• il y a 2 ans
Regardez L'invité de RTL Midi avec Céline Landreau et Pascal Praud du 14 février 2023

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 Céline Landreau, Pascal Praud, RTL midi.
00:07 On a une stratégie qui est mise en place par un groupe politique d'obstruction,
00:12 de prise à partie personnelle, de guérilla parlementaire, d'agressivité, d'invective,
00:20 parfois d'injure. Nous valons mieux que ça.
00:23 Yael Braun-Pivet, la présidente de l'Assemblée Nationale ce matin sur RTL,
00:27 très sévère sur l'attitude de certains députés insoumis dans l'hémicycle.
00:32 Pour en parler avec nous, Marie-Bénédicte Allaire et Thomas Dépré,
00:36 du service politique et en direct de l'Assemblée Nationale.
00:38 Bonjour à tous les deux.
00:39 Bonjour.
00:41 Marie-Bénédicte, vous suivez plus particulièrement les insoumis ici à RTL.
00:46 On a beaucoup parlé de la violence des échanges dans l'hémicycle.
00:49 C'est du jamais vu depuis le début de la Ve République.
00:52 Non, pas du tout. Je ne pense pas qu'on puisse dire ça.
00:54 Ça a toujours existé.
00:55 Vous savez, le summum, c'est le débat sur la loi Veil pour légaliser l'IVG en 1974.
01:01 Simone Veil, qui était rescapée d'Auschwitz, on s'en souvient,
01:04 avait entendu des choses absolument innobables.
01:08 La droite, à l'époque, l'avait accusée d'organiser la barbarie comme les nazis.
01:12 Donc, voilà.
01:14 Et puis, même le terme d'assassin, finalement, il y a des précédents en 2013,
01:18 pas si loin de nous, pendant la loi sur le mariage pour tous, par exemple.
01:22 Qu'est-ce qui fait que l'attitude des insoumis a un choc autant ?
01:25 Je pense que le degré de tolérance à la violence verbale a beaucoup baissé.
01:29 Il ne faut pas forcément s'en plaindre, d'ailleurs.
01:32 Hier, Aurélien Saint-Auul, le député en question, s'est excusé.
01:35 Il a tout de suite compris qu'il avait dérapé.
01:37 En revanche, en fin de semaine, son collègue Thomas Porte,
01:40 vendredi, n'était pas du tout dans le même état d'esprit.
01:42 Il ne voyait même pas où était le problème.
01:45 Thomas, Marie-Bénédicte disaient à l'instant de tolérance moindre.
01:49 C'est aussi une stratégie de la majorité pour décrédibiliser la France insoumise,
01:53 d'appuyer là-dessus ?
01:54 Ce qui est sûr, c'est qu'ils s'en frottent les mains.
01:56 Quand vos opposants principaux se tirent des balles dans le pied en permanence,
01:59 ce n'est jamais mauvais.
01:59 Donc oui, depuis quelques jours, très clairement, c'est devenu une stratégie assumée,
02:03 avec des éléments de langage sur les réseaux sociaux, dans les médias.
02:06 C'est assez flagrant.
02:06 D'ailleurs, ils grossissent le trait au maximum, surjouent chacune de leurs réactions.
02:11 Avec une petite idée en tête, c'est que dans les sondages,
02:14 ce ne sont pas les députés de la France insoumise aujourd'hui
02:16 qui incarnent le mieux l'opposition à cette réforme,
02:18 mais ce sont les syndicats et les syndicats eux-mêmes.
02:21 Laurent Berger, par exemple, encore hier soir, réclame des débats plus constructifs.
02:25 C'est sur ça aussi que mise la majorité.
02:28 J'entends une certaine forme de relativisme, Barry Bénédict.
02:31 Mais en 60 ans de Vème République, il y a eu jusqu'à aujourd'hui une exclusion de 15 jours.
02:38 Et depuis le début de l'année, il y en a déjà eu deux, il pourrait en avoir trois.
02:45 Donc il se passe quand même quelque chose à l'Assemblée nationale
02:48 qui ne se passait pas avant.
02:50 Et la majorité accuse d'ailleurs les insoumis de faire de l'obstruction.
02:53 Est-ce que c'est recevable comme attaque, selon vous ?
02:56 C'est de bonne guerre, effectivement, puisqu'ils ont déposé des milliers d'amendements
03:00 pour faire durer le plaisir.
03:01 Mais je vais encore relativiser, Pascal.
03:04 En vous disant que les insoumis ne sont pas les seuls
03:07 et qu'hier soir, après le retrait d'un millier d'amendements de la NUPES,
03:10 les débats ont continué toujours sur l'article 2, plusieurs heures,
03:13 et cette fois sur des amendements de la droite.
03:15 Et puis finalement, on a l'impression que ça arrange aussi.
03:18 C'est ce que vous expliquez, Thomas.
03:19 L'attitude des insoumis, qu'elle arrange la majorité, qu'elle lui donne des arguments.
03:24 Et puis on peut dire aussi que c'est le gouvernement qui a choisi une procédure
03:27 qui prévoit un temps contraint au lieu d'un projet de loi ordinaire.
03:31 Et que même dans ce temps contraint, rien n'empêchait par exemple de siéger
03:35 le week-end dernier, comme l'a demandé la gauche, ce qui n'a pas été accordé.
03:38 Non seulement ça arrange le gouvernement, mais ça le rend sympathique.
03:41 C'est ça qui est extraordinaire.
03:42 C'est que M. Saint-Aul a réussi, ce qu'Emmanuel Macron,
03:46 ce que le Premier ministre, ce que les ministres n'avaient pas réussi.
03:49 C'est-à-dire rendre le gouvernement sympathique.
03:52 Parce qu'on est quand même, quand il se fait traiter d'assassin, disons-le,
03:54 on est en empathie avec lui, quoi qu'on pense.
03:57 D'ailleurs, très clairement, Pascal, hier soir, hier dans la journée,
04:01 un ministre l'avouait très clairement, leurs excès nous servent.
04:05 Et à l'inverse, par exemple, en retirant un millier d'amendements,
04:09 on va être honnête, un millier d'amendements, il en reste 14, 15 000.
04:12 Au gouvernement, ils ont fait leur calcul, il faudrait encore 11 semaines pour débattre.
04:17 Donc, en quelque sorte, aujourd'hui, ce n'est qu'un retrait d'amendement de façade.
04:22 S'ils veulent vraiment aller beaucoup plus vite, il va falloir en retirer beaucoup plus.
04:26 On le sait, les débats s'arrêteront vendredi soir, quoi qu'il arrive.
04:31 À quoi faut-il s'attendre pour cette fin de semaine ?
04:34 Est-ce qu'on peut redouter des incidents comme on a déjà connu ?
04:37 Ah ben ça, on n'est jamais à l'abri d'un dérapage.
04:40 On l'a vu hier, c'était tranquille quand le mot d'assassin est sorti.
04:44 Bon, alors après, d'un point de vue stratégique, on s'aperçoit que côté NUPES, il y a une divergence.
04:49 Socialistes et écolos veulent aller au moins jusqu'à l'article 7 sur le recul de l'âge de départ.
04:54 C'est d'ailleurs ce que demande l'intersyndical.
04:56 Alors que les insoumis, eux, sont beaucoup plus réticents.
04:59 Ils ne veulent pas qu'un vote puisse intervenir sur cet article.
05:02 Ça serait symbolique, à leur avis.
05:05 Mais ce n'est pas exclu qu'on y arrive quand même et qu'Infini,
05:08 ils retirent encore des milliers d'amendements, mais ils ne le diront pas avant
05:11 parce qu'ils veulent garder l'effet de surprise.
05:14 Et il y a cette pression, donc avec ces milliers d'amendements,
05:18 vous dites qu'ils veulent garder l'effet de surprise.
05:20 Ça veut dire aussi possiblement prendre de court la majorité sur certains articles ?
05:24 Ce n'est pas totalement exclu.
05:27 Comme le gouvernement est maître des horloges, ils veulent jouer avec ça.
05:32 Ils veulent faire de la stratégie, un peu jouer aux échecs
05:37 et maintenir le gouvernement en haleine et la majorité en haleine.
05:40 La dernière demande des insoumis aujourd'hui et de la NUPES,
05:43 c'est de demander que les débats soient ouverts ce week-end
05:45 pour que les discussions puissent avoir lieu samedi et dimanche.
05:49 C'est compatible avec cette obligation de débattre d'ici la fin de la semaine.
05:53 Mais aujourd'hui, la majorité ne le veut pas.
05:55 Ils disent de toute façon, avec le nombre d'amendements qu'il y a aujourd'hui,
05:58 ouvrir ce week-end ne servirait à rien.
06:00 On va voir si finalement cette position là va tenir jusqu'au bout
06:04 ou si finalement les débats vont être ouverts,
06:06 comme on dit ici à l'Assemblée, samedi et dimanche.
06:08 Et on suivra ça évidemment avec vous.
06:11 Merci beaucoup à tous les deux, Marie-Bénédicte Allaire et Thomas Després.
06:15 Dans un instant, RTL midi, votre vie avec cette question essentielle.
06:18 Est-ce que l'amour n'a pas d'âge plus vieux et amoureux ?
06:21 Est-ce que c'est possible ?
06:23 Je vous regarde, Peggy et Céline.
06:25 Mais nous sommes trop jeunes pour ça, je pense, Pascal.
06:27 Je vous le confirme, mais quand même.
06:29 Je ne peux pas vous répondre. Désolée.
06:31 C'est à vous de nous le dire, du coup.
06:32 Ah, c'est agréable. On en parle tout de suite.
06:35 Votre avis compte.
06:36 Venez l'exprimer sur RTL au 3210.
06:39 [SILENCE]

Recommandations