lycée Duhalem,
01:03qui est donc agent d'entretien en CDI, qui est extrêmement intégré sur le territoire,
01:08cet homme-là, le 7 janvier, à la suite de cette garde à vue, est déféré et est placé
01:14en rétention administrative, d'abord au crâne Nîmes, et on lui a dit que le même jour,
01:20un retrait de carte de résident et une décision d'expulsion. Une fois qu'il est placé au crâne
01:27Nîmes, la suite, elle est connue de tous, puisque le 9 janvier, il est mis dans un avion pour Alger,
01:33Alger refuse le fait qu'il rentre sur le territoire algérien, et donc il est retourné
01:40en France et est placé encore de nouveau en centre de rétention au Ménilamellon.
01:47On voit bien cette chronologie, c'est qu'en quelques jours après cette vidéo, il est en garde à vue,
01:53déféré devant un juge, on lui indique un arrêté d'expulsion, il est placé en centre de rétention
01:58et il est expulsé, effectivement, en Algérie. Son placement en rétention a été validé par le
02:08juge des libertés de la détention et par la cour d'appel. Ce qui est important aujourd'hui de
02:13bien comprendre, c'est que cette validation par la cour d'appel, elle ne préjuge ni de la légalité
02:19de l'arrêté ministériel d'expulsion pris par le ministre de l'Intérieur, ni de la culpabilité de
02:26Doualème sur les propos qui lui sont reprochés. A ce titre, un référé suspension a été déposé
02:32devant le tribunal administratif, qui sera entendu l'audience et le 27 janvier à 14h30 au tribunal
02:39administratif de Paris, et ce sera l'occasion de discuter de la légalité de l'arrêté d'expulsion
02:46pris par le ministre de l'Intérieur, qui, contrairement à ce qu'il semble expliquer,
02:51comme quoi tout est parfaitement légal, il n'y a eu aucun jugement, il n'y a eu aucun juge qui a
02:58pu se prononcer sur la légalité de cet arrêté d'expulsion. Cette audience se tiendra donc lundi
03:04prochain. Plusieurs éléments sont importants à ce titre de rappeler. D'abord, le premier élément,
03:12évidemment, c'est le contexte dans lequel toute cette chronologie s'insère. Il faut se rendre
03:19compte que c'est une détermination de Retailleau contre Doualème qui, en réalité, répond à des
03:27considérations diplomatiques. Ce n'est absolument pas anodin que cet arrêté d'expulsion qui a été
03:36pris, et j'y reviendrai dans le cadre d'une urgence absolue, ce n'est pas anodin que ça arrive dans
03:41cette période, une période que vous savez d'une crise aiguë entre la France et l'Algérie, même
03:47avant le refus d'admission de l'Algérie pour que Doualème retourne sur le territoire algérien,
03:54dans une crise diplomatique, et que ce n'est absolument pas anodin que ça arrive dans cette
04:01période. On voit à ce titre que les Algériens qui résident en France sont pris comme une véritable
04:08marge d'ajustement, une variable d'ajustement des négociations diplomatiques, et ce qui est
04:15parfaitement intolérable. Et c'est exactement en réalité ce qui s'est passé pour Doualème,
04:22où, et j'y reviendrai également, le ministre de l'Intérieur a artificiellement gonflé ce qui
04:29lui était reproché, il a artificiellement gonflé ce qu'il considère comme une menace grave à l'ordre
04:34public, et il a usé de tous les dispositifs les plus répressifs à l'encontre de Doualème. Cette
04:41décision qui est manifestement disproportionnée au but poursuivi s'inscrit dans cette crise
04:47diplomatique aiguë. Ensuite, ce qui est reproché à Doualème, c'est qu'il constituerait une menace
04:55grave à l'ordre public, et il convient de s'y attarder quelque peu. Il y a deux choses qui sont
05:02reprochées à Doualème et qui justifieraient cet arrêté d'expulsion pris en urgence absolue. Il y a
05:08ces condamnations anciennes, et il y a la vidéo de janvier 2024 de quelques secondes. Sur les
05:16différentes condamnations, il faut bien comprendre que ces condamnations sont extrêmement anciennes,
05:21que la dernière condamnation date de 2002, que depuis 2002 il y a eu un changement structurel
05:28de Doualème qui s'est marié, qui a eu des enfants, et qui depuis 2002 n'a pu eu la moindre
05:36condamnation. Maintenant c'est un homme de 59 ans qui travaille, qui est inséré, qui n'a pu eu le
05:42moindre problème, et c'est la raison pour laquelle en 2010 il a pu avoir un titre de séjour vie privée
05:49et familiale en raison de ses enfants français, mais que ses titres de séjour ont toujours été
05:56renouvelés, et que notamment ça a été renouvelé en 2014 avec la délivrance d'une carte de résident
06:03de dix ans, mais plus encore le 26 décembre 2024, sa carte de résident était renouvelée pour
06:12dix ans par le préfet de l'Hérault. Le 26 décembre 2024, le préfet de l'Hérault, en renouvelant cette carte de
06:18résident, a estimé que la présence de monsieur Doualème sur le territoire français ne constituait
06:24pas une menace grave à leur public. C'est pourtant quelques jours après qu'il va se contredire, mais
06:31les condamnations, les anciennes condamnations de Doualème, elles étaient parfaitement connues,
06:36aussi bien en 2010, mais a fortiori le 26 décembre 2024, et donc c'est parfaitement fallacieux
06:42aujourd'hui de ressortir les condamnations de plus de vingt ans pour caractériser ce qui
06:49semblerait être une menace grave à leur public. Encore une fois, ça répond à un agenda, ça répond
06:54à une volonté répressive du ministre de l'Intérieur, mais ce n'est absolument pas nécessaire et on voit
07:02bien que le préfet de l'Hérault a lui-même estimé qu'il ne s'agissait pas d'une menace grave à leur public.
07:08Ensuite, et en réalité ce que l'on voit bien, c'est que ce qui est reproché à Doualème, c'est la vidéo
07:14de quelques secondes en arabe de début janvier. Sur cette vidéo, il y a plusieurs choses à dire.
07:20D'abord, il faut quand même se rappeler qu'on parle d'une vidéo de quelques secondes en arabe,
07:25qui a fait l'objet de traductions fluctuantes, et ça c'est très important, parce qu'au début,
07:31quand le maire de Montpellier et le préfet de l'Hérault vont saisir le procureur de la République,
07:36sur le fondement de l'article 40, ils les saisissent en envoyant une vidéo avec
07:43laquelle il y a une traduction générée par l'intelligence artificielle, en tout cas c'est ce
07:48qui est probablement retenu, et dans lequel la traduction n'a plus rien à voir avec ce qui est
07:55finalement traduit. Au début, on parlait d'un appel au crime, puisque la traduction faisait
08:02appel d'un appel au meurtre, ce qui n'est absolument plus le cas. Il y a donc eu une fluctuation,
08:08il y a eu plusieurs traducteurs et interprètes qui sont venus pour traduire les vidéos litigeuses,
08:17et cette traduction-là a été fluctuante, et c'est très important parce que l'arrêté
08:24d'expulsion qui a été pris à Doualem, et comme je viens de vous l'expliquer,
08:28elle a comme origine cette vidéo-là, et cette même vidéo-là a des errances de traduction.
08:35Donc déjà, c'est un point qui est extrêmement important, c'est que l'essence même de ce qui
08:43pourrait caractériser la menace grave à Hort-Public a fait l'objet de traductions
08:48fluctuantes. Ensuite, les propos tenus par Doualem ont fait l'objet d'une procédure pénale, c'est-à-dire
08:56qu'il y a eu une enquête qui a été ouverte, des investigations ont été diligentées, et c'est dans
09:00le cadre de ces investigations qu'on a constaté une différence de traduction, et ensuite, à la fin
09:08de ces investigations, le procureur a remis à Doualem une convocation à délit différé. Ça a
09:18plusieurs conséquences. La première conséquence, c'est qu'il a estimé à ce titre qu'il n'y avait
09:22pas d'urgence absolue à le juger le 7 janvier quand il a été déféré. Il aurait pu, par exemple,
09:31le juger en comparaison immédiate s'il avait estimé qu'il y avait une urgence particulière à
09:37juger les propos litigieux de Doualem. Ensuite, et c'est extrêmement important, il n'a pas jugé
09:43utile ni de le placer en détention provisoire, ni de le placer sous contrôle judiciaire. C'est-à-dire
09:50qu'à ce moment-là, le juge pénal qui a connaissance de l'entièreté du dossier qui
09:56constituerait soi-disant une menace grave à leur public, en ayant connaissance de ce dossier-là,
10:00le juge pénal a estimé qu'il n'y avait ni risque de soustraction, ni risque de réitération,
10:07ni risque de trouble à leur public. Que pour aujourd'hui, Doualem, sur ces faits-là, il est
10:14toujours présumé innocent et il va répondre de ses propos le 24 février 2025. Et vous le voyez,
10:22le juge pénal n'a pas estimé nécessaire d'avoir des dispositions coercitives particulières pour
10:31Doualem en ayant eu connaissance du dossier. Et ça, c'est particulièrement important de voir la
10:38différence entre le traitement par le juge pénal et ce qui a été ensuite artificiellement gonflé
10:43par le ministre de l'Intérieur. En tout état de cause, cette seule vidéo de quelques secondes
10:51ne saurait être constitutive d'une menace grave à leur public qui nécessite une mesure
10:57d'expulsion en urgence absolue. En réalité, et là on le voit bien, c'est l'exécutif qui mène la
11:04danse pour régler ses comptes avec l'Algérie. C'est important de bien comprendre que le ministre
11:10de l'Intérieur, là où on voit sa détermination particulièrement importante, c'est parce qu'il a
11:15utilisé la procédure de l'urgence absolue. L'urgence absolue, dans le cadre d'un arrêté
11:21ministériel d'expulsion, ça a comme conséquence de ne pas avoir de contradictoire pour la personne.
11:28Normalement, quand le ministre de l'Intérieur ou quand la préfecture décide d'édicter un arrêté
11:34d'expulsion, il doit avant convoquer une commission d'expulsion. Dans ce cadre-là,
11:40la personne peut expliquer, enfin on explique à la personne plutôt ce qu'on lui reproche,
11:46et elle peut apporter des éléments au contradictoire pour expliquer sa vie privée familiale, pour
11:52répondre aux éléments qui lui sont reprochés.
11:57Ce moment préalable de la commission d'expulsion est particulièrement importante parce que le
12:04recours contre un arrêté d'expulsion n'est pas suspensif. Donc cette commission
12:10d'expulsion est particulièrement importante puisqu'elle permet au préalable de l'édiction
12:16d'un arrêté d'expulsion d'avoir un contradictoire entre la personne à qui il est
12:23reproché et à qui il y a une volonté d'édicter un arrêté d'expulsion, et l'autorité administrative.
12:30Dans le cas, le seul moment où le ministre de l'Intérieur peut s'affranchir de ce contradictoire,
12:37et vous aurez compris les conséquences, c'est qu'au moment où il n'y a pas de
12:41contradictoire, au moment où le ministre de l'Intérieur estime qu'il y a une urgence absolue,
12:47à ce moment-là il n'y a plus de contradictoire, et la personne peut être éloignée du territoire
12:53sans avoir pu dire un mot, sans avoir pu amener aucun élément, et sans avoir pu voir aucun juge.
13:00Que cette procédure d'urgence absolue, elle était prévue pour les cas les plus graves,
13:05notamment en relation avec le terrorisme, et qu'ici on est bien loin de ces cas le plus grave.
13:12Aujourd'hui, c'est quand même important de noter que la seule raison pour laquelle Dohalem a pu
13:20s'expliquer, aussi bien devant le juge des libertés de la détention sur sa rétention,
13:24mais encore plus, le seul fait qu'il puisse être présent notamment au tribunal administratif lundi
13:32prochain, c'est parce que l'Algérie a refusé son admission. Si l'Algérie n'avait pas refusé
13:37son admission, il n'aurait jamais pu passer devant un juge, il n'aurait jamais pu au préalable donner
13:42le moindre élément contradictoire. Tous ces éléments nous paraissaient extrêmement importants,
13:48puisqu'il y a eu des éléments de langage, notamment du ministre de l'Intérieur qui a tendu
13:53à réellement diaboliser Dohalem, et ces éléments sont particulièrement importants pour revenir sur
14:00ce qui a été mis en place par le ministre de l'Intérieur, et ce qui est en réalité reproché
14:06à Dohalem, et voir la manifeste disproportion entre ce qu'a mis en place le ministre de l'Intérieur
14:13avec cet arrêté d'expulsion en urgence absolue, et le but poursuivi, ce qui serait
14:19une menace grave à l'ordre public. C'est important aussi de voir que ça s'inscrit dans un contexte de
14:25répression de plus en plus généralisée également du ministre de l'Intérieur, où ces arrêtés
14:31d'expulsion sont de plus en plus communs, et c'est important de voir à quel point il y a là
14:41une politique répressive des étrangers de la part du ministre de l'Intérieur. J'en ai terminé, je vous
14:47remercie de votre écoute.
14:50Une question, vous avez parlé de traduction fluctuante concernant les propos qui sont apportés à votre client,
14:54qu'est-ce qu'il dit concrètement dans cette idée ?
14:56Ce qui a été retenu au début, et les traductions qui ont été finalement erronées, c'était de dire
15:05« tuez-le, tuez-le », ça c'était la première chose, ce qui a d'ailleurs été extrêmement relayé.
15:10En réalité, aujourd'hui, il est prévenu, et la convocation qu'il a pour passer devant le juge,
15:16il est accusé d'avoir dit qu'il fallait donner une sévère correction. C'est le terme qui a été utilisé,
15:24qui a été traduit, et c'est ce qui est retenu dans sa convocation pour passer devant le juge pénal.
15:30Ce propos, vraiment littéralement, vous pouvez nous dire ce qu'il a dit ?
15:34Les propos, c'est exactement ce que je vous ai dit, c'est de dire que c'est dans le cadre d'un live sur TikTok,
15:40et il dit à une personne, d'ailleurs qui n'est absolument pas définitivement ciblée, qu'il faut donner
15:46à cette personne une sévère correction. C'est les seuls propos pour lesquels il est prévenu, et pour lesquels
15:51il a une convocation et il devra répondre précisément à ses propos. Donc, c'est les propos qui sont litigieux
15:57puisqu'il répond exclusivement à ces propos-là.
16:00Qu'il reconnaît sous cette forme de sévère correction ?
16:03Qu'il reconnaît ? Alors, lui, il explique qu'il part arabe dans ses vidéos, qu'il y a des fluctuations,
16:11et que c'est effectivement pas du tout un appel à tuer, et il reconnaît d'avoir tenu ses vidéos.
16:18Effectivement, il dit pas du tout que c'est pas lui sur la vidéo, etc. Il reconnaît avoir tenu des propos
16:24à peu près assimilaires en fonction de la correction, en fonction de ce qu'il dira aussi devant le juge,
16:28de cet ordre-là.
16:33Et quand on dit qu'il a été légitimé par ses propos des actes de torture, qu'est-ce que vous en dites ?
16:42C'est absolument pas retenu par la prévention du juge pénal, et c'est en tout état de cause.
16:47Aujourd'hui, il n'est pas question aujourd'hui de parler de ses propos de légitimé.
16:54C'est au juge pénal de se prononcer sur... Est-ce que ça revêt une qualification pénale ?
16:59Aujourd'hui, encore une fois, et je suis fermée là-dessus, il n'est prévenu qu'il va être convoqué pour répondre
17:05des seuls propos de la sévère correction, et qu'il n'est pas question dans cette prévention.
17:12La prévention ne fait pas état, par exemple, d'un appel à la torture, d'apologie ou de quoi que ce soit,
17:18de cet ordre-là. On est vraiment sur une atteinte. La prévention, c'est l'atteinte à l'intégrité physique
17:24pour les propos qu'il aurait tenus sur la sévère correction. C'est les propos qui lui sont reprochés aujourd'hui.
17:30Il s'explique un peu sur ses propos, parce que ce n'est pas tout à fait banal de tenir ce genre de propos,
17:36même dans la version édulcorée que vous proposez. Pourquoi il s'adresse en ces termes ?
17:43Déjà, ce n'est pas une version édulcorée, puisque c'est la version qui est retenue par le procureur.
17:48Aujourd'hui, le sujet, c'est quand même de montrer la disproportion. Le sujet, c'est de montrer
17:54les propos qu'il a tenus et sur lesquels il va répondre devant le juge pénal.
18:00Aujourd'hui, c'est de montrer à quel point il y a une disproportion, et à quel point ça a été artificiellement gonflé,
18:05et qu'il n'est pas question ici que je réponde à sa place, ce qu'il va pouvoir répondre devant le juge pénal.
18:10Aujourd'hui, ce qui est important, c'est de montrer à quel point ces simples propos, qui ne sont pas édulcorés,
18:15qui sont vraiment les propos qu'on lui reproche, ont été gonflés pour répondre à un agenda diplomatique,
18:24comme je vous le disais, et pour créer ce qui n'existe pas, c'est-à-dire une menace grave à l'ordre public
18:29que constituerait Doilem sur le territoire français.
18:33Est-ce que l'Algérie vous a fourni, à vous, une explication quant à son refoulement du territoire ?
18:38Est-ce que vous ne croyez pas qu'il en ait fourni une clairement aux autorités françaises ?
18:41On n'a pas d'explication. Ils se sont quand même prononcés dans un communiqué sur lequel nous, on n'a rien à dire dessus.
18:49On n'a pas d'élément particulier sur la raison pour laquelle il n'a pas été admis sur le territoire algérien.
18:54Vous avez trouvé ça curieux que l'Algérie refuse un ressortissement algérien sur son territoire ?
18:58Ça ne m'appartient absolument pas de juger quoi que ce soit.
19:02Là, moi, je suis vraiment, en tant qu'avocate de Doilem, je suis là pour voir à quel point,
19:08justement, même après le fait qu'il ait été refusé, qu'il ait pris dans une sorte d'étau de relation,
19:14dans un étau diplomatique. En tant qu'avocate de Doilem, je peux répondre à ça.
19:20En revanche, sur les autres, je n'ai pas d'avis particulier ou de choses à dire.
19:27Lui, il aurait préféré pouvoir rentrer en Algérie et pas être ici en centre de rétention ?
19:32Ce qui est certain, c'est que c'est quand même un véritable choc pour Doilem,
19:38qui, encore une fois, est présente sur le territoire depuis 40 ans, etc.,
19:42qui a une vie privée féminile extrêmement intense sur le territoire,
19:46que son arrêté d'expulsion et son placement en centre de rétention est extrêmement violent pour Doilem.
19:55Évidemment, la vie privée et familiale de Doilem est en France.
19:59L'intégrité de sa famille est en France. Il n'a plus de famille en Algérie.
20:02C'est un homme de 59 ans. Ses parents sont décédés. Il n'a plus personne en Algérie.
20:07Évidemment que son pays, là où il vit depuis 40 ans, là où il est régulier,
20:12là où l'intégrité de sa famille est, c'est la France.
20:15Et donc, évidemment, la vie de Doilem est en France.
20:19— Et avant cette vidéo, là, du 4 janvier, quel type de vidéo faisait-il ?
20:23Parce qu'il a une chaîne TikTok, là, qui est morte quand même, enfin, soit il a 140 000 abonnés, c'est pas rien.
20:29Quel type de propos tient-il ?
20:31Et est-ce qu'il reconnaît, oui, un influenceur en lien avec les autorités d'Alger,
20:36qui tient un discours plutôt favorable aux autorités algériennes ?
20:40— Non. M. Doilem a fait état d'une notoriété. Enfin, il parle même pas de notoriété.
20:46Encore une fois, il faut quand même un peu démanteler cette image d'influenceur algérien.
20:49On parle quand même d'une personne qui travaille, qui se lève extrêmement tôt le matin
20:54en tant qu'agent d'entretien pour aller travailler.
20:56On n'est pas du tout sur ce qu'on peut imaginer d'un influenceur et pas du tout en lien avec la politique.
21:01Il explique qu'au début, il faisait des lives de football.
21:04Et en réalité, c'est ça, c'est que ces vidéos, principalement, c'était des vidéos en lien avec le football.
21:10Donc il nie complètement avoir un quelconque lien avec la politique algérienne ou avec le régime en place.
21:18— Et comment il passe du football à commenter la politique algérienne ?
21:23— Alors ça, pareil. Vraiment, c'est sur ses propos.
21:27Donc ça relève des questions qui pourront être posées devant le juge pénal.
21:31C'est dans le cadre de live. Il n'y a pas de... Je peux pas répondre à sa place sur ce point-là.
21:39— Et sur le contexte, peut-être ? Parce qu'il n'y a pas que lui qui a tenu des propos litigieux à ce moment-là.
21:43Il y a d'autres influenceurs ou en tout cas personnalités algériennes qui ont tenu des propos comme ça.
21:48Comment il explique qu'à ce moment-là, tous, ils tiennent des propos comme ça ? Il y a quelque chose qui se passait ?
21:52— Mais effectivement, c'est important comme question, parce que ce qui émane un peu des discours des pouvoirs publics,
21:59c'est de dire qu'il y aurait une forme de convergence, etc.
22:03Mais en réalité, ça, c'est de la pure fiction.
22:05C'est-à-dire qu'il n'y a aucun lien avéré entre les différents influenceurs. Absolument aucun.
22:10Et d'ailleurs, ce n'est ni retenu par le ministre de l'Intérieur dans son arrêté d'expulsion ni par le juge pénal.
22:16Il n'y a aucun lien. Aujourd'hui, Dolem, il doit répondre des faits qui lui sont propres.
22:20Il doit répondre de ses faits personnels, des déclarations qu'il a tenues lui,
22:24et qu'il n'est absolument pas responsable des différentes déclarations des autres prétendus influenceurs,
22:31et qu'il n'y a pas de lien particulier entre ces différents influenceurs.
22:36— Pourquoi ils prennent tous la parole en même temps ?
22:39— Mais alors ça, c'est absolument en dehors du lien...
22:43Enfin encore une fois, imaginez entretenir le fait qu'il y aurait un lien,
22:48parce que sinon, ils n'auraient pas fait leurs vidéos tous en même temps.
22:52Là encore, on extrapole les déclarations de Dolem, et on tente d'y faire naître ce qu'on veut.
23:01En réalité, Dolem n'est pas responsable d'avoir d'autres influenceurs algériens qui prennent la parole au même moment.
23:09Et donc je ne peux pas vous dire plus, puisque lui-même n'a pas d'élément particulier à faire état sur ce point-là.
23:15— Ils se connaissent les uns les autres ou pas ?
23:16— Pas du tout.
23:19— Pourquoi tient-il des propos, même si... OK, on comprend qu'il a donné...
23:26Il a encouragé à donner une sévère correction à cet opposant algérien.
23:31Est-ce qu'il le connaît personnellement ? Est-ce qu'il l'avait identifié ?
23:34Comment il s'explique sur ces propos-là ?
23:36— Je reviens à la réponse que je vous ai formulée tout à l'heure.
23:39C'est de dire qu'il a tenu des propos sur lesquels il va pouvoir répondre devant le juge pénal
23:44pour voir si elle revêt une qualification pénale.
23:47Ce sera pour lui l'occasion de dire dans quel contexte cela s'inscrivait.
23:51Mais aujourd'hui, le sujet, c'est vraiment de montrer la disproportion entre ces propos-là
23:57et l'arrêté ministériel d'expulsion pris en urgence absolue.
24:00Et qu'il n'y a à ce titre... Enfin, vu tout ce que je vous ai dit, absolument aucune urgence absolue
24:07pour prendre cet arrêté ministériel d'expulsion.
24:12— Et quand même, dans ces derniers temps, justement, c'est la vie privée qui a été...
24:18Un élément de sa vie privée qui est mis en avant pour justifier son arrêté d'expulsion,
24:22c'est-à-dire qu'il vit apparemment... Vous allez peut-être pouvoir le contredire ou pas.
24:26Mais il vit dans un lycée avec sa compagne qui est apparemment CPU.
24:32Et donc il est au contact d'enfants, de jeunes. Est-ce que vous pouvez répondre à ça ?
24:37— Effectivement. Il vivait jusqu'à son placement en centre de rétention avec une CPU qui travaille dans un lycée.
24:46Déjà, il y a plusieurs éléments. C'est évidemment qu'il vit dans une partie
24:51qui n'est pas du tout accessible pour les élèves. C'est-à-dire qu'on a...
24:55Dans ce qui est dit du ministre de l'Intérieur, il serait dans la cour de récréation, traversant à chaque fois
25:02et voyant tous les élèves. C'est absolument pas ça. Il vit dans un logement de fonction
25:06avec sa compagne qui se trouve dans une partie isolée du lycée.
25:12Ensuite, le fait qu'il vive dans un lycée ne saurait aucunement caractériser
25:18une menace grave à un public ou une quelconque urgence absolue pour l'ensemble des éléments que je vous ai expliqués.
25:25En tout état de cause, cet arrêté d'expulsion pris dans cette condition-là
25:31est manifestement disproportionné, encore une fois, au but poursuivi.
25:37Merci beaucoup pour votre écoute.